cabaret

nature
nom masculin
diction
[kabaʁɛ] · 3 syllabes
attesté
1275
usage
9 par million de mots

Sens et définitions

Nom 11

  1. Taverne où l’on vend en détail du vin et des boissons spiritueuses et où l’on vend aussi à manger.
    • Il attire mon attention sur ce fait que, très souvent ici, même dans les cabarets, on voit des crucifix et des images pieuses. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
  2. vieilli Lieu de réunion d’hommes de lettres ou d’artistes qui se tenait dans tel ou tel débit de vins.
    • Le soir il y eut un grand souper chez Joassant, qui représenta le dernier cabaret de la littérature. C'était un endroit où passaient la nuit ceux qui revenaient tard des théâtres et des journaux. Champfleury, Les aventures de Mademoiselle Mariette - 1862
  3. Établissement où l’on se réunit pour entendre des chansons satiriques ou politiques.
    • Le Chat noir fut l'un des premiers cabarets artistiques. Il fut créé en 1881 par Rodolphe Salis à Montmartre …. Article « Cabaret » de Wikipédia
  4. vieilli Plateau à bord relevés ou petite table utilisé pour servir des boissons.
    • On était auprès de plusieurs cabarets de thé et de café ; en prenait qui voulait. Saint-Simon, Mémoires
  5. familier Plateau de self-service, tout particulièrement dans les cafétérias et autres établissements de restauration rapide.
    • — Je peux m'occuper de ton cabaret, si tu veux, Lily. Camille Beaumier & Sylviane Beauregard, Ouate de phoque, éditions de Mortagne, Ottawa, 2012, page 144
  6. Porte-liqueurs, cave à liqueurs.
    • Calyste refusa de prendre […] des liqueurs contenues dans un de ces magnifiques cabarets en bois précieux qui sont comme des tabernacles. Honoré de Balzac, Béatrix, 1839-1845
  7. Assortiment des tasses qu’on met sur le plateau.
    • Berthe. – J’ai cassé un cabaret de porcelaine, vlan ! Eugène Labiche, Embrassons-nous, Folleville !, 1850
  8. Sur un bateau, sorte de plateau destiné à fixer sur une table les assiettes et les couverts pour les empêcher de tomber.
    • Dans la salle à manger, tous les couverts sont fixés à table par des « cabarets », sorte de planchettes percées de trous pour y placer assiettes, verres, etc. Sans cela, ils seraient tous à terre en quelques secondes. Hugues Panassié, Cinq mois à New-York, Éditions Corrêa, 1947, page 162
  9. Nom vulgaire de l’asaret d’Europe.
    • Les feuilles & les racines du cabaret sont douées d’une odeur pénétrante, & d'un goût acre. Elles provoquent fortement le vomissement & les selles. Jacques-Christophe Valmont de Bomare, Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle, 1791
  10. Linotte.
    • La longueur totale du cabaret est de quatre pouces et demi ; son vol a près de huit pouces ; son bec, un peu plus de quatre lignes; sa queue, deux pouces ; elle est fourchue et ne dépasse les ailes que de huit lignes. Georges Louis Leclerc de Buffon, Œuvres complètes, 1818
1 emploi spécialisé
  1. Catégories de restaurants Établissement de restauration de haute qualité où les clients peuvent, tard dans la nuit, danser, souper et assister à des spectacles.

Citation

Le marquis de Mirepoix s'amouracha de la fille d'un cabaret en Allemagne
Saint-Simon, 69, 127

Origine du mot

De l’occitan cabraret, cabrairet (« hulotte »).

Les mots français venus de l’occitan

1873 — le Littré

CABARET1 s. m. (ka-ba-rè ; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel l's se lie : des ka-ba-rè-z achalandés ; cabarets rime avec traits, jamais, succès)

1 Sorte d'auberge d'un rang inférieur où l'on vend du vin en détail et où l'on donne aussi à manger. Hanter le cabaret. C'est un pilier de cabaret, c'est un homme qui ne bouge du cabaret. Il y a des cabarets où les ouvriers font leurs repas. Cabaret borgne, mauvais cabaret.

