bouffer
- nature
- ver
- diction
- [bufe] · 2 syllabes
- usage
- 34 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 9
-
vieilli Enfler les joues.
- Le sac à vent était d’une belle peau, chaussée d’une taie d’indienne rayée bleu et blanc ; et tout le travail était agencé d’une mode si savante, qu’il ne fallait que bouffer bien petitement pour enfler le tout et envoyer un son pareil à un tonnerre. George Sand, Les Maîtres sonneurs, George Bell and sons, 1908, page 58
-
Se soutenir de soi-même, avoir du volume au lieu de s’aplatir, en parlant de certaines étoffes, ou des cheveux.
- Un foulard de soie sang de bœuf bouffait sous sa mâchoire. Henri Troyat, Les Eygletière. III. La Malandre, Flammarion, 1967, page 94
-
vieilli Enfler dans le four par l’effet de la chaleur, en parlant d’un pain.
- Piquez de plusieurs trous pour empêcher que le gâteau ne bouffe. Jules Gouffé, Le livre de pâtisserie, Librairie Hachette & Cie, 1873, page 257
- vieilli Souffler une bête tuée pour lui donner l’apparence de volume.
-
familier Manger.
- Ils discutent avec des voix de naufragés jouant à pile ou face lequel bouffera l'autre. San Antonio, Réflexions définitives sur l’au-delà , S-A 9 , Fleuve noir, 2000
-
Consommer excessivement.
- Cette bagnole bouffe autant d’essence qu'un char d’assaut. Tony Hillerman, Le Voleur de temps, traduit de l'américain par Danièle & Pierre Bondil, Editions Rivages, 1989, 2016
-
Vouer aux gémonies ; tenir des discours agressifs contre une catégorie sociale.
- J’étais en France en 1936 et j’ai vu défiler les ouvriers […]. C’était chouette. On bouffait du fasciste et du patron, on allait les avaler tout crus. Yves Béon, La planète Dora, Éditions du Seuil, 1985, chapitre 4
- Accaparer; absorber; accabler; envahir.
1 emploi spécialisé
-
Maçonnerie
Gonfler, en parlant de plâtre et pousser en dehors, en parlant d’un mur.
- Crevasse, s.f. On donne ce nom à une fente ou à un éclat occasionné dans un enduit qui bouffe. Dictionnaire historique d'architecture, par Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy, Paris : Librairie d’Adrien le Clere, 1832, page 486
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je bouffe
- tu bouffes
- il bouffe
- nous bouffons
- vous bouffez
- ils bouffent
Imparfait
- je bouffais
- tu bouffais
- il bouffait
- nous bouffions
- vous bouffiez
- ils bouffaient
Passé simple
- je bouffai
- tu bouffas
- il bouffa
- nous bouffâmes
- vous bouffâtes
- ils bouffèrent
Futur simple
- je boufferai
- tu boufferas
- il bouffera
- nous boufferons
- vous boufferez
- ils boufferont
Passé composé
- j'ai bouffé
- tu as bouffé
- il a bouffé
- nous avons bouffé
- vous avez bouffé
- ils ont bouffé
Plus-que-parfait
- j'avais bouffé
- tu avais bouffé
- il avait bouffé
- nous avions bouffé
- vous aviez bouffé
- ils avaient bouffé
Passé antérieur
- j'eus bouffé
- tu eus bouffé
- il eut bouffé
- nous eûmes bouffé
- vous eûtes bouffé
- ils eurent bouffé
Futur antérieur
- j'aurai bouffé
- tu auras bouffé
- il aura bouffé
- nous aurons bouffé
- vous aurez bouffé
- ils auront bouffé
Subjonctif
Présent
- je bouffe
- tu bouffes
- il bouffe
- nous bouffions
- vous bouffiez
- ils bouffent
Imparfait
- je bouffasse
- tu bouffasses
- il bouffât
- nous bouffassions
- vous bouffassiez
- ils bouffassent
Passé
- j'aie bouffé
- tu aies bouffé
- il ait bouffé
- nous ayons bouffé
- vous ayez bouffé
- ils aient bouffé
Plus-que-parfait
- j'eusse bouffé
- tu eusses bouffé
- il eût bouffé
- nous eussions bouffé
- vous eussiez bouffé
- ils eussent bouffé
Conditionnel
Présent
- je boufferais
- tu boufferais
- il boufferait
