véhément

nature
adj masculin
diction
[veemɑ̃] · 3 syllabes
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Qui est impétueux, passionné.
    • Joséphine […] pissa dans ses jupes de détresse en remarquant l’altération des traits du Pape à cette apostrophe véhémente. Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921
  2. Violent, intense.
    • Mon cher monsieur Schmidt, j’éprouve un véhément désir de passer la nuit dans cette chambre. Erckmann-Chatrian, L’Œil invisible ou l’Auberge des trois-pendus, page 42, J. Hetzel, 1867

Citation

Elle [la grâce] agit pleinement, Et tout semble possible à son feu véhément
Pierre Corneille, Poly. II, 6

Origine du mot

Du latin vehemens.

Dans le dictionnaire latin : vehemens

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

VÉHÉMENT, ENTE adj. (vé-é-man, man-t')

1 Qui se porte avec ardeur et force à tout ce qu'il fait. encore relevé aujourd’hui

  • Elle [la grâce] agit pleinement, Et tout semble possible à son feu véhément — CORN., Poly. II, 6
  • Votre amour étant pure, encor que véhémente, Je vous suivrai partout — LA FONT., Filles de Minée.
2 autres citations
  • Une véhémente occupation de l'esprit — BOSSUET, Ét. d'orais. v, 17
  • Nous sommes véhéments dans tous nos désirs — ID., 2e sermon, Vêture, 2

2 Orateur, écrivain véhément, celui qui a une éloquence entraînante.

  • C'est le plus véhément des poëtes satiriques ; c'est Juvénal, qui vivait à Rome au commencement du règne de Néron, sous le ministère de Sénèque — DIDER., Claude et Nér. I, 102
  • Le véhément Bridaine a déchiré plus de cœurs et fait couler plus de larmes que le savant et profond Bourdaloue, et, si j'ose le dire, que le sublime Bossuet — MARMONTEL, Œuv. t. v, p. 18

Discours véhément, discours plein de chaleur et de force.

  • J'ai attaqué Antoine ; qu'y a-t-il de plus véhément que mes harangues contre lui, semblables à celles de Démosthène contre Philippe ? — FÉN., Dial. des morts anc. (Caton, Cicéron).

On dit de même : éloquence véhémente.

  • Il [Cléon] avait une sorte d'éloquence véhémente, impétueuse, emportée, qui entraînait les esprits moins par la force des raisons que par la hardiesse et la violence de son style et de sa déclamation — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 584, dans POUGENS
Historique

XIIe s.

  • [Jésus-Christ venant vers les apostres] fut demostreiz par un deforien [extérieur] son, alsi com par vehement espir [souffle] — Rois, p. 486

XIVe s.

  • Fort appetit et vehement desir de choses delettables — ORESME, Éth. 225

XVe s.

  • Avec les vehementes raisons prouvées et solues — CHRIST. DE PISAN, Charles V, I, Prol.

XVIe s.

  • L'aspre fureur de mon mal vehement — DESPORTES, Diane, I, 20
  • Effroyables deserts, et vous, bois solitaires, Pour la derniere fois soyez les secretaires De mon dueil vehement — ID., Épitaphes, complainte pour Henri III
2 autres citations
  • Affligé d'une vehemente cuisson des yeulx — MONT., II, 211
  • On applique des remedes vehemens — LANOUE, 92
Étymologie

Provenç. vehement ; espagn. vehemente ; ital. veemente ; du lat. vehementem. Vehemens paraît être un participe passif archaïque dont il y a quelques restes dans le latin, vehemenus ou vehemenos, de vehere, entraîné, emporté.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « véhément » du Wiktionnaire.

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