foie
- nature
- nom masculin
- diction
- [fwa] · 1 syllabe
- usage
- 38 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
- argot Peur.
3 emplois spécialisés
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Anatomie
Organe présent chez l’être humain et chez la plupart des vertébrés, produisant la bile. Il sert, entre autres, à régler le métabolisme des glucides.
- La scissure porte médiane divise le foie en deux parties fonctionnelles indépendantes : le lobe droit et le lobe gauche de Healey et Schroy, correspondant au foie gauche et au foie droit de Couinaud. Denis Castaing, Daniel Azoulay, René Adam, « Anatomie du foie et de voies biliaires », chapitre 1 de Chirurgie du foie et de l'hypertension portale, Paris : Édition Masson, 2006, page 8
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Cuisine
Cet organe, de certains animaux, cuisiné.
- En alimentation, on distingue quatre groupes de foies, qui sont : les foies de poissons, les foies de volaille, le foie de veau et le foie gras d'oie. Joseph Favre, Dictionnaire universel de cuisine pratique, Omnibus (Place Des Éditeurs), 2010, page 577
- Foie et voies biliaires Organe situé dans la partie supérieure droite de l'abdomen, qui joue un rôle physiologique essentiel : sécrétion de bile, métabolisme des glucides, des protides et des lipides, épuration et détoxication, synthèse de substances qui régissent la coagulation, emmagasinage de vitamines (A, B, K).
Citation
Souvent une oie engraissée aura le foie plus gros que tous les autres viscères ensemble, et ces foies gras que nos gourmands recherchent, étaient aussi du goût des Apicius romains
Origine du mot
Du bas latin ficatum (« foie d’une oie engraissée aux figues ») puis, par extension de sens « foie », dérivé de ficus (« figue »). Calque du grec ancien συκωτόν, sukôtón (« engraissé aux figues »), dérivé de σῦκον, sûkon (« figue »). Ce mot a supplanté le latin jecur (« foie »), ainsi que le montrent toutes les langues romanes ; le même phénomène a eu lieu pour le grec moderne συκώτι, sykóti (« foie »).
1873 — le Littré
FOIE s. m. (foi)
1 Viscère qui occupe l'hypocondre droit et une partie de l'épigastre, et qui, remplissant deux fonctions, est constitué par deux parties : l'une moindre est une glande et sécrète la bile ; l'autre plus considérable est l'organe glycogène, c'est-à-dire producteur de la matière sucrée qui, portée directement aux poumons, y sert aux actes respiratoires, et qui, fabriquée en excès, est éliminée par les reins, ce qui constitue le diabète. Les lobes du foie. Il avait un abcès au foie. encore relevé aujourd’hui
Chaleurs de foie, certaines rougeurs qui viennent au visage et qui étaient considérées comme indices de maladie du foie.
Fig. Mouvements de colère, emportements.
- .... C'étaient.... des fièvres du temps.... des jeunesses de nos princes et des chaleurs de foie de leurs conseillers — BALZ., 5e disc. sur la cour.
Fig. Vous avez bon foie, Dieu vous sauve la rate ! Proprement : votre foie est sain, tout ira bien si la rate est saine, et, ironiquement, vous êtes un joli garçon, vous nous la donnez belle.
- Monsieur s'en va chopiner, cependant Qu'on se tourmente ici le corps et l'âme ; Il faut agir sans cesse en l'attendant.... Voyez un peu, le galant a bon foie ; Je suis d'avis qu'on laisse à tel mari Telle moitié.... — LA FONT., Cuv.
Il a le foie blanc, il est bizarre, il ne fait rien comme les autres.
2Terme de vétérinaire. Foie douvé, foie contenant des douves ou fascioles.
Foie pourri, synonyme vulgaire de la cachexie aqueuse.
3Terme de cuisine. Il se dit du foie que l'on mange. Foie de veau piqué. Un pâté de foie gras.
- Souvent une oie engraissée aura le foie plus gros que tous les autres viscères ensemble, et ces foies gras que nos gourmands recherchent, étaient aussi du goût des Apicius romains — BUFF., Ois. t. XVII, p. 57, dans POUGENS
4 Ancien terme de chimie. Substance dont la couleur ressemble à celle du foie.
Foie de soufre, mélange de plusieurs sulfures de potassium.
- Il montra que [dans les salines de Montmorot] des pains de sel marin pétris avec des eaux grasses qui renfermaient des sels marins à base terreuse et des matières susceptibles de putréfaction, et desséchés sans précaution, de manière à permettre la formation de quelques parties de foie de soufre, justifiaient le dégoût du peuple — CONDORCET, Montigni.
Foie d'antimoine, oxysulfure d'antimoine demi-vitreux.
Foie d'arsenic, arsénite de potasse.
Historique
XIe s.
- [Il] Tranche le cuer, le feie et le poumon — Ch. de Rol. XCVI
XIIIe s.
- Ou il a mal de teste, de piz ou de poitrine, De polmon ou de foie, de costé ou d'eschine — J. DE MEUNG, Test. 170
XIVe s.
- Ainsi comme l'on raconte.... d'un autre serviteur qui occist son compaignon et en menga le fée — ORESME, Eth. 203
- Les lanches trespasserent, par itel essiant, Qu'entre fie et poumon en vont li fer passant — Baud. de Seb. VIII, 562
XVe s.
- Si trouvoient ces chevaliers et escuyers d'Angleterre les vins ardents et forts, qui leur rompoient les testes.... et leur ardoient les foyes et les poumons — FROISS., II, III, 82
XVIe s.
- Voilà une femme sans cœur, sans fiel et sans foie [bien patiente] — MARG., Nouv. XXXVIII
- Il despesche à l'empereur, luy mande que l'armée laschoit le pied : sur cette chaleur de foye l'empereur marche.... — D'AUB., Hist. I, 22
1 autre citation
- Jamais homme ne mange foye Que le sien n'en ait joie — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 197
Étymologie
Wallon, feûte ; namur. féte ; provenç. et catal. fetge ; espagn. hígado ; portug. fígado ; ital. fégado ; du latin ficatum, proprement jecur ficatum, foie d'oie engraissée avec des figues (Pinguibus et ficis pastum jecur anseris albi, HORAT., Sat. II, VIII, 88), de ficus, figue (voy. FIGUE). Ce mot, qui était chez les Latins un terme de cuisine, est devenu dans toutes les langues romanes le nom du foie et a fait disparaître complétement le mot propre jecur. On remarquera que le mot nouveau a, dans les langues romanes, l'accent sur la première syllabe, tandis que le latin l'a sur la seconde, ficátum ; c'est qu'en effet il vient non pas précisément de ficátum, mais de ficătum. Les Gloses de Cassel ont figido, où sans doute le second i est bref ; car, ainsi que Diez le remarque, le lombard fídegh est pour fíghed et se rapproche beaucoup de figido ; on peut croire que la langue, qui avait une tendance à substituer l'i à l'a dans ces participes passifs, par exemple rogitus pour rogatus, dolitus pour dolatus, vocitus pour vocatus, provitus pour probatus, faisait cet i bref. Ordinairement, dans ces mots où l'accent avait été faussé, les langues romanes conservaient quelque part la véritable accentuation (voy. ENCRE) ; c'est ce qui est arrivé ici : sarde, figáu ; vénitien, figà ; valaque, ficát.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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