cale

nature
nom féminin
diction
[kal] · 1 syllabe
attesté
1201
usage
8 par million de mots

Sens et définitions

Nom 16

  1. Pièce que l’on place sous un objet pour lui donner de l’aplomb, pour le mettre à niveau ou pour l’empêcher de bouger.
    • …il [le Directeur] se contentait, à cause de moi, d’inspecter de loin si tout allait bien, et d’un regard, de faire mettre une cale sous un pied de la table qui n’était pas d’aplomb. Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe, 1922
  2. Ancien bonnet de femme couvrant les oreilles avec le dessus plat.
  3. Casquette pour homme ne couvrant que le haut de la tête.
13 emplois spécialisés
  1. Marine La partie la plus basse dans l’intérieur d’un bâtiment ; compartiment où sont stockées différentes marchandises.
    • Le bâtiment fut exploré de la cale à la dunette (ce qui, en langage terre à terre, se traduit par "de la cave au grenier"). San Antonio, Trempe ton pain dans la soupe , S-A 173 , Fleuve noir, 1999
  2. Marine Espace plan, incliné sur un quai facilitant l’accès à l'eau, pour le déplacement de bateaux à réparer, de marchandises.
    • Les vagues sautaient sur le pavé de la cale où le bateau bondissait en cognant sa quille. Gustave Flaubert et Maxime Du Camp, Par les champs et les grèves (Voyage en Bretagne), 1886, Le Livre de poche, page 184, 2012
  3. Marine vieilli Crique.
  4. Ski et surf des neiges Dispositif utilisé pour la mise à niveau de la botte d'un skieur ayant un handicap.
  5. Matériel de stockage Pièce que l'on place sous un objet pour lui donner de l'aplomb, pour le mettre de niveau ou pour l'empêcher de bouger.
  6. Transport de marchandises Pièce de forme rectangulaire, triangulaire ou carrée, habituellement en bois, utilisée pour maintenir le chargement dans sa position ou pour renforcer le calage.
  7. Métallurgie Petit support réfractaire utilisé pour séparer des supports à ergots et des supports d'enfournement.
  8. Métallurgie Bloc que l'on place sous un objet pour régler sa hauteur.
  9. Matériaux de construction naturels Bardeau de qualité inférieure qui sert de cale pour faire du nivellement. Son prix est plus bas que celui des bardeaux employés pour les toitures.
  10. Charpentes Bloc de bois entre les solives servant à empêcher le renversement de celles-ci.
  11. Construction Objet quelconque que l'on place sous un autre ou contre un autre pour le maintenir d'aplomb ou dans une certaine position.
  12. Fabrication des pneumatiques Pièce de métal qu'on insère dans le moule pour augmenter la largeur de la coupe.
  13. Aérotechnique et maintenance Coin placé sous un objet pour le maintenir en place.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de caler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de caler.
    • Sur une remise en jeu, le Marsupilami cale le ballon sous le bras et commence à marcher tranquillement comme à l’entraînement, pour signer l’un des marchers les plus fous de l’histoire de la NBA. Le Dauphiné, NBA : un marcher d'anthologie signé Russell Westbrook, ledauphine.com, 19 janvier 2017
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de caler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de caler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de caler.

Citation

Le mousse courait se cacher à fond de cale en poussant des cris
Chateaubriand, Génie, I, V, 4

Origine du mot

De l’allemand Keil (« coin, cale »), peut-être par l’intermédiaire du vieux-francique mosellan kall où la diphtongue a été réduite à la voyelle \a\.

Les mots français venus de l’allemand

1873 — le Littré

CALE1 s. f. (ka-l')

1 Fond d'un navire ou partie la plus basse qui entre dans l'eau, et qui s'étend de la poupe à la proue.

  • Le mousse courait se cacher à fond de cale en poussant des cris — CHATEAUB., Génie, I, V, 4

Fig. Être à fond de cale, n'avoir plus le sou.

