chaloir
- nature
- verbe
- diction
- [ʃalwaʁ]
Sens et définitions
verbe 1
- (Littéraire) Importer, dans le sens d’être important; faire attention
Origine du mot
Provenç. et anc. espagn. caler ; ital. calere ; du latin calere, proprement être chaud (voy. CHALEUR), et de là désirer. — Littré, 1873
1873 — le Littré
CHALOIR v. n. (cha-loir)
Verbe vieilli, qui n'est plus employé, dit l'Académie, qu'à la 3e personne du singulier du présent de l'indicatif et impersonnellement. Cependant on pourrait étendre cet emploi au futur : il chaudra ; au conditionnel : il chaudrait ; à l'infinitif : il ne peut chaloir, il ne doit chaloir ; et au subjonctif présent : qu'il chaille. Dans l'ancienne langue chaloir avait tous ses temps : il chalait, il chalut, il a chalu
Être d'importance, causer du souci. Il ne me chaut de cela.
- Il ne vous en chaut, n'est-ce pas ? Que tout s'y pervertisse, il ne m'en chaut d'un double — RÉGNIER, Sat. VI
- Or il ne me chaudrait .... Qu'ils fissent à leurs frais messieurs les intendants — ID., ib. X
5 autres citations
- Il ne vous doit chaloir ni de qui, ni combien — ID., Sat. XII
- J'en suis d'avis, non pourtant qu'il m'en chaille — LA FONT., Gageure.
- Car quant à moi, du plaisir ne me chaut, à moins qu'il soit mêlé d'un peu de peine — ID., ib.
- Allez, il ne m'en chaut — SCARRON, D. Japhet, III, 20
- Soit de bond soit de volée, que nous en chaut-il, pourvu que nous prenions la ville de gloire [le paradis] ? — PASC., Prov. 9
Régnier a fait de chaloir un verbe réfléchi : Je ne me veux chaloir du lieu, grand ou petit, Ép. II.
Historique
Xe s.
- Dont [ce dont] lei [à elle] nonque chielt — Eulalie
XIe s.
- Ne lui chalt, sire, de quel mort nous mourions — Ch. de Rol. X
- De ce cui calt ? — ib. CVIII
XIIe s.
- Beaux sire Guenes, ne vous chaut esmaier — Roncisv. 185
- E bien as hui mustred que rien ne te chalt de tes cunestables ne de tes hommes — Rois, 191
XIIIe s.
- Il ne chaloit, à ceus qui l'ost voloient depecier, del meilleur ne del peieur, mais que li ost se departist — VILLEH., LXXXIX.
- Et sachiés que il i avoit assés de ciaus [ceux] qui bien vousissent que li corans [le courant] enmenast les vaissiaus contreval le bras ou li vens, ne leur chausist comment l'aventure avenist — ID., CIII
7 autres citations
- Moi ne chaut qu'on en fasse, mais qu'elle soit tuée — Berte, XVI
- Mal fustes conseillée, tant vous en a chalu — ib. LI
- Ou se d'espargnier ne li chaut, Ains viengnent li froit et li chaut.... — la Rose, 5033
- Més de povreté ne vous chaille, Fors de penser, comment qu'il aille, Comment la porrés eschever — ib. 809
- Ne lor chaut gueres qui le sache — ib. 7785
- Car il ne pot caloir li quix [le quel] perde — BEAUMANOIR, LXIII, 8
- Li cuers avariscieus acquiert ne li caut comment, et ne pot estre assasiés d'avoir — ID., LXIII, 21
XIVe s.
- Et ceulz qui ont receu le bien, il ne leur chaut, se il ne rendent graces ou retribucion — ORESME, Eth. 273
XVe s.
- Il ne peut chaloir, dit le duc d'Anjou ; j'ai dit et juré que jamais ne partirai de ci ; si aurai le chastel à ma volonté — FROISS., II, II, 11
- Et du faict du roy d'Angleterre ne leur challoit, au demourant, comment il en allast — COMM., IV, 7
XVIe s.
- C'estoient païens, auxquels il chaloit autant de J. C. que de celui qui n'avoit jamais esté — CALV., Instit. 155
- Prenons le cas, quant à eux, qu'il ne leur en chaille — ID., ib. 226
9 autres citations
- Ils seront si empeschés à leur profit particulier, qu'il ne leur chaudra guere de leur office — ID., ib. 272
- Que chault-il quand ce soit ? — MONT., I, 83
- Que vous chault-il de l'avoir perdue ? — ID., I, 85
- Il ne peut chaloir de quelle religion soit mon medecin — ID., I, 218
- Pourveu qu'il soit gentil compagnon, la guerre qui confond toutes choses, fait qu'il ne peut chaloir de quelque lieu il soit — AMYOT, Fab. 43
- Il estoit si deshonté, qu'il ne luy chaloit d'estre vituperé — ID., Alc. 20
- S'ainsin estoit, toute peine fatale Me seroit douce, et ne me chaudroit pas — RONS., 25
- ... Ne luy chalut de mon corps perissant — ID., 182
- .... Mais peu se chaillant d'eux — ID., 746
Étymologie
Provenç. et anc. espagn. caler ; ital. calere ; du latin calere, proprement être chaud (voy. CHALEUR), et de là désirer.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire (dump du 6 juillet 2026) Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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