tyrannie
- nature
- nom féminin
- diction
- [tiʁani] · 3 syllabes
- attesté
- 1101
- usage
- 5 par million de mots
- parenté
- tyran
Sens et définitions
Nom 6
-
Domination usurpée et illégale.
- … la tyrannie n'est-elle pas la conséquence d'un itinéraire d'enfant gâté? Secrets d'histoire, nᵒ 34, juin-juillet-août 2022, page 44
-
Gouvernement légitime, mais injuste et cruel.
- Jamais aucune contrée de l’Europe ne supporterait maintenant la longue succession de tyrannies basses et féroces qui ont accablé les Romains. Germaine de Staël, De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800).
-
Toute sorte d’oppressions et de violences.
- Une circonstance, qui tendait surtout à rehausser la tyrannie de la noblesse et à doubler les souffrances des classes inférieures, dérivait particulièrement de la conquête de Guillaume, duc de Normandie. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
-
Comportement capricieux et égoïste.
- L'habile mais féroce tyrannie du cœur exercée par Sand montre insensiblement ses limites; pourtant la “quarante-huitarde” qui se voudrait martyrisée n'en démord pas, solidement ancrée dans son égocentrisme paranoïaque. Thierry Ozwald, « La correspondance George Sand/Pauline Viardot ou les tribulations de Nimounne et Fifille », dans Literatura epistolar : Correspondències (s. XIX-XX), tome 7, Lleida, 2002, page 126
-
figuré Pouvoir que certaines choses ont ordinairement sur les hommes.
- Poser une fois pour tout le choix d’avoir un enfant nous épargne de la tyrannie du choix permanent de notre société où tout est jetable. Eugénie Bastié, « Avoir un enfant, pour quoi faire ? », l1visible.com, 28 mars 2024
1 emploi spécialisé
- Régimes politiques Gouvernement autoritaire qui ne respecte pas les libertés individuelles et sur lequel le peuple n'a aucun contrôle.
Citation
Nous savons que ce prince magnanime [Charles II] eût pu hâter ses affaires, en se servant de la main de ceux qui s'offraient à détruire la tyrannie [Cromwell] par un seul coup
Proverbes et citations
- Toujours la tyrannie a d’heureuses prémices. Jean Racine
Origine du mot
Du grec ancien τυραννία, turannía (« tyrannie, pouvoir absolu »).
1873 — le Littré
TYRANNIE s. f. (ti-ra-nnie)
1 Domination usurpée et illégale, bien ou mal exercée (sens ancien). repris par le Wiktionnaire
- Nous savons que ce prince magnanime [Charles II] eût pu hâter ses affaires, en se servant de la main de ceux qui s'offraient à détruire la tyrannie [Cromwell] par un seul coup — BOSSUET, Reine d'Anglet.
- Je l'avoue franchement, la tyrannie ne me donnait aucun plaisir — FÉN., Dial. morts anc. (Solon, Pisistrate).
1 autre citation
- Le mot tyrannie, qui avait été pris en bonne part, ne servit plus qu'à exprimer la cruauté jointe à l'usurpation du pouvoir — LÉVESQUE, Instit. Mém. sc. mor et pol. t. II, p. 51
2 Gouvernement injuste et cruel, légitime ou non. encore relevé aujourd’hui
- Toujours la tyrannie a d'heureuses prémices — RAC., Brit. I, 1
- Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie — LA BRUY., X.
3 autres citations
- Tous les coups portèrent sur les tyrans, aucun sur la tyrannie — MONTESQ., Esp. III, 3
- Sous quelle tyrannie aimeriez-vous mieux vivre ? sous aucune ; mais, s'il fallait choisir, je détesterais moins la tyrannie d'un seul que celle de plusieurs — VOLT., Dict. phil. Tyrannie.
- La tyrannie d'un corps est toujours plus impitoyable que celle d'un roi — ID., Mœurs, 182
3 Toute sorte d'oppressions et de violences. repris par le Wiktionnaire
- Six cents soldats qui avaient été les instruments de leurs tyrannies [de quelques gouverneurs] — VAUGELAS, Q. C. 545
- Tu [Assuérus] ne m'as prodigué tes perfides bienfaits Que pour me faire mieux sentir ta tyrannie — RAC., Esth. III, 1
2 autres citations
- Tous n'attendent qu'un chef contre la tyrannie [des Romains] — ID., Mithr. III, 1
- Il [Napoléon] s'est plaint de la tyrannie qu'elle [l'Angleterre] exerçait sur les mers ; mais c'était ce pouvoir sur mer qui mettait obstacle à sa tyrannie sur terre — VILLEM., Souven. contemp. Cent-Jours, VIII
Il se dit aussi de l'abus de l'empire sur les animaux.
- Si l'on ajoute aux causes naturelles d'altération dans les animaux libres celle de l'empire de l'homme sur ceux qu'il a réduits en servitude, on sera surpris de voir jusqu'à quel point la tyrannie peut dégrader, défigurer la nature — BUFF., Quadrup. t. VII, p. 200
4 Humeur, conduite impérieuse et violente dans les rapports de famille ou de société.
- On a souvent besoin de force et de prudence pour les opposer à la tyrannie de la plupart de nos amis, qui se font un droit sur notre confiance et qui veulent tout savoir de nous — LAROCHEFOUC., Réfl. div. p. 115
- La tyrannie consiste au désir de domination universelle et hors de son ordre — PASC., Pens. VI, 37, éd. HAVET.
4 autres citations
- La tyrannie est de vouloir avoir par une voie ce qu'on ne peut avoir que par une autre — ID., ib. VI, 10
- Nous exerçons sur nos frères une espèce de tyrannie, nous prenons contre eux un esprit d'aigreur ou un esprit de dédain — BOSSUET, Serm. Samedi de la 3e sem. de carême, Jugem. hum. 1
- Il n'y a point de plus maligne tyrannie que de forcer un homme de nous être obligé malgré lui, et c'est indignement abuser du nom de grâce que de le donner à un traitement forcé, plus cruel que le châtiment — J. J. ROUSS., Dial. I
- Elle [sa femme] m'accuserait de caprice et peut-être de tyrannie — C. DE BERNARD, la Chasse aux amants, III
5Fig. Pouvoir que certaines choses ont d'ordinaire sur les hommes. La tyrannie de la beauté. La tyrannie des bienséances. encore relevé aujourd’hui
- Pour les plus belles vies L'orgueil de la naissance a bien des tyrannies — CORN., Pulch. I, 1
- Elle sent son âme sous la tyrannie d'un démon invisible — MASS., Carême, Prière 2
Historique
XIIIe s.
- Maintenant que li rois se porchace de faire son profit et laisse le bien dou pueple, il devient tirans, et sa tirannie n'est pas autre chose que corruption de sa signorie — BRUN. LATINI, Trésor, p. 313
XIVe s.
- Justice sans misericorde est tirannie — Ménagier, I, 9
XVe s.
- Glacidas, qui estoit de haut courage, plein de toute tyrannie et orgueil — Hist. de la puc. d'Orléans, p. 502, dans LACURNE
XVIe s.
- Nous serons exempts de leurs tyrannies, et exactions. — Sat. Mén. p. 177
Étymologie
Prov. tirannia ; esp. tirania ; ital. tirannia ; du grec τυραννία, qui vient de τύραννος.
Supplément au dictionnaire
TYRANNIE. - HIST. Ajoutez : XIIe s.
- [âme] plus sogette à leur tyrannie [des œuvres mondaines] par malvaises penses [pensées] — li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 334
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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