épervier
- nature
- nom masculin
- diction
- [epɛʁvje] · 3 syllabes
- usage
- 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
-
Espèce d’oiseau de proie, petit rapace diurne (falconiforme) de la famille des accipitridés, des régions boisées que l’on dresse pour la chasse au vol.
- Un peu plus loin ils aperçurent un épervier immobile à la pointe d’un rocher, et la même proposition fut faite au jeune homme. Mais, cette fois, il répondit que l’épervier était un oiseau de race, dont les hommes de race avaient seuls le droit de disposer […] Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839
- Oiseau de proie, d’espèce diverse.
-
Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Se blasonne comme le faucon. À rapprocher de aiglat, aigle, aiglette, aiglettes, aiglons, émerillon, faucon, gerfaut et vautour.
- D’azur à la fleur de lys d’or supportant deux éperviers affrontés d’argent perchés sur chacune de ses branches, qui est de Nouaillé-Maupertuis → voir illustration « armoiries avec 2 éperviers »
-
Sorte de grand filet à prendre du poisson, en forme de cône évasé, lesté à sa périphérie et retenu par une ligne amarrée en son centre, et qui lancé du rivage ou d’une embarcation, capture les poissons en retombant et en se refermant sur eux.
- En filant le long des clôtures, j’aperçus le père Jacquot dans la cour en train d’étendre ses éperviers. Alphonse Daudet, Le Prussien de Bélisaire, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, réédition Le Livre de Poche, 1974, page 70
- Nom vernaculaire du champignon appelé hydne imbriqué. absent du Littré
-
Jeu d’enfants, souvent pratiqué en cour de récréation.
- On ne se demande pas à quoi ils jouent. Comme si ça nous arrangeait bien de pouvoir imaginer que c’est encore à l’épervier, aux gendarmes et aux voleurs, à la déli-délo, à chat perché, à la marelle. Philippe Delerm, La vie en relief, Seuil, 2021, page 165
1 emploi spécialisé
- Chirurgie vieilli Bandage destiné à maintenir un pansement ou un appareil appliqué sur le nez.
Adjectif 3
3 emplois spécialisés
- Géographie Relatif à La Prévière, commune française située dans le département du Maine-et-Loire ou à ses habitants.
- Ornithologie Relatif à l’épervier.
- Ornithologie Qui ressemble à l’épervier.
Origine du mot
esprevier, en ancien français esparvier, du francique *sparwāri, de sparo, moineau, et ari, aigle, probablement en raison de la prédilection de ce rapace pour la chasse aux petits oiseaux (comparer avec l’allemand Sperber et l’anglais sparrow hawk).
1873 — le Littré
ÉPERVIER s. m. (é-pèr-vié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des é-pèr-vié-z avides)
1 Oiseau de proie dont on se sert dans la fauconnerie (accipiter nisus). Lâcher l'épervier.
- Les personnes distinguées par leur naissance, hommes et femmes, portaient toujours un épervier sur le poing — SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuvres, t. IV, p. 238, dans POUGENS
2Terme de pêche. Filet à prendre du poisson, ainsi dit parce qu'il prend le poisson comme l'épervier prend les oiseaux. Jeter l'épervier. Coup d'épervier.
Nerfs de l'épervier, cordes qui servent à retenir ce filet en le lançant et à le serrer quand le poisson est pris.
3Terme de chirurgie. Bandage destiné à maintenir un appareil appliqué sur le nez. encore relevé aujourd’hui
4Fig. Usurier, homme âpre au profit, à la curée.
Proverbes
C'est un mariage d'épervier où la femelle vaut mieux que le mâle, se dit d'un mariage où la femme est plus habile, plus agissante que le mari ; parce que, dans les éperviers, les faucons, et, en général, les oiseaux de proie, la femelle est plus grosse et plus forte que le mâle.
On ne saurait faire d'une buse un épervier, c'est-à-dire on ne saurait faire d'un sot un habile homme.
Remarque
On disait encore très communément, au XVIIe siècle, éprevier :
- L'éprevier se couvre de plumes, étendant ses ailes vers le midi — SACI, Bible, Job, XXXIX, 26
Historique
XIe s.
- Plus est isnels qu'esprever ne aronde [hirondelle] — Ch. de Rol. CXV
XIIe s.
- E Richarz d'Ivecestre fu l'un des mesagiers, Qui al rei Henris ert [était] ses privez conseilliers.... E al rei Loewis porta dous [deux] espreviers — Th. le mart. 53
XIIIe s.
- Là veïssiez les troi si fierement aidier, Aussi come l'aloe fuit devant l'esprevier, Vont li Ture après aus [eus], nes [ne les] osent aprochier — Ch. d'Ant. VII, 83
XIVe s.
- Les plus fors espreviers font leurs aires sur bas arbres — Ménagier, III, 5
- Au lier et au deslier te tien saisy de l'esprevier — ib. III, 2
XVIe s.
- Que l'heur des armes estoit journalier, qu'ils ne vouloient se condamner à une pareille mort, comme ils meriteroient en se rendant esparviers de bourreau, ou valets de gens en robe longue — D'AUB., Hist. II, 275
Étymologie
Provenç. esparvier ; espagn. esparabel ; ital. sparviere, sparaviere ; du germanique : ancien haut-allem. sparvari, épervier ; allem. Sperber ; rattaché au goth. sparva, moineau ; allem. Sperling ; angl. sparrow, même sens, les noms d'animaux permutant souvent de l'un à l'autre. Les étymologistes y admettent un radical spar, lancer, sanscr. sphar, se mouvoir, en grec σπαίρειν, s'agiter.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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