défaite
- nature
- nom féminin
- diction
- [defɛt] · 2 syllabes
- usage
- 27 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
Déroute d’une armée ou de quelques troupes.
- La terrible défaite de Sedan et l'invasion du territoire, en septembre 1870, mirent fin au régime impérial. Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879
-
figuré Revers dans quelque entreprise ou quelque action.
- Vokoun cède quatre fois sur 14 lancers. […]. Malgré cette déconfiture, Vokoun ne sera pas crédité de la défaite, son remplaçant Théodore ayant accordé cinq buts dans une dégelée de 9 à 5. « Thomas Vokoun (1996-1997) », dans Les glorieux d'un soir, par Carl Lavigne, Éditions Hugo Sport, 2021
-
vieilli Facilité plus ou moins grande de se défaire de quelque chose.
- Ces marchandises-là sont de défaite. — Ces laines sont de mauvaise défaite, de bonne défaite.
-
vieilli Excuse artificieuse, mauvaise raison, prétexte.
- Il a toujours des défaites prêtes, il s’est tiré d’affaire par une défaite. — Voilà une mauvaise défaite.
Formes fléchies 2
- Féminin singulier de défait.
-
Participe passé féminin singulier de défaire.
- Ici aussi, pas de front plissé par l’effort intellectuel. Mais peut-être la ceinture défaite parce qu’on a trop mangé. L’Actualité, 1988, volume 13
Citation
Pour moi, bien que vaincu, je me répute heureux ; Et malgré l'intérêt de mon cœur amoureux, Perdant infiniment, j'aime encor ma défaite Qui fait le beau succès d'une amour si parfaite
Origine du mot
Défaire. — Littré, 1873
1873 — le Littré
DÉFAITE s. f. (dé-fè-t')
1 Perte d'une bataille. encore relevé aujourd’hui
- Pour moi, bien que vaincu, je me répute heureux ; Et malgré l'intérêt de mon cœur amoureux, Perdant infiniment, j'aime encor ma défaite Qui fait le beau succès d'une amour si parfaite — CORN., Cid, V, 7
- Combien en a versé [de sang] la défaite d'Antoine — ID., Cinna, IV, 3
5 autres citations
- N'eût-il que d'un moment reculé sa défaite — ID., Hor. III, 6
- Encore une défaite, et dans Alexandrie Je veux que cette ingrate en ma faveur vous prie — ID., Pomp. IV, 3
- Naupacte, maintenant Lépante, connu par la défaite des Turcs en 1571 — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. II, p. 482
- Quand les Scythes vaincus, réparant leurs défaites, S'élancèrent sur nous de leurs vastes retraites — VOLT., Sémiram. II, 1
- Non, ma défaite, ami, ne fait point mon malheur — ID., Adélaïde, III, 1
2En termes de galanterie , sujétion d'un cœur.
- Et qui sait si l'ingrate, en sa longue retraite, N'a point de l'empereur médité la défaite ? — RAC., Brit. III, 6
3 Débit d'une marchandise, facilité de placement. Des marchandises de prompte, de difficile défaite. encore relevé aujourd’hui
- La bonne marchandise est de défaite en ce pays-ci — DANCOURT, Foire de Besons, sc. 6
Familièrement. Cette fille est de défaite, elle est belle, ou riche, ou instruite, et on peut aisément la marier.
4 Excuse, échappatoire, prétexte. encore relevé aujourd’hui
- Mais enfin si c'était quelque sotte défaite.... — HAUTEROCHE, le Souper mal apprêté, sc. 3
- Or çà, voyons si ce que je projette Peut être apparemment une honnête défaite — ID., ib. sc. 4
8 autres citations
- C'est un vieux importun qui n'a pas l'esprit sain, Et pour qui j'ai toujours quelque défaite en main — MOL., Fâch. III, 3
- Vous n'osiez résister en face ; c'est ce qui vous faisait promettre trop facilement, et éluder ensuite toutes vos paroles par cent défaites captieuses — FÉN., Dial. des morts mod. Richel. Mazarin.
- Ne doutant pas que ce ne fût une défaite — HAMILT., Gramm. 9
- Il ne reste qu'une défaite aux nouveaux mystiques — BOSSUET, Or. 3
- .... Fort bien ! la réponse est honnête, Et vous avez toujours quelque défaite prête — REGNARD, Distr. I, 1
- Que l'amour-propre abonde en mauvaises défaites ! — LACHAUSSÉE, Préj. à la mode, V, 2
- Il crut que je cherchais une défaite — J. J. ROUSS., Conf. v.
- Va, mon pauvre Figaro, n'use pas ton éloquence en défaites ; nous avons tout dit — BEAUMARCHAIS, Mar. de Figaro, II, 20
Synonyme
DÉFAITE, DÉROUTE. Ces mots désignent la perte d'une bataille, faite par une armée, avec cette différence que déroute ajoute à défaite et désigne une armée qui fuit en désordre, Encycl. IV, 731.
Historique
XVIe s.
- Ceux qui accompaignerent Cn. Fulvius en sa desfaicte — MONT., I, 56
- Donner une desfaicte en payement — ID., I, 123
5 autres citations
- La philosophie a armé l'homme de patience, ou, si elle couste trop à trouver, d'une desfaicte infaillible [le suicide] — ID., II, 301
- Il se fait amener cette mule, et baille la sienne vieille à Didier pour en trouver la desfaite — DESPER., Contes, XXVIII
- Tatius le remettoit de jour à autre et lui usoit tousjours de quelque desfaicte — AMYOT, Rom. 36
- En memoire de ceste desfaitte ilz sollennisent encore ceste feste que l'on appelle les Nones Capratines — ID., ib. 49
- Ilz n'userent plus de desguisement ny ne controuverent plus de desfaittes pour la reverence de Caton — ID., C. d'Utiq. 80
Étymologie
Défaire.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier
Liens de sens
Contraires
Terme spécifique
claque déconfiture déculottée faux-fuyant fessée pile piquette rouste tannée
Dérivés
défaitard défaitisme défaitiste puer la défaite
Famille morphologique
Prononciation
Homophones
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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