  • Le marquis de Mirepoix s'amouracha de la fille d'un cabaret en Allemagne — SAINT-SIMON, 69, 127
  • Versailles, petit château de cartes alors, bâti par Louis XIII, ennuyé d'y avoir couché dans un méchant cabaret à rouliers — ID., 410, 136
5 autres citations
  • Dis-nous un peu quel est le cabaret honnête Où tu t'es coiffé le cerveau ? — MOL., Amph. III, 2
  • Socrate, cet homme discret Que toute la terre révère, Allait dîner au cabaret Quand sa femme était en colère — PANARD, Chanson.
  • Oui, dansez sous mon vieux chêne ; C'est l'arbre du cabaret ; Au bon temps toujours la haine Sous ses rameaux expirait — BÉRANG., Vieux ménétr.
  • Quoi ! parer d'une noble image Mes petits vers de cabaret ! — BÉRANG., Portrait.
  • Gaîment je reprends ma musette, Et m'en retourne au cabaret — ID., Hab. de cour.

Familièrement. Aller dîner au cabaret, dîner chez le traiteur. Dîner de cabaret, dîner que l'on fait chez le traiteur.

2 Petite table ou plateau pour tasses à café, à thé, etc. Un beau cabaret. Cabaret de la Chine.

  • On était auprès de plusieurs cabarets de thé et de café ; en prenait qui voulait — SAINT-SIMON, 186

L'assortiment même des tasses ou verres qui garnissent le plateau.

3 Se dit, au jeu de la trinquette, de trois cartes qui se suivent immédiatement, depuis le valet jusqu'à l'as. non relevé aujourd’hui

4 Espèce de gros-bec, oiseau. non relevé aujourd’hui

Synonyme

CABARET, TAVERNE. Maisons où l'on vend aux allants et venants à boire et à manger. Le cabaret est un terme indifférent qui n'implique rien de défavorable, sinon que c'est un lieu destiné à la fréquentation de petites gens. Mais taverne, qui n'est plus de l'usage ordinaire, ne se dit guère que d'un cabaret où l'on va pour boire à l'excès et se livrer à la crapule, excepté quand il s'agit des restaurants anglais ou faits à l'imitation des anglais.

Historique

XIVe s.

  • Icellui sergent entra de fait en un petit cabaret, que on dit la lanterne, par où l'en va ou celier du dit hostel — DU CANGE, cabia.
  • Il vint en une loge ; le pot au feu trouva, Et le miés et le vin ; bon cabaret i a — Baud. de Seb. VIII, 125

XVe s.

  • En l'ost avoit tavernes et cabarets aussi bien et aussi plantureusement comme à Bruges ou à Bruxelles — FROISS., II, II, 161
  • Carpe au cabaret pour disner — E. DESCH., Poésies mss. f° 206, dans LACURNE

XVIe s.

  • Esteufs, avecques les cabarets à les frapper — DU CANGE, cabaretus.
Étymologie

Norm. cabaret, avant-toit. Cabaret signifie, comme on voit, un lieu où l'on vend du vin, un réduit, un avant-toit, une raquette. Ménage le tire du grec ϰάπη, d'où ϰάπηλος, tavernier, en latin caupo ; mais, outre qu'on ne voit pas par quelle voie ni par quelle filière grammaticale ce mot grec serait venu dans le français, on n'obtient pas par là une explication des trois ou quatre sens que le mot présente. Jusqu'à présent l'origine en est inconnue ; et ici on n'a pu que rassembler les éléments d'une discussion.

CABARET2 s. m. (ka-ba-rè)

Plante. Nom vulgaire de l'asaret. encore relevé aujourd’hui

Cabaret de murailles, cynoglosse omphalode.

Historique

XVIe s.

  • Cabaret ne desire ni la culture ni l'arrousement : fleurit es deux saisons de l'année, printemps et automne — O. DE SERRES, 618
Étymologie

Saumaise indique le latin combretum ou cobretum (nom d'une autre plante que le cabaret), d'où, par altération, cabaret. Étymologie qui demeure douteuse, faute d'intermédiaires.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « cabaret » du Wiktionnaire.

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