tonnerre
- nature
- nom masculin
- diction
- [tonɛʁ] · 2 syllabes
- attesté
- 1560
- usage
- 30 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
-
vieilli La foudre elle-même.
- Les éclairs sillonnaient les nuages sombres et je vis à quelque distance tomber le tonnerre. Sainte Thérèse de Lisieux, Manuscrits autobiographiques, Éditions de l’Office central de Lisieux, coll. Le Livre de Vie, Lisieux-Paris, 1962, page 50
-
figuré Manifestation bruyante, grondement.
- J’avais beau lever le poing et jouer de mon tonnerre : il voyait le rire au coin de l’œil de Jupiter. Romain Rolland, Colas Breugnon, 1919
-
Personne méprisable.
- -- Ce tonnerre de carabin-là mérite deux fois la mort ! Honoré de Balzac, L'Auberge rouge, 1831
4 emplois spécialisés
-
Météorologie
Bruit de la foudre.
- Le tonnerre éclata avec une force épouvantable, un tourbillon de vent s’engouffra dans la salle en défonçant une fenêtre. Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858
- Armement Endroit du canon d’un fusil, d’un pistolet où se met la charge et où se produit l’explosion au moment du tir.
- Armes légères Partie la plus épaisse du canon autour de la chambre, nécessaire pour supporter la pression élevée du tir.
- Phénomènes météorologiques Onde acoustique, se manifestant par un bruit sec ou un roulement sourd, accompagnant un éclair et qui est due à la dilatation brusque de l'air par réchauffement le long du trajet de l'éclair.
Interjection 1
-
vieilli Pour marquer l’étonnement ou l'énervement.
- – Tonnerre… grinça-t-il, le papier n’y est pas… Tu m’as roulé. Maurice Leblanc, L’Aiguille creuse, 1909, réédition Le Livre de Poche, 1964, page 87
Citation
Un jour, un jour viendra que par toute la terre Rome se fera craindre à l'égal du tonnerre
Origine du mot
(1560) Du moyen français tonnoire tonnaire, de l’ancien français tuneire (1080). Du latin tonitrus, avec accentuation paroxytonique (sur la syllabe pénultième) en latin populaire : \tɔ.ˈnɪ.trus\. référence nécessaire (résoudre le problème)
Dans le dictionnaire latin : tonitrus
1873 — le Littré
TONNERRE s. m. (to-nê-r' ; d'après Palsgrave, p. 7, au XVIe siècle, la première syllabe se prononçait ton, comme dans le substantif ton)
1 Bruit plus ou moins fort et plus ou moins prolongé qui accompagne la foudre. encore relevé aujourd’hui
- Un jour, un jour viendra que par toute la terre Rome se fera craindre à l'égal du tonnerre — CORN., Hor. III, 5
- Je veux suivre l'Écriture de mot à mot et de parole à parole ; il ne faut point que l'homme parle, et je ne veux pas ici contrefaire la voix de Dieu, ni imiter le tonnerre — BOSSUET, 3e sermon pour le premier dimanche de l'Avent, Préambule
4 autres citations
- Ô nuit effroyable, où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle : Madame se meurt, Madame est morte ! — ID., Duch. d'Orl.
- Ma voix ferait sur eux les effets du tonnerre — VOLT., Mahom. II, 5
- [à l'Opéra] le tonnerre est une lourde charrette qu'on promène sur le cintre, et qui n'est pas le moins touchant instrument de cette agréable musique — J. J. ROUSS., Hél. II, 23
- La voix du tonnerre lointain — P. LEBRUN, Voy. de Grèce, III, 1
Fig. Voix de tonnerre, voix très forte, très éclatante.
- N'allez pas dès l'abord.... Crier à vos lecteurs d'une voix de tonnerre : Je chante le vainqueur des vainqueurs de la terre — BOILEAU, Art p. III
- Il a un teint basané, une voix de tonnerre — A. DUVAL, les Héritiers, SC. 17
Fig. C'est un tonnerre, se dit d'un homme dont la voix est assourdissante.
Fig. Un coup de tonnerre, coup fatal.
- Trône, à t'abandonner je ne puis consentir ; Par un coup de tonnerre il vaut mieux en sortir — CORN., Rodog. v, 1
- M. de Pompone demanda s'il ne pourrait point avoir l'honneur de parler au roi, et savoir de sa bouche quelle faute avait attiré ce coup de tonnerre [la disgrâce] — SÉV., 22 nov. 1679
En un autre sens, événement étonnant.
- Quand je vois des gens fort heureux, je suis au désespoir : cela n'est pas d'une belle âme ; mais le moyen aussi de souffrir des coups de tonnerre de bonheur comme il y en a, dit-on, pour les inclinations ? — SÉV., à Bussy, 19 déc. 1670
Familièrement. Il est fait en coup de tonnerre, il est mal bâti, tout de travers, par allusion à la forme en zigzag des traits de la foudre qui éclate.
