abbé

nature
nom masculin
diction
[abe] · 2 syllabes
usage
35 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. Celui qui porte le costume ecclésiastique et remplit ou se prépare à remplir les fonctions sacerdotales.
    • Si les paysans savaient lire et écrire, que deviendrions-nous ?… dit Langlumé naïvement au général pour justifier cette décision antilibérale, prise contre un frère de la Doctrine chrétienne que l’abbé Brossette avait tenté d’introduire à Blangy. Honoré de Balzac, Les Paysans, 1845, première partie, chapitre huitième
  2. vieilli Tout homme qui portait l’habit ecclésiastique, sans remplir les fonctions sacerdotales.
  3. Président d’une confrérie agricole.
    • La Confrérie des Vignerons est une émanation de la bourgeoisie veveysanne. Ses Abbés (présidents du Conseil de la Confrérie) étaient – et sont encore – le plus souvent membres des Conseils de la ville, avocats, notaires ou juges. Site de la confrérie des vignerons de Vevey
2 emplois spécialisés
  1. Religion Moine supérieur d’une abbaye.
    • Les grands abbés de ce temps, d’Odilon de Cluny à Didier du Mont-Cassin, étaient assez avisés pour ne pas chercher à « monachiser » le monde qui les entourait. Robert Fossier et André Vauchez, Histoire du Moyen Age, tome 2 : Xᵉ-XIᵉ siècles, Éditions Complexe, 2005, page 32
  2. Religion Titre donné à un prêtre séculier dans l’Église catholique.

Origine du mot

Du latin ecclésiastique abbatem, accusatif abbas (« abbé »). La forme latine proviendrait de l’araméen ܐܒܐ, aba (« père »).

latin — abbas « Abbé »

Dans le dictionnaire latin : abbatem

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ABBÉ s. m. (a-bé)

1 Celui qui gouverne ou possède une abbaye. Abbé crossé et mitré. Élire un abbé. encore relevé aujourd’hui

Abbé régulier, abbé qui était religieux lui-même et portait l'habit de son ordre.

Abbé en second, prieur d'un monastère.

Abbé des abbés, titre de l'abbé du Mont-Cassin, parce que tous les moines de l'Occident avaient reçu leur règle de cette abbaye.

Abbé cardinal, titre honorifique accordé par le pape, particulièrement aux abbés en chef, lorsque des abbayes qui avaient été réunies se séparaient.

Prov. Pour un moine on ne laisse pas de faire un abbé, c'est-à-dire que l'absence d'un homme n'empêche pas un projet de s'exécuter.

Nous l'attendrons comme les moines font l'abbé, c'est-à-dire, s'il ne vient pas à l'heure fixée, nous ne l'attendrons pas.

Le moine répond comme l'abbé chante, c'est-à-dire les inférieurs se conforment aux habitudes de leurs supérieurs.

Jouer à l'abbé, jeu où l'on est obligé de faire tout ce que fait celui qui a été désigné pour chef et qu'on nomme abbé.

Se promettre la vigne de l'abbé, se promettre une vie de délices.

2 Tout homme qui porte un habit ecclésiastique. Un jeune abbé. Un abbé de cour. encore relevé aujourd’hui

  • Qui peut concevoir que certains abbés, à qui il ne manque rien de l'ajustement, de la mollesse et de la vanité des sexes et des conditions, qui entrent auprès des femmes en concurrence avec le marquis et le financier, et qui l'emportent sur tous les deux, qu'eux-mêmes soient, originairement et dans l'étymologie de leur nom, les pères et les chefs de saints moines et d'humbles solitaires, et qu'ils en devraient être l'exemple ? — LA BRUY., 14
Historique

XIe s.

  • Assez i a evesques et abéz — Ch. de Rol. 209

XIIe s.

  • Donc enveia li bers au comte dous [deux] abéz, Qu'il lui doinse [donne] conduit.... — Th. le Mart. 51
  • Quatorze rois i ot à heure de souper, Evesques et abbés, que je ne sai nomer — Sax. 13

XIIIe s.

  • Là trova il moult grant gent et maint abbés et maint barons et maint autres homes du païs de Bourgogne — VILLEH., 28
  • La justice laie les doit penre [prendre] et rendre à lor abbés — BEAUMANOIR, LVI, 1
2 autres citations
  • Quant evesque et abbé reviendront de signer [faire le signe de la croix] — Berte, 11
  • Lors fu li abes molt dolent, Pleins fu de maltalent e d'ire — Grégoire le Grand, p. 44

XVIe s.

  • Plusieurs allans le chemin de Paris voyoient chapeaux et manteaux par terre qu'on ne daignoit amasser, les prenoient pour fils venant de St-Mathurin ou pour gens qui jouoient à l'abbé de Maugouverne — D'AUB., Hist. I, 134
Étymologie

Provenç. abbat ; espagn. abad ; portug. abbade ; ital. abbate ; de abbatem, au nominatif abbas, du syrien aba qui signifie père. Dans l'ancien français au nominatif singulier li abe [e muet], venant de ábbas avec l'accent sur la première syllabe ; le abé, li abé, les abés [e fermé] au régime singulier, au nominatif pluriel et au régime pluriel, venant de abbátem, abbátes, avec l'accent sur la seconde syllabe.

Supplément au dictionnaire

ABBÉ. Ajoutez :

3 Nom donné autrefois aux chefs de certaines confréries d'artisans dans le Midi. Le local de la confrérie se nommait abbaye, nom qui est encore usité en Suisse, notamment à Berne.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « abbé » du Wiktionnaire.

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