évangile
- nature
- nom masculin
- diction
- [evɑ̃ʒil] · 3 syllabes
- usage
- 8 par million de mots
Sens et définitions
Nom 8
-
Ensemble des quatre évangiles canoniques.
- Jurer sur l’évangile.
-
Partie des évangiles que le prêtre lit à la messe ou que le croyant lit.
- Après l’Évangile selon saint Luc, monsieur le Curé des Hautes-Héez est monté en chaire. Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
-
figuré Livre, document essentiel et symbolique d’une doctrine quelconque.
- Les livres de Karl Marx sont l’évangile du communisme.
-
figuré Doctrine.
- Dès les années 1850, l'ingénieur A. Mille prêche inlassablement en faveur du tout-à-l'égout. S'agissant des immondices, il n'a qu'un évangile : il faut « nettoyer dans l'eau, les perdre à l’égout et les restituer à l'agriculture ». P. Strauss, « L'égout-modèle du Second Empire : « Un second Paris souterrain » », dans Idées de villes, villes idéales, sous la direction de Thierry Bonzon & al., Les cahiers de Fontenay nᵒ 69-70, E.N.S. Fontenay/Saint-Cloud, mars 1993, page 136
4 emplois spécialisés
-
Religion
Récit de la vie de Jésus.
- Le Quatrième Évangile est une de mes lectures préférées, c’est le seul qui donne du Jésus historique une image digne du personnage extraordinaire qu’il fut à coup sûr. Paul Veyne, Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas. Souvenirs, Albin Michel, 2014, page 100
-
Bible
Un des quatre récits de la vie de Jésus qui ouvrent le Nouveau Testament, respectivement attribués à Matthieu, Marc, Luc et Jean, et reconnus comme canoniques par l'Église et la majorité des confessions chrétiennes.
- L’Évangile de Jean ne paraît pas répondre à une exigence de « prêchabilité narratologique ». C'est une histoire, une proclamation montrant une communauté qui souffre manifestement. Tom Bissell, Apôtres: Sur les pas des Douze, Jean, chap. 5
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Religion
Doctrine de Jésus-Christ.
- Je suis Polonaise, née à Sandomir, c’est-à-dire dans un pays où les légendes deviennent des articles de foi, où nous croyons à nos traditions de famille autant, plus peut-être, qu’à l’Évangile. Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes
-
Religion
Livre de piété consacrés à l’usage d’une certaine classe de lecteurs et où la doctrine de l’évangile est mise à leur portée.
- L’évangile de l’enfance.
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier de l’indicatif présent de évangiler.
- Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de évangiler.
- Première personne du singulier du subjonctif présent de évangiler.
- Troisième personne du singulier du subjonctif présent de évangiler.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de évangiler.
Citation
Que ses douleurs l'ont rendue savante dans la science de l'Évangile, et qu'elle a bien connu la religion et la vertu de la croix, quand elle a uni le christianisme et les malheurs !
Origine du mot
Du latin evangelium (« évangile ») emprunté au grec ancien εὐαγγέλιον, euangélion (« bonne nouvelle »).
Dans le dictionnaire latin : evangelium
1873 — le Littré
ÉVANGILE s. m. (é-van-ji-l')
1 La loi, la doctrine de Jésus-Christ.
- Saint Thomas porta l'Évangile aux Indes — BOSSUET, Hist. II, 7
- Saint Kilien prêcha l'Évangile dans la Franconie — ID., ib. I, 11
3 autres citations
- Les Juifs qui avaient reçu l'Évangile — ID., ib. II, 9
- Que ses douleurs l'ont rendue savante dans la science de l'Évangile, et qu'elle a bien connu la religion et la vertu de la croix, quand elle a uni le christianisme et les malheurs ! — ID., Reine d'Anglet.
- L'Évangile est proposé à l'homme comme sa seconde raison, comme le supplément de sa conscience — MIRABEAU, Collection, t. v. p. 271
2 Nom des livres qui contiennent la vie et la doctrine de Jésus-Christ. Il parut, dans les premiers siècles de l'Église, un grand nombre d'Évangiles. L'Église n'a reconnu que quatre Évangiles. Jurer sur les Évangiles ou sur l'Évangile, jurer en touchant les Évangiles.
Évangiles apocryphes, ceux que l'Église n'a pas reconnus. L'Évangile de l'enfance, celui de ces livres où est racontée l'enfance de Jésus-Christ.
3 Absolument. L'Évangile, le recueil des quatre Évangiles reconnus par l'Église, à savoir l'Évangile selon saint Matthieu, l'Évangile selon saint Marc, l'Évangile selon saint Luc, et l'Évangile selon saint Jean. Lire l'Évangile.
Croire une chose comme l'Évangile, la croire sans réserve.
Familièrement. Ce n'est pas mot d'Évangile, c'est une chose qui mérite peu de foi.
- Les serments des gascons Passent peu pour mots d'Évangile — LA FONT., Gasc.
En sens inverse, parole d'Évangile, chose qui mérite toute confiance.