2Par extension, la foudre. Le tonnerre est tombé sur l'église.
- [Dans la Fable] Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre, C'est Jupiter armé pour effrayer la terre — BOILEAU, Art p. III
- Dieu fit choix de Cyrus avant qu'il vît le jour.... Le fit naître et soudain l'arma de son tonnerre — RAC., Esth. III, 4
3 autres citations
- Le tonnerre n'est qu'un grand phénomène électrique ; Franklin le force à descendre tranquillement sur la terre ; et, s'il foudroya Ajax Oïlée, ce n'est pas assurément parce que Minerve était irritée contre lui — VOLT., Dict. phil. Tonnerre, 1
- Il y a des grands seigneurs dont il ne faut approcher qu'avec d'extrêmes précautions ; le tonnerre est de ce nombre ; on sait que le professeur de mathématiques Richman fut tué à Pétersbourg, en 1753, par la foudre qu'il avait attirée dans sa Chambre — ID., ib. 2
- Avant les expériences de Franklin sur l'électricité, on se faisait des idées bien fausses du tonnerre — SENNEBIER, Ess. art d'obs. t. III, p. 7, dans POUGENS
Fig. Attirer le tonnerre, attirer les malheurs, et, en particulier, ceux de la guerre.
- Seigneur, n'attirez point le tonnerre en ces lieux ; Rangez-vous du parti du destin et des dieux — CORN., Pomp. I, 1
3 Image du tonnerre. non relevé aujourd’hui
- Il sera dieu ; même je veux Qu'il ait en sa main un tonnerre — LA FONT., Fabl. IX, 6
- Les anciens peignaient Jupiter prenant le tonnerre composé de trois flèches brûlantes dans la patte de son aigle, et le lançant sur ceux à qui il en voulait ; la saine raison n'est pas d'accord avec ces idées poétiques — VOLT., Dict. phil. Tonnerre, 1
4Poétiquement, le séjour, la région du tonnerre, le ciel. non relevé aujourd’hui
Le maître du tonnerre, le dieu qui lance le tonnerre, Jupiter.
- C'est le pur sang du dieu qui lance le tonnerre — RAC., Iphig. v, 4
- J'ai vu [à l'Opéra] le maître du tonnerre, Attentif au coup de sifflet, Pour lancer les feux sur la terre, Attendre l'ordre d'un valet — PANARD, Description de l'Opéra.
L'oiseau qui porte le tonnerre, l'aigle, oiseau de Jupiter.
- Regardez dans Denain l'audacieux Villars Disputant le tonnerre à l'aigle des Césars — VOLT., Henr. VII
5Par analogie et poétiquement , canon. non relevé aujourd’hui
- Cent/tonnerres de bronze ont donné le signal — VOLT., Fontenoi.
6Fig. Il se dit de tout ce qui renverse comme la foudre.
- Mélanchthon l'avait pris du beau côté, et voulait croire au commencement que, pour réveiller le monde, il ne fallait rien moins que les violences et le tonnerre de Luther — BOSSUET, Var. v, 3
- Et sur le couple pâle et déjà demi-mort Fait tomber à deux mains l'effroyable tonnerre [un énorme in-folio] — BOILEAU, Lutr. v.
1 autre citation
- Ah ! c'est ici seulement, au milieu de tant de scandales, qu'il fallait faire retentir la parole sainte dans toute la force de son tonnerre — BRIDAINE, cité par MAURY, Éloq. de la chaire, XX
7 Partie renforcée du canon des armes à feu portatives, qui correspond à l'emplacement de la charge.
Dans certains obusiers, la partie qui est autour de la chambre.
8 Pierre de tonnerre, sorte de pierre qu'on croyait tomber avec le tonnerre, et qu'au XVIIe siècle on appelait carreau. non relevé aujourd’hui
9 Un des noms du malapterurus electricus, poisson électrique. non relevé aujourd’hui
Historique
XIe s.
- Orez [orages] i ad de tuneire e de vent — Ch. de Rol. CIX
XIIIe s.
- Cel jour [il] fist moult mal temps de tonnoirre et d'ecliste — Berte, XCII
- N'il ne cort mie doucement, Ains descent si hideusement, Qu'il tempeste l'air en son oire [sa marche] Plus que nul orrible tonnoire — la Rose, 6054
2 autres citations
- Et quant espar [éclair] vient en tonnoire, Si repuet l'en sovent veoir Des vapeurs les pierres cheoir, Qui ne monterent mie pierres — ib. 16304
- Chascun de ces deux anemis A l'un de cels sur son col mis ; D'iluec s'en tornerent grant oire ; Lor petit pas sanble tonoirre — RUTEB., 322
XVe s.
- Lors, comme se le tonnoire cheist du ciel.... — CHASTEL., Expos. sur verité mal prise.
Étymologie
Wallon, tonîr, bourg. tonnarre ; namur. tonoire ; prov. toneire, tonedre ; du lat. tonitru.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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