espoir
- nature
- nom masculin
- diction
- [ɛspwaʁ] · 2 syllabes
- attesté
- 1155
- usage
- 148 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
Fait d’espérer quelque chose. — Note d’usage : Pour ce sens, ce mot est rare au pluriel ; on le dit pourtant quelquefois dans la poésie et dans le style soutenu.
- Quittez le long espoir et les vastes pensées. la Fontaine
-
La chose espérée.
- La Nouvelle Cuisine, c'était un espoir, un dépoussiérage pour une gastronomie qui était rétrograde et cependant leader dans le monde. Emmanuel Rubin, avec Aymeric Mantoux, Délices d'initiés : Dictionnaire rock, historique et politique de la gastronomie, éd. Don Quichotte, 2013
-
Personne en laquelle on espère.
- Autour de Monsieur se groupaient quelques gentilshommes, factieux, avides, remuants, qui ne pouvaient grandir et s’enrichir que par le désordre. Le duc d’Orléans était leur garant, leur pavillon, leur espoir. Auguste Bailly, Mazarin, Fayard, 1935, p.104
2 emplois spécialisés
- Sports d'équipe Jeune sportif dont les performances autorisent la perspective d'une belle carrière (exemple : un espoir, l'équipe de France des espoirs).
- Sports de raquette Jeune sportif dont les performances présagent une belle carrière.
Citation
Et que le refus qu'il a fait.... n'ait pas étouffé dans mon âme toute sorte d'espoir
Origine du mot
Provenç. esper ; du latin speres, qui se trouve dans Ennius. Espoir dans l'ancienne langue avait un emploi élégant : il signifiait peut-être, qui l'a remplacé. — Littré, 1873
1873 — le Littré
ESPOIR s. m. (è-spoir)
1 Le fait même d'espérer. Attirer par l'espoir. J'ai bon espoir qu'il réussira. encore relevé aujourd’hui
- Il n'a point son espoir au nombre des armées — MALH., II, 1
- Apprends-moi de nouveau quel espoir j'en dois prendre — CORN., Cid, I, 1
6 autres citations
- Quittez le long espoir et les vastes pensées — LA FONT., Fabl. XI, 8
- Et que le refus qu'il a fait.... n'ait pas étouffé dans mon âme toute sorte d'espoir — MOL., Am. méd. I, 4
- Mais combien d'écrivains d'abord si bien reçus Sont de ce fol espoir honteusement déçus ! — BOILEAU, Sat. IX
- Mon espoir N'est plus qu'au coup mortel que je vais recevoir — RAC., Iphig. v, 2
- Je meurs dans cet espoir, satisfaite et tranquille — ID., ib.
- Et l'espoir malgré moi s'est glissé dans mon cœur — ID., Phèd. III, 1
Sous espoir, dans l'espoir, en espérant.
- Lâcher ce qu'on a dans la main, Sous espoir de grosse aventure, Est imprudence toute pure — LA FONT., Fabl. IX, 10
- Dans l'espoir d'élever Bérénice à l'empire — RAC., Bérén. II, 2
En espoir, dans l'imagination qui espère.
- Mes guerriers en espoir dépouillaient votre monde Des tributs éclatants qu'il recueille à Golconde — DELAV., Paria, I, 1
Au plur.
- Alors je revis en moi-même Les doux espoirs, les bizarres pensers — VOIT., dans GIRAULT-DUVIVIER
Espoir est quelquefois appliqué au présent, parce que l'esprit humain transporte volontiers une idée de futur au présent. Cet emploi est justifié par un emploi analogue d'espérer.
- Me cherchiez-vous, madame ? Un espoir si charmant me serait-il permis ? — RAC., Andr. I, 4
2 Ancien terme de mer. Petite pièce de canon mise sur le pont d'un vaisseau, et servant à favoriser les descentes.
Synonyme
ESPOIR, ESPÉRANCE. Ces deux mots sont très voisins, ne différant que par un suffixe qui est dans espérance et qui manque dans espoir. Espoir est le substantif du verbe espérer, sans aucun suffixe, comme garde l'est de garder, et par conséquent équivaut exactement à l'infinitif pris substantivement ; l'espoir ou l'espérer c'est la même chose. Espérance dérive du participe présent ; c'est l'état de l'âme de l'espérant. Par conséquent, espoir a un sens plus général, plus indéterminé qu'espérance ; et dans le vers célèbre de la Fontaine : « Quittez le long espoir et les vastes pensées ; » espoir seul convient, espérance serait impropre. À part cette nuance, espoir et espérance se confondent.
Historique
XIIe s.
- Et je cuit [crois] bien au mien espoir [d'après l'espoir que j'ai] Que.... — Couci, IV
- Benoit soit li hardemens Où j'ai pris si bon espoir — ib. XI
1 autre citation
- Tost auront perceü l'engin de felonie ; Espoir [sans doute], il manderont partout leur baronie — Sax. X
XIIIe s.
- Mais un espoir m'a tant reconforté — LE COMTE D'ANJOU, Romancero, p. 124
- Et espoir il leur en prendra pitié — VILLEH., XLII
3 autres citations
- En assembler tresor [elle] avoit mis son espoir — Berte, LXV
- Bien le voudroit Pepins, ainsi com j'ai l'espoir — ib.
- Mais, espoir, ce n'iert [ne sera] mie tost, Grans biens ne vient pas en poi d'ore — la Rose, 2038
XVe s.
- Les gardes de la porte commencerent à corner et à esmouvoir ceux de la ville, qui, espoir [peut-être], dormoient encore, car il estoit moult matin — FROISS., I, I, 254
- Plusieurs menues folies auxquelles ledit mignon trop se donnoit d'espoir — LOUIS XI, Nouv. VII
XVIe s.
- Un vain espoir qui de vent nous vient paistre — RONS., 1
- Ainsi j'alloy sans espoir [crainte] de dommage — ID., 34
2 autres citations
- L'age vole tousjours sans espoir de retour — ID., I, 657
- Seize pataches de 25 à 30 tonneaux, garnies d'espoires [canons] de fonte et de quelques moiennes [pièces d'artillerie] — D'AUB., Hist. III, 18
Étymologie
Provenç. esper ; du latin speres, qui se trouve dans Ennius. Espoir dans l'ancienne langue avait un emploi élégant : il signifiait peut-être, qui l'a remplacé.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « espoir » du Wiktionnaire.