- Tu as beau rire, c'est l'Évangile — HAMILT., Gramm. 3
- Ses procès-verbaux [du maire] sont paroles d'Évangile pour MM. les juges de Tours — P. L. COUR., I, 150
Gens de l'Évangile, bonnes gens, faciles à tromper.
- Ce diable était des gens de l'Évangile, Simple, ignorant, à tromper très facile — LA FONT., Papef.
4 La partie de l'Évangile qu'on lit à la messe. encore relevé aujourd’hui
Le côté de l'évangile, le côté gauche de l'autel en entrant dans le chœur, ainsi dit parce que c'est le côté où l'on dit l'évangile.
C'est l'évangile du jour, se dit d'une chose nouvelle dont tout le monde s'entretient.
- Je ne sais comment je pourrai vous parler d'autre chose aujourd'hui que de cet évangile du jour — SÉV., 16 mars 1689
- Vous savez que Mme de Savoie ne souhaite au monde que l'accomplissement du mariage de son fils avec l'infante du Portugal, c'est l'évangile du jour — SÉV., t. VI, lett, 585, dans POUGENS
1 autre citation
- Il [Locke] prouve que la souveraineté appartient aux peuples, et qu'ils ne font que la déposer entre les mains de ceux qu'on appelle souverains .... vous savez que c'est l'évangile du jour à présent parmi les protestants — BAYLE, Lett. à Minutoli, 24 sept. 1693
5 Commencement du premier chapitre de saint Jean qu'un prêtre récite en mettant un pan de son étole sur la tête de la personne à l'intention de qui il le récite.
- Il n'est pas croyable ce qu'elle [Mme de Saint-Herem] dépensait à se faire dire des évangiles sur la tête — SAINT-SIMON, 97, 26
Cette cérémonie se nomme, dans le département des Côtes-du-Nord, donner l'évangile.
6 Évangile est le titre de quelques anciens livres burlesques. L'Évangile des quenouilles. non relevé aujourd’hui
7 Évangile éternel, doctrine de Joachim de Flore, moine calabrais du XIIe siècle, et de Jean de Parme, du XIIIe, suivant laquelle l'ancien testament répondant au premier âge du monde, le nouveau testament au deuxième âge, un troisième testament inaugure le troisième âge (voy. JOACHIMITE). non relevé aujourd’hui
8 Il se dit, dans le langage néologique, des doctrines novatrices qui agitent la société. non relevé aujourd’hui
- Ses compagnons [de Byron allant en Grèce] épars, groupés sur le navire, Ne parlent point entre eux de foi ni de martyre, Ni des prodiges saints par la croix opérés, Ni des péchés remis dans les lieux consacrés ; D'un plus fier évangile apôtres plus farouches, Des mots retentissants résonnent sur leurs bouches : Gloire, honneur, liberté, grandeur, droit des humains .... — LAMART., Harold, X
Remarque
1. Évangile prend un É majuscule quand il s'agit de la loi de Jésus-Christ, des livres qui contiennent sa vie, et du recueil de ces livres. Il prend un é minuscule quand il s'agit de la partie de l'Évangile que le prêtre dit.
2. Le genre d'évangile a été longtemps féminin ; Boileau l'a encore fait féminin : L'Évangile au chrétien ne dit en aucun lieu : Sois dévot ; elle dit : Sois doux, simple, équitable, Sat. XI. Aujourd'hui évangile est toujours masculin.
- Monsieur Joli [évêque d'Agen] prêcha à l'ouverture [de l'assemblée du clergé en 1675] ; mais comme il ne se servit que d'une vieille évangile et qu'il ne dit que de vieilles vérités, son aermon parut vieux — SÉV., Lett. 14 juin 1675
3. Évangile, au sens de la partie qui se dit à la messe, a été fait féminin, par exception, pendant que le mot était d'ailleurs masculin. Aujourd'hui aucune exception n'a plus lieu.
Historique
XIIIe s.
- Sire, tout n'est pas Evangile Quanque l'en dit aval la vile — la Rose, 12481
- Et lors le seignor deit comander que on aporte une Evangille — Ass. de Jér. 96
XVe s.
- [Le chancelier de France] dit en plein conseil royal au chancelier d'Aquitaine, qu'il ne disoit pas Evangile [ne disait pas la vérité] — MONSTREL., t. I, f° 163, dans LACURNE
XVIe s.
- Il est maudit en l'Evangile qui a le choix et prend le pire [par allusion aux Juifs qui, ayant le choix d'adopter la religion du Christ, la rejetèrent et sont maudits] — LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, 25
- Ainsi choisissiez vous le pire ; c'est pourquoy estes mauldict en l'Evangile — RABEL., IV, 46
1 autre citation
- Je ne me soucie pas plus de l'evangile que de l'epistre [pas plus de l'un que des autres] — Moyen de parvenir, p. 110, dans LACURNE
Étymologie
Provenç. evangeli, avangeli ; espagn. et ital. evangelio ; portug. evangelho ; du lat. evangelium, du grec εὐαγγέλιον, bonne nouvelle, de εὖ, bien, et ἀγγέλλειν, annoncer, d'où ἄγγελος, messager, ange (voy. ce mot).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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