allégorie
- nature
- nom féminin
- diction
- [aleɡoʁi] · 4 syllabes
- usage
- 2 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
Expression de la pensée se prêtant à une interprétation figurée, indépendamment de son sens littéral et permettant de frapper les esprits.
- Exemple d'allégorie, sur la mort : Je vis cette faucheuse, elle était dans son champ. Elle allait à grands pas, moissonnant et fauchant. Victor Hugo
-
Métaphore prolongée dans plusieurs descriptions d’une chose abstraite par du concret.
- Saint Augustin le déclare expressément : « une chose notifiée par allégorie est certainement plus expressive, plus agréable, plus imposante que lorsqu’on l’énonce en des termes techniques. » Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915
2 emplois spécialisés
-
Art
Représentation concrète et imagée par des éléments descriptifs d’une idée abstraite.
- En peinture, lʼusage de lʼallégorie fait partie des procédés maniéristes auxquels lʼartiste peintre nʼa que trop souvent recours, à défaut de lʼinspiration. Marie-José Pernin Segissement, Nietzsche et Schopenhauer : encore et toujours la prédestination, 1999
- Littérature Narration ou description métaphorique dont les éléments sont cohérents et qui représentent avec précision une idée générale.
Origine du mot
Du latin allegoria, du grec ancien ἀλληγορία, allêgoría, de ἄλλος, állos (« autre ») + ἀγορεύω, agoreúô (« je parle »)
Dans le dictionnaire latin : allegoria
1873 — le Littré
ALLÉGORIE s. f. (al-lé-go-rie)
1 Sorte de métaphore continuée, espèce de discours qui est d'abord présenté sous un sens propre, et qui ne sert que de comparaison pour donner l'intelligence d'un autre sens qu'on n'exprime point. Quand Pythagore disait : N'attisez point le feu avec l'épée, il voulait dire : Ne donnez pas des armes à des gens en colère ; il ne défendait pas d'employer une épée pour attiser son feu.
- La religion se tournait en allégories — BOSSUET, Hist. II, 12
- L'allégorie habite un palais diaphane — LEMIERRE
2 Ouvrage dans lequel on représente un objet pour donner l'idée d'un autre. L'apologue et la parabole sont des espèces d'allégories.
- Il fait une allégorie de ce livre à celui de l'Apocalypse — PASC., Prov. 5
Étymologie
Ἀλληγορία, de ἄλλος, autre, et ἀγορεῖν, dire ; dire autre chose que ce qu'on paraît dire. Ἄλλος, alius, autre, ont même radical (voy. AUTRE). Ἀγορεῖν, parler, dire, vient de ἀγορὰ, place publique, attendu que les affaires se discutaient sur la place publique (voy. AGORA).
Supplément au dictionnaire
ALLÉGORIE. Ajoutez : - HIST. XIVe s.
- Moralité puet ensi prendre, Ou bien allegorie entendre — MACÉ, Bible en vers, p. 117, verso, 2e col.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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