fée

nature
nom féminin
diction
[fe] · 1 syllabe
usage
15 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Être imaginaire à qui la tradition populaire ou l’imagination des conteurs attribue une puissance surnaturelle.
    • Hervé ne croyait pas aux fées, et du reste si, comme l’affirment les Cornouaillais, les fées se promènent au clair de lune sur les bruyères désertes, personne ne les a jamais vues naviguer. Fortuné du Boisgobey, Double-Blanc, Paris : chez Plon & Nourrit, 1889, part. 1, chap. 1
  2. familier Femme qui charme par ses grâces, par son esprit ou par ses talents.
    • Puis ce fut le Salon de l’Aéronautique. La recordwoman du monde est, bien entendu, la fée du stand Caudron-Renault. Jacques Mortane, Hélène Boucher, aviatrice, Plon, Paris, 1936, page 88

Adjectif 1

  1. Qui est doté d’un pouvoir magique ou surnaturel.
    • Là, tous les yeux ont les langoureuses ardeurs des regards de la gazelle ; là, les pieds blancs armés de prestiges reposent sur des coussins de soie et de cachemire : aussi ai-je toujours été tenté de les nommer, à la manière de Perrault, des pieds fées. Honoré de Balzac, Voyage de Paris à Java, 1832, réédition Gallimard, collection Folio, page 24

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de féer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de féer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de féer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de féer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de féer.

Citation

On a banni les démons et les fées ; Sous la raison les grâces étouffées Livrent nos cœurs à l'insipidité
Voltaire, Ce qui plaît, etc.

Origine du mot

De l’ancien français fae, faie, feyee, du latin Fata (« Parques, Destin »), de fātum (« volonté divine, oracle, sort »).

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

FÉE s. f. (fée)

1 Être fantastique à qui l'on attribuait un pouvoir surnaturel, le don de divination et une très grande influence sur la destinée, et que l'on se figurait avec une baguette, signe de puissance. encore relevé aujourd’hui

  • On a banni les démons et les fées ; Sous la raison les grâces étouffées Livrent nos cœurs à l'insipidité — VOLT., Ce qui plaît, etc.
  • Toute la noblesse vivait alors dans ses châteaux, les soirs d'hiver sont longs, on serait mort d'ennui sans ces nobles amusements ; il n'y avait guère de château où il ne revînt une fée à certains jours marqués, comme la fée Merlusine au château de Lusignan — ID., Dict. phil. Possédés.

Conte de fée, sorte de conte où les fées jouent un rôle. Les contes de Perrault sont souvent appelés contes de fée.

Fig. On emploie métaphoriquement le mot fée pour désigner quelque chose où les fées semblent avoir mis la main.

  • Nous arrivâmes au logis où nous trouvâmes une table qui semblait avoir été servie par les fées — VOIT., Lett. 10
  • Les fées ont soufflé sur toute la campagne [de guerre] du marquis ; il a plu à tout le monde, et par sa bonne contenance dans le péril, et par sa conduite gaie et sage — SÉV., 497

C'est une fée, se dit d'une femme qui charme par ses grâces et sa dextérité.

Ouvrage de fée, ouvrage délicat, fait avec une grande perfection.

Travailler comme une fée, se dit d'une femme qui travaille avec une adresse admirable.

Une grande fée, une femme de taille mal gracieuse.

  • La femme de Montchevreuil était une grande créature à qui il ne manquait que la baguette pour être une parfaite fée — SAINT-SIMON, 4, 64

Une vieille fée, une vieille femme revêche, peu aimable.

Courroucer les fées, réveiller le chat qui dort.

  • De peur, comme l'on dit, de courroucer les fées — RÉGNIER, Sat. X

Par extension, on le dit des muses.

  • Filles du ciel, chastes et doctes fées — J. B. ROUSS., dans le Dict. de BESCHERELLE.

2 Pris adjectivement pour signifier enchanté. Bayard, cheval de Renaud, était un cheval fée.

  • Mais ce sont des escaliers fées Qui sous eux s'embrouillent toujours — V. HUGO, Ball. 13
Historique

XIIIe s.

  • El fu si cointe et si tifée, El resembloit deesse ou fée — la Rose, 3438

XVe s.

  • Et quand elles veulent bien acertes, elles parlent à fées et sont en leur compagnie — FROISS., III, IV, 59
  • Une espée emmanchée de fer, garnie en fason de clef, nommée l'espée de Lancelot du Lac, et dit-on qu'elle est fée — DE LABORDE, Émaux, p. 482
Étymologie

Génev. fâye ; Berry, fade, fadette ; provenç. fada ; espagn. hada ; portug. fada ; ital. fata ; du latin fata qui se trouve pour parque, et qui est dérivé de fatum, destin (voy. FATAL). En normand, on dit aussi au masculin fé : le fé amoureux, héros d'une légende populaire.

Supplément au dictionnaire

FÉE. - ÉTYM. Ajoutez : Dans le Chablais, fighe, fie ; dans le Jura français, fau ou fé ; dans le canton de Vaud, fatha ou fada.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « fée » du Wiktionnaire.

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