métaphore
- nature
- nom féminin
- diction
- [metafɔʁ] · 3 syllabes
- usage
- 6 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
-
Figure de style qui consiste à remplacer un mot par un autre, présentant avec lui un rapport d’analogie.
- – C'est pas une métaphore, c'est une périphrase. – Ah ! Fais pas chier ! – Ça, c'est une métaphore. Michel Audiard, Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, 1968
1 emploi spécialisé
- Techniques d'écriture Figure consistant à présenter une idée sous le signe d'une autre idée plus frappante, qui tient à la première par analogie ou ressemblance. (Phelizon, J.-F., Vocabulaire de la linguistique. Paris; Roudil, 1976, p. 137).
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier du présent de l’indicatif de métaphorer.
- Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de métaphorer.
- Première personne du singulier du présent du subjonctif de métaphorer.
- Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de métaphorer.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de métaphorer.
Citation
Les métaphores ne sont autre chose que des similitudes abrégées
Origine du mot
Du grec ancien μεταφορά, metaphorá dérivé de μεταφέρω, metaphérô (« transporter »).
1873 — le Littré
MÉTAPHORE s. f. (mé-ta-fo-r')
1Terme de rhétorique. Dans le sens primitif, qui est celui d'Aristote et de l'étymologie, synonyme de trope ; c'est un terme général.
2 Dans un sens plus restreint, qui est le sens des rhéteurs postérieurs, de Cicéron, de Quintilien et le sens actuel, figure par laquelle la signification naturelle d'un mot est changée en une autre ; comparaison abrégée.
- Les métaphores ne sont autre chose que des similitudes abrégées — BOSSUET, 6e avert. 82
- Et, toujours bien mangeant, mourir par métaphore — BOILEAU, Sat. IX
11 autres citations
- La métaphore ou la comparaison emprunte d'une chose étrangère une image sensible et naturelle d'une vérité — LA BRUY., I
- La métaphore est, selon les maîtres de l'éloquence, une similitude abrégée et une comparaison en un mot — BOUHOURS, Entret. d'Ariste et d'Eug. Entret. 6
- Il n'est rien de plus difficile à ménager en ce temps-ci que les métaphores ; pour peu qu'on se donne carrière, on va dans l'excès, et on se trouve tout étonné de se voir enlacé misérablement dans le phébus de la vieille cour — BAYLE, Lett. à Minutoli, 2 mai 1673
- Si j'avais à choisir une favorite parmi les figures, à l'exemple de Socrate, qui se saisit de l'ironie pour sa part, ce ne serait pas la métaphore continuée qui toucherait mon inclination — ID., ib.
- La métaphore est une figure par laquelle on transporte, pour ainsi dire, la signification propre d'un nom à une autre signification qui ne lui convient qu'en vertu d'une comparaison qui est dans l'esprit — DUMARS., Tropes, part. II, art. 10
- Les métaphores sont défectueuses quand elles sont tirées de sujets bas ; le P. de Colonia reproche à Tertullien d'avoir dit que le déluge universel fut la lessive de la nature — ID., ib.
- Quand on dit simplement : c'est un lion, la comparaison n'est alors que dans l'esprit, et non dans les termes ; c'est une métaphore — ID., ib.
- La tragédie admet les métaphores, mais non pas les comparaisons ; pourquoi ? parce que la métaphore, quand elle est naturelle, appartient à la passion ; les comparaisons n'appartiennent qu'à l'esprit — VOLT., Comm. Corn. Rem. Hor. III, 1
- Pour peu qu'on ait de chaleur dans l'esprit, on a besoin de métaphores et d'expressions figurées pour se faire entendre — J. J. ROUSS., Hél. II, 16
- Boileau disait qu'on entendait aux halles plus de métaphores en un jour qu'il n'y en a dans toute l'Énéide — LA HARPE, Cours de littér. t. VI, p. 468, édit. DUPONT.
- Dieu, dis-je en moi-même tout bas, Dieu, délivre-nous du malin et du langage figuré ; les médecins m'ont pensé tuer, voulant me rafraîchir le sang ; celui-ci m'emprisonne de peur que je n'écrive du poison.... Jésus, mon Sauveur, sauvez-nous de la métaphore — P. L. COUR., Pamphlet des pamphlets.
Métaphores disparates ou incohérentes, celles dont les termes ne peuvent pas s'accorder ; par exemple, c'est un torrent qui s'allume, il faut dire qui entraîne. On ne peut pas dire les semences d'un corps.
- Ces faits [paléontologiques] qui ont jeté les premières semences d'un grand corps de doctrine, — CUVIER, Éloge de Pallas
Historique
XIIIe s.
- Mes des poetes les sentences, Les fables et les metafores.... — la Rose, 7229
XIVe s.
- Verité est que aucun juste est en un home qui est juste selon metaphore ou selon similitude — ORESME, Éth. 169
Étymologie
Μεταφορὰ, transport, métaphore, de μετὰ (voy. MÉTA-), et φέρειν, porter.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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