grammaire

nature
nom féminin
diction
[ɡʁamɛʁ] · 2 syllabes
usage
7 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Livre où sont exposées les règles d’une langue.
    • Il existe même une grammaire du kiptchak et un dictionnaire franco-arméno-kiptchak. L. Papazian, « Les Arméniens dans l'historiographie turque », dans Armenia, nᵒ 97, avril-mai 1986, page 23
  2. Ensemble des règles d’un art, d’un domaine.
    • Théorisé par Sun Tzu dès le VIe siècle avant notre ère, le flou entretenu sur la nature de la riposte à une attaque militaire reste une règle de base de la grammaire de la dissuasion. Marc Semo, Avec la guerre en Ukraine, le retour à l’ambiguïté stratégique, principe indispensable de la doctrine nucléaire, Le Monde. Mis en ligne le 24 novembre 2022
2 emplois spécialisés
  1. Linguistique Art de parler et d’écrire correctement, ensemble des règles d’une langue.
    • BÉLISE : Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire ? MARTINE : Qui parle d’offenser grand’mère ni grand-père ? Molière, Les Femmes savantes, acte II, scène 6
  2. Intelligence artificielle Ensemble de règles permettant de générer, à partir d'un ensemble de symboles, les suites ordonnées de ces symboles (chaînes) constituant les phrases autorisées dans le langage correspondant.

Citation

La grammaire, du verbe et du nominatif, Comme de l'adjectif avec le substantif, Nous enseigne les lois
Molière, ib.

Origine du mot

Du latin grammatica, du grec ancien γραμματική, grammatikế (« art de lire et d’écrire »).

Dans le dictionnaire latin : grammatica

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1873 — le Littré

GRAMMAIRE s. f. (gra-mê-r' ; du temps de Molière, on prononçait gran-maire, comme on le voit par ces vers : Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire ? -Qui parle d'offenser grand'mère ni grand'père ? F. sav. II, 6. Dangeau, qui voulait peindre exactement la prononciation, écrit granmaire)

1 L'art d'exprimer ses pensées par la parole ou par l'écriture d'une manière conforme aux règles établies par le bon usage. Les règles de la grammaire. Savoir, enseigner la grammaire. encore relevé aujourd’hui

  • ....Quoi ! toujours malgré mes remontrances, Heurter le fondement de toutes les sciences, La grammaire qui sait régenter jusqu'aux rois, Et les fait, la main haute, obéir à ses lois ! — MOL., Femmes sav. II, 6
  • La grammaire, du verbe et du nominatif, Comme de l'adjectif avec le substantif, Nous enseigne les lois — ID., ib.
3 autres citations
  • La grammaire, c'est-à-dire l'art d'écrire et de parler correctement, roule sur quatre principes : la raison, l'ancienneté, l'autorité, l'usage — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. XI, 2e part. p. 738, dans POUGENS.
  • Le célèbre Origène enseigna la grammaire pour avoir de quoi subsister — ID., Traité des Ét. VI, 2e part. ch. 4
  • À la grammaire, nous devons la pureté du discours ; à la logique, la justesse du discours ; à la rhétorique, l'embellissement du discours ; quand finirais-je, si j'allais m'étendre sur ce sujet ? — D'OLIVET, Rem. sur Racine, § 100

Classes de grammaire, les classes de sixième, cinquième et quatrième dans les lycées ; la septième et la huitième se disent classes élémentaires.

Haute grammaire, étude spéciale des qualités qui caractérisent le style considéré dans ce qu'il a d'agréable ou de désagréable au lecteur ou à l'auditeur.

Grammaire générale, science raisonnée des principes communs à toutes les langues.

Grammaire comparée, étude comparative des différentes langues.

2 Livre où les règles du langage sont expliquées. La grammaire de Port-Royal. Indiquez-moi un bonne grammaire latine.

  • On ne doit pas oublier la grammaire générale et raisonnée de M. Arnauld, où l'on reconnaît le profond jugement et le génie sublime de ce grand homme — ROLLIN, Traité de Ét. I, ch. I, p. 13
  • Qu'au lieu de travailler en corp à une grammaire, il fallait en donner le soin à quelque académicien qui, communiquant ensuite son travail à la compagnie, profitât si bien des avis qu'il en recevrait, que, par ce moyen, son ouvrage, quoique d'un particulier, pût avoir dans le public l'autorité de tout le corps — D'OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 63, dans POUGENS
Historique

XIIIe s.

  • Or me respondez de gramaire, Savez rien de celui afere Que li maistres fait sa clerçons, Qant il lor prenent les Ieçons — Ren. 20920

XVe s.

  • Chouses cachées, chouses hors de memoire, Qui excedent et logique et granmoyre — Faifeu, p. 51, dans LACURNE

XVIe s.

  • Les alphabets des doigts et grammaires en gestes, et les sciences qui ne s'exercent et expriment que par iceulx — MONT., II, 159
  • Oyez dire metonymie, metaphore, allegorie et autres tels noms de grammaire, semble il pas qu'on signifie quelque forme de langage rare et pellegrin ? ce sont tiltres qui touchent le babil de vostre chambriere — ID., I, 382
Étymologie

Provenç. gramaira. Ce mot ne peut venir de grammatica, qui aurait donné gramaije ; comparez voyage de viaticum, piége de pedica, l'ancien adjectif domesche de domesticus. Il provient du bas-latin, gramma, lettre, avec la finale latine arius, aria ; c'est le grec γράμμα, lettre. Gramatique, qui s'est dit aussi, vient du latin :

  • Dont [de trois sciences] la premiere est gramatique, qui est fondemenz et porte et entrée des autres sciences ; ele nos enseigne à parler et à lire et à escrire à droit, sanz vice de barbarisme et de solœcisme — BRUN. LATINI, Trésor, p. 8

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « grammaire » du Wiktionnaire.

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