heurté

nature
adj masculin
diction
[œʁte] · 2 syllabes
usage
9 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 5

  1. Qualifie une écriture irrégulière, peu harmonieuse, tracée comme par à-coups.
    • Elle relut cette lettre, écrite rapidement au courant de la plume, dans une écriture heurtée. Hector Malot, La Belle Madame Donis, 1873
  2. figuré Dont les composants se succèdent et s’opposent de façon pas très harmonieuse.
3 emplois spécialisés
  1. Peinture Qualifie un dessin où l’artiste a négligé de fondre les teintes avec soin et d’adoucir les contours, mais qui est large et vigoureux.
    • Sur les cotonnades des femmes, les couleurs les plus vives, les plus crues, et les plus heurtées, s’affrontaient avec un bonheur constant. Joseph Kessel, Le Lion, Gallimard, 1958
  2. Sculpture Qualifie une sculpture aux contours nettement ciselés
  3. Littérature Qualifie un texte dont la forme semble brute.
    • Style heurté. — Phrases heurtées.

Nom 1

  1. Race de pigeon.
    • Sous-RACE DES Heurtés. — Il existait des Heurtés nettement caractérisés dès 1676. Julien Salmon, Les oiseaux, J.B. Bailli, Paris, 1904

Formes fléchies 1

  1. Participe passé masculin singulier de heurter.
    • Le souci de l’administration de dénuméroter les hospitalisés ne date pas d’hier, mais il s’est longtemps heurté au confort de l’habitude. Jean-Luc Imbert, Jean-François Lemaire, La responsabilité médicale, 1985

Citation

[Votre pied sous la table] Dont Trufaldin, heurté de deux coups trop pressants, A puni par deux fois deux chiens très innocents
Molière, Ét. IV, 5

1873 — le Littré

HEURTÉ, ÉE part. passé (heur-té, tée)

de heurter

1 Qui a reçu un heurt, un choc.

  • [Votre pied sous la table] Dont Trufaldin, heurté de deux coups trop pressants, A puni par deux fois deux chiens très innocents — MOL., Ét. IV, 5
  • Poursuivis, menaçants, l'un par l'autre heurtés — DELAV., Vêpr. sicil. V, 2

2Fig. Offensé, blessé. Heurté par des paroles si désobligeantes. encore relevé aujourd’hui

Contrarié. Des préjugés heurtés par la philosophie.

3Terme de peinture. Dont les teintes ne sont pas fondues, les contours adoucis. Des tons heurtés. encore relevé aujourd’hui

  • Sa touche est lourde, sa manière est pénible et heurtée — DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 380, dans POUGENS
  • Une vapeur particulière [en Italie] répandue dans les lointains arrondit les objets et dissimule ce qu'ils pourraient avoir de dur ou de heurté dans leurs formes — CHATEAUB., Italie, à M. de Fontanes.

Fait avec une grande liberté et qui n'est touché que de coups hardis, en parlant soit de la peinture, soit de la sculpture.

  • Composition libre, facile, vigoureuse et dans la manière heurtée — DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XV, 52
  • Il faut être un graveur de la première force pour graver d'après le genre heurté — ID., ib. p. 55

Par extension.

  • Le pigeon heurté, c'est-à-dire masqué comme d'un coup de pinceau noir, bleu, jaune ou rouge, au-dessus du bec seulement et jusqu'au milieu de la tête, avec la queue de la même couleur et tout le reste du corps blanc, est un pigeon fort recherché des curieux — BUFF., Ois. t. IV, p. 339

4Terme de littérature. Style heurté, style dont les pensées ne se suivent pas ou se lient difficilement, dont les expressions font entre elles des contrastes durs. encore relevé aujourd’hui

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « heurté » du Wiktionnaire.

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