curé
- nature
- nom masculin
- diction
- [kyʁe] · 2 syllabes
- usage
- 60 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
Tout membre du clergé.
- Sans pain, sans travail et sans armes, Nous allons être gouvernés Par des mouchards et des gendarmes, Des sabre-peuple et des curés. Jean-Baptiste Clément, La Semaine sanglante, 1871
-
figuré Personne qui veut diriger la vie privée des autres au nom de ses propres principes ; moraliseur.
- Tu as conscience que tu jettes de l’huile sur le feu avec tes « calmons-nous » et tes manières de curé ! C’est nouveau ça ? Yasmina Reza, Art
2 emplois spécialisés
-
Religion
Prêtre de l’Église catholique romaine ou de l’Église vieille-catholique pourvu d’une cure.
- Quand sa calèche passa par le village, la marquise reçut le salut du curé qui revenait de l’église. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
- Théologies chrétiennes Prêtre catholique placé à la tête d'une paroisse.
Adjectif 1
-
Qui a été nettoyé.
- Quant à ses ongles, il sont simplement curés comme les vôtres. Léon Laleau, Maurice Rostand intime, Les Éditions du Monde moderne, 1926, page 32
Formes fléchies 1
- Participe passé masculin singulier de curer.
Citation
On ne peut pas faire une loi qui obligeât les curés à dire la messe
Origine du mot
Du latin curatus, « celui qui a la charge des âmes » (très rare au Moyen Âge), dérivé de cura (« cure »).
Dans le dictionnaire latin : curatus
1873 — le Littré
CURÉ1 s. m. (ku-ré)
1 Prêtre placé à la tête d'une paroisse, et soumis dans l'exercice de ses fonctions à l'évêque du diocèse. encore relevé aujourd’hui
- On ne peut pas faire une loi qui obligeât les curés à dire la messe — PASC., Prov. 6
- Ce que je trouvai de plus ferme à Paris dans la consternation, furent les curés ; ils travaillèrent dans ces sept ou huit jours-là parmi le peuple avec un zèle incroyable — RETZ, Mém. liv. III, p. 105, dans POUGENS
6 autres citations
- Feu M. le duc de Bourgogne avait la plus grande estime pour les curés de Paris ; il était persuadé qu'il fallait leur faire l'accueil le plus favorable à la cour, et leur accorder, autant qu'il était possible, les petites grâces qu'ils demandaient pour des familles — SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuvres, t. IV, p. 214, dans POUGENS
- Mon bon ami, je ne trouve rien de si beau que d'être curé ; un bon curé est un ministre de bonté, comme un bon magistrat est un ministre de justice — J. J. ROUSS., Ém. IV
- De bons curés seront, quand on le voudra bien, dans les villes et dans les campagnes, des missionnaires perpétuels, et de plus des arbitres, des conciliateurs, de fidèles dépositaires de la confiance des familles, des liens de concorde, de zélés surveillants de la tranquillité publique — MARMONT., Élém. litt. t. VI, p. 70, dans POUGENS
- Le curé ne doit connaître ni saisons, ni distance, ni contagion, ni soleil, ni neige, s'il s'agit de porter l'huile au blessé, le pardon au coupable, ou son Dieu au mourant — LAMART., dans le Dict. de DOCHEZ.
- Coupable ou malheureux, vous n'avez rien à taire ; Pardonner, soulager, c'est tout mon ministère ; Je suis l'œil et la main et l'oreille de Dieu, Sa providence à tous, le curé de ce lieu — ID., ib.
- Un mort s'en allait tristement S'emparer de son dernier gîte ; Un curé s'en allait gaiement Enterrer ce mort au plus vite — LA FONT., Fabl. VII, 1
Spécialement, en termes d'administration, le curé d'une église paroissiale, par opposition à la succursale.
Dans le langage ordinaire, par politesse, on donne le nom de curé au simple succursaliste.
Familièrement. C'est Gros-Jean qui remontre à son curé, se dit d'un ignorant qui prétend conseiller un plus habile que lui.
Curé primitif, titre porté par certaines communautés régulières qui avaient jadis possédé des cures et qui en avaient gardé quelques droits.
Monsieur le curé n'aime pas les os, que lui donnez-vous à manger ? Jeu d'enfants ou attrape fondée sur l'homophonie d'os et de la voyelle o. Il faut répondre par un mot dans le nom duquel la voyelle o n'entre pas : des navets, du veau, un canard, etc. Mais si l'on dit des carottes, des abricots, etc. on donne un gage.
2 Morceau de chapeau dont le coutelier se sert pour tenir les pointes des pièces sur le polissoir.
3 Variété de tulipe d'un gris de lin fort pâle. non relevé aujourd’hui
Proverbes
Il faut faire carême-prenant avec sa femme et Pâques avec son curé.
Vous allez trop vite à l'offrande, vous ferez choir M. le curé, se dit à ceux qui s'empressent trop de faire quelque chose.
Il a affaire au curé et aux paroissiens, se dit de celui qui a affaire à plusieurs parties ensemble.
Qui croit sa femme et son curé est en danger d'être damné, c'est-à-dire une femme est capable de faire damner un homme nonobstant les bonnes instructions de son curé.
Historique
XIIIe s.
- Laie gent aiment moult leur bon prestre curé — J. DE MEUNG, Test. 700
- Sans avoir cureur [souci], [les moines] ont l'avoir, Et li curez n'en puet avoir, S'à peine non, du pain pour vivre, Ne achater un petit livre Où il puisse dire complies — RUTEB., 193
XIVe s.
- Je més la main à vous pour che que vous devés à monsignor che prestre qui est no bons curés — Baud. de Seb. VII, 681
Étymologie
Bas-latin, curatus, curé, de cura, soin (voy. CURE 1) : celui qui est chargé d'un soin, du soin des âmes. Quelques-uns ont voulu le rattacher au latin curio, prêtre de la curie ; mais la forme du mot ne le permet pas.
CURÉ, ÉE2 part. passé. (ku-ré, rée)
Nettoyé. Un fossé bien curé. encore relevé aujourd’hui
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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