- nous boufferions
- vous boufferiez
- ils boufferaient
Passé
- j'aurais bouffé
- tu aurais bouffé
- il aurait bouffé
- nous aurions bouffé
- vous auriez bouffé
- ils auraient bouffé
Impératif
Présent
- bouffe
- bouffons
- bouffez
Passé
- aie bouffé
- ayons bouffé
- ayez bouffé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- bouffer
- Participe présent
- bouffant
- Participe passé
- bouffé
Citation
Le grand écuyer [après cette sottise] se releva le nez de dessus la table, regarda toute la compagnie, toujours bouffant
Origine du mot
Provenç. et espagn. bufar, souffler ; ital. buffare, souffler et plaisanter. D'après Diez, et selon toute apparence, il faut le rattacher à une onomatopée exprimant le bruit que fait la bouche en soufflant. Bouffer et pouffer sont deux formes d'un même mot. — Littré, 1873
1873 — le Littré
BOUFFER v. n. (bou-fé)
1 Témoigner par un certain gonflement de la face qu'on est en mauvaise humeur ; être dans une colère qui n'éclate pas. Il bouffe.
- Le grand écuyer [après cette sottise] se releva le nez de dessus la table, regarda toute la compagnie, toujours bouffant — SAINT-SIMON, 177, 110
2 Se soutenir sans s'affaisser en parlant de certaines étoffes. Ce taffetas bouffe. encore relevé aujourd’hui
Par extension.
- Il [le duc de Bourgogne] avait des cheveux châtains si crépus et en telle quantité qu'ils bouffaient à l'excès — SAINT-SIMON, 322, 211
3 Se gonfler, en parlant de la pâte qui ressent dans le four l'effet de la chaleur. Le pain avait déjà bouffé. encore relevé aujourd’hui
Terme de maçonnerie. Le plâtre bouffe, il gonfle. Un mur bouffe, il pousse en dehors.
Terme de jardinage. Un fruit bouffe, quand il grossit plus d'un côté que de l'autre.
4 V. a. Terme de boucherie. Souffler une bête tuée pour en rendre la chair plus belle. encore relevé aujourd’hui
Remarque
Le langage populaire confond bouffer avec bâfrer : il bouffe bien ; sans doute à cause de la rondeur des joues, quand la bouche est emplie. Mais ce n'en est pas moins une locution rejetée par le bon usage.
Historique
XIIIe s.
- Li rois l'entent, boufe et sospire — Tristan, 1859. dans LACURNE
XIVe s.
- Icelluy Taillefer dist à l'exposant qu'il buffast, et qu'il lui donroit une buffe — DU CANGE, buffare.
XVe s.
- De ceste vie suys bouffez [fâché] — VILLON, Ball.
XVIe s.
- Ilz deschiquetoyent leur peau pour y faire bouffer la gresse, ne plus ne moins qu'on descouppe le haut de chausses pour y faire bouffer le taffetaz — RAB., Pant. V, 16
- Point ne t'est bien ceste forme seante ; Jette moy là toute fluste bouffante, Et prens en main les armes, sans enfler Si laidement tes joues à souffler — AMYOT, Comment refréner la colère, 12
4 autres citations
- La synoque fait paroistre tout le corps comme bouffi et enffé, ce qui a donné occasion à quelques medecins de l'appeller synoque enflante et bouffante — PARÉ, XX, 9
- [Pallas] Bouffante d'ire et d'une forte voix, Comme un tonnerre appeloit les Gregois — RONS., 596
- Un seul Bacchus doit se boufer de haine Contre ton isle.... — ID., 684
- Gaioffe, bouffé, se cholere contre soy mesme — MERLIN COCAÏE, t. I, p. 288, dans LACURNE
Étymologie
Provenç. et espagn. bufar, souffler ; ital. buffare, souffler et plaisanter. D'après Diez, et selon toute apparence, il faut le rattacher à une onomatopée exprimant le bruit que fait la bouche en soufflant. Bouffer et pouffer sont deux formes d'un même mot.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Wiktionnaire (dump du 6 juillet 2026) Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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