2 La partie inclinée d'un port pour le chargement d'un bateau.

  • René, escorté d'un détachement de soldats de marine, débarque à la cale du port — CHATEAUB., Natch. II, 202

3 Plan incliné vers la mer servant à construire ou à réparer les bâtiments. Cale de construction, cale couverte, cale où le navire en construction est à l'abri. encore relevé aujourd’hui

4 Cale, châtiment de mer, qui consiste à laisser tomber plusieurs fois le coupable dans l'eau, par le moyen d'un cordage auquel il est attaché avec un bâton entre les jambes. La cale sèche est lorsqu'on ne le fait tomber que jusqu'à la surface de l'eau sans qu'il en soit mouillé. Donner la cale.

5 Anciennement, crique, abri entre deux pointes de terre ou de rocher.

6 Plomb qui fait enfoncer l'hameçon pour la pêche de la morue.

Étymologie

Provenç. espagn. et ital. cala. On a dit que cale était pour escale, échelle, relâche ; et en effet tous les sens de cale peuvent s'entendre d'une descente ; mais comme ce sens appartient aussi au verbe caler, il est plus naturel de tirer cale de caler 1. Ajoutez que l'italien calata, qui vient certainement de calare, exprime cette descente même.

CALE2 s. f. (ka-l')

Morceau de bois, de pierre etc. qu'on place sous un objet pour le mettre de niveau ou lui donner de l'assiette. encore relevé aujourd’hui

Terme de maçonnerie. Petit morceau de bois mince dont on se sert pour déterminer la largeur de lit d'une pierre.

Étymologie

Il y a dans l'espagnol cala, sonde ; Diez est disposé à y voir le sens de ce qu'on enfonce et à y rattacher le français cale, petit morceau de bois qu'on enfonce sous quelque chose et qui alors viendrait du verbe caler, dans le sens d'abaisser (voy. CALER 1). Mais ce sens est détourné, et, laissant le mot espagnol pour ce qu'il est, on peut songer pour cale, morceau de bois, au latin cala, bois, bûche ; Scheler songe à l'all. keil, coin.

CALE3 s. f. (ka-l')

1 Anciennement, espèce de coiffure de femme, en forme de bonnet plat par en haut, couvrant les oreilles et échancré par devant avec une petite bordure de velours. encore relevé aujourd’hui

  • On nous a dit entre autres merveilles que beaucoup de Limousines de la première bourgeoisie portent des chaperons de drap rose sèche sur des cales de velours noir — LA FONT., Lettres, v.
  • Un matin, ma servante à cale Fit entrer dans ma chambre sale Votre laquais vert, jaune ou gris — SCARRON, Rondeau redoublé, à Mme Radigue

Par extension, jeune fille, grisette.

  • Même sitôt qu'un valet, Une cale, un bavolet Montrait au doigt ce grand homme, Son cœur s'épanouissait, — Lucain travesti, p. 73
  • Il entreprit de prouver que Gombaud, qui se piquait de n'aimer qu'en bon lieu, cajolait une petite cale crasseuse — TALLEMANT DES RÉAUX, Historiettes, chap. 147, 3e édit. t. III, p. 249

2 Anciennement, bonnet d'homme fait en rond et plat, couvrant seulement le haut de la tête.

  • Les clercs portaient la cale. Des correcteurs de modes qui empêcheraient, par exemple, que les formes de chapeaux ne devinssent hautes comme des pots à beurre ou plates comme des cales — Roman bourgeois, édit. de Nancy, 1713, p. 409
Historique

XIVe s.

  • Le dit Gilet osta à icellui Maron sa calette ou barette, qu'il avait sur la teste — DU CANGE, calestra.

XVIe s.

  • Un gros bonnet blanc que l'on appelle une calle — BRANT., Dames ill. p. 388 et 389, dans LACURNE
Étymologie

Origine inconnue, à moins qu'on n'y voie le verbe caler, abaisser, enfoncer : un bonnet ayant pu être nommé cale parce qu'on y enfonce la tête.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « cale » du Wiktionnaire.

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