imputer

nature
ver
diction
[ɛ̃pyte] · 3 syllabes
usage
1 par million de mots

Sens et définitions

Verbe 4

  1. Attribuer à quelqu’un une chose digne de blâme.
    • Sous le titre allusif « le poids de l'administration », il taillait un costume sur mesure à Si Omar et pour ce faire rapportait des propos qu'il imputait à Meyer. Anne Leduc, Le chant du lendemain: Alger, 1962-1969, Bouchène, 2004, page 63
3 emplois spécialisés
  1. Droit Appliquer un paiement à une certaine dette ; déduire une somme, une valeur d’une autre somme, d’une autre valeur, l’en rabattre.
    • L’avancement d’hoirie doit être imputé, doit s’imputer sur la quotité disponible.
  2. Théologie Appliquer aux hommes les mérites de Jésus-Christ.
    • Les mérites de Jésus-Christ nous sont imputés.
  3. Télécommunications Effectuer une imputation.

Conjugaison

Indicatif

Présent

  1. j'impute
  2. tu imputes
  3. il impute
  4. nous imputons
  5. vous imputez
  6. ils imputent

Imparfait

  1. j'imputais
  2. tu imputais
  3. il imputait
  4. nous imputions
  5. vous imputiez
  6. ils imputaient

Passé simple

  1. j'imputai
  2. tu imputas
  3. il imputa
  4. nous imputâmes
  5. vous imputâtes
  6. ils imputèrent

Futur simple

  1. j'imputerai
  2. tu imputeras
  3. il imputera
  4. nous imputerons
  5. vous imputerez
  6. ils imputeront

Passé composé

  1. j'ai imputé
  2. tu as imputé
  3. il a imputé
  4. nous avons imputé
  5. vous avez imputé
  6. ils ont imputé

Plus-que-parfait

  1. j'avais imputé
  2. tu avais imputé
  3. il avait imputé
  4. nous avions imputé
  5. vous aviez imputé
  6. ils avaient imputé

Passé antérieur

  1. j'eus imputé
  2. tu eus imputé
  3. il eut imputé
  4. nous eûmes imputé
  5. vous eûtes imputé
  6. ils eurent imputé

Futur antérieur

  1. j'aurai imputé
  2. tu auras imputé
  3. il aura imputé
  4. nous aurons imputé
  5. vous aurez imputé
  6. ils auront imputé

Subjonctif

Présent

  1. j'impute
  2. tu imputes
  3. il impute
  4. nous imputions
  5. vous imputiez
  6. ils imputent

Imparfait

  1. j'imputasse
  2. tu imputasses
  3. il imputât
  4. nous imputassions
  5. vous imputassiez
  6. ils imputassent

Passé

  1. j'aie imputé
  2. tu aies imputé
  3. il ait imputé
  4. nous ayons imputé
  5. vous ayez imputé
  6. ils aient imputé

Plus-que-parfait

  1. j'eusse imputé
  2. tu eusses imputé
  3. il eût imputé
  4. nous eussions imputé
  5. vous eussiez imputé
  6. ils eussent imputé

Conditionnel

Présent

  1. j'imputerais
  2. tu imputerais
  3. il imputerait
  4. nous imputerions
  5. vous imputeriez
  6. ils imputeraient

Passé

  1. j'aurais imputé
  2. tu aurais imputé
  3. il aurait imputé
  4. nous aurions imputé
  5. vous auriez imputé
  6. ils auraient imputé

Impératif

Présent

  1. impute
  2. imputons
  3. imputez

Passé

  1. aie imputé
  2. ayons imputé
  3. ayez imputé

Formes impersonnelles

Infinitif présent
imputer
Participe présent
imputant
Participe passé
imputé

Citation

Ils voudraient bien, s'ils pouvaient, imputer à leur mérite ce qu'ils doivent à l'assistance de leur ami
François de Malherbe, Traité des bienf. de Sénèque, II, 23

Origine du mot

Du latin imputare.

Dans le dictionnaire latin : imputare

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

IMPUTER v. a. (in-pu-té)

1Terme de finance et de jurisprudence. Porter en compte, appliquer un payement à une certaine dette ; déduire une somme, une valeur sur une autre, l'en rabattre (le sens propre du latin imputare étant porter sur le compte de). L'avancement d'hoirie doit être imputé sur la quotité disponible. encore relevé aujourd’hui

2Fig. Mettre au compte moral d'une personne.

  • La foi d'Abraham lui fut imputée à justice — SACI, Bible, St Paul, Ép. aux Rom. IV, 9
  • Une action ne peut être imputée à péché, si.... — PASC., Prov. IV
2 autres citations
  • Les péchés de surprise ne pourraient être imputés — ID., ib.
  • Il ne faut point imputer les conséquences à qui les nie — BOSSUET, 3e avert. 2

Terme de théologie. Mettre au compte de l'homme, en parlant des mérites de Jésus-Christ.

  • Il [Piscator] dit que la justice de Jésus-Christ qui nous était imputée, n'était pas celle qu'il avait pratiquée dans tout le cours de sa vie, mais celle qu'il avait subie en portant volontairement la peine de notre péché sur la croix — BOSSUET, Var. XII, § 27

3Fig. Attribuer à, avec l'idée d'éloge ou de blâme. encore relevé aujourd’hui

  • Je ne l'impute point à l'injure du sort — MALH., VI, 36
  • Ils voudraient bien, s'ils pouvaient, imputer à leur mérite ce qu'ils doivent à l'assistance de leur ami — ID., Traité des bienf. de Sénèque, II, 23
11 autres citations
  • On nous imputerait ce mauvais artifice — CORN., Hor. II, 8
  • Mais je sais que chacun impute, en cas pareil, Son bonheur à son industrie ; Et, si de quelqu'échec notre faute est suivie, Nous disons injures au sort — LA FONT., Fabl. III, 14
  • Il ne faut imputer mon silence qu'à mon peu de loisir — BOSSUET, Lett. Corn. 46
  • Telle était son habileté que.... lorsqu'il était vaincu, on ne pouvait en imputer la faute qu'à la fortune — FLÉCH., Turenne.
  • Ou ne dois-je imputer qu'à votre seul devoir L'heureux empressement qui vous porte à me voir ? — RAC., Andr. II, 2
  • Nos superbes vainqueurs, insultant à nos larmes, Imputent à leurs dieux le bonheur de leurs armes — ID., Esth. I, 4
  • À l'amour de Pharnace on impute mes pleurs ! — ID., Mithr. II, 6
  • Seigneur, je crois surtout avoir fait éclater La haine des forfaits qu'on ose m'imputer — ID., Phèdre, IV, 2
  • Je ne veux pas vous imputer mon malheur, et je n'en accuse que moi — LE SAGE, Diabl. boit. t. V, p. 72, dans POUGENS
  • Imputons à nos romans ces défauts du théâtre, et plaignons le plus beau génie qu'eut la France, d'avoir été asservi aux plus ridicules usages — VOLT., Comm. Corn. Rem. Pompée, IV, 3
  • Mais, dis, sens-tu ce trouble, et ce secret murmure Qu'un préjugé vulgaire impute à la nature ? — ID., M. de César, III, 2

Imputer à. .. suivi d'un substantif sans article, attribuer ce qui est exprimé par ce substantif.

  • Peuple qui me veux mal et m'imputes à vice D'avoir été payé d'un fidèle service.... — MALH., V, 4
  • Et a voulu taxer de légèreté une action qui fut imputée à grandeur de courage par ceux qui en furent les témoins — CORN., Cid, Avertiss.
7 autres citations
  • Vous m'en désavouez, vous l'imputez à crime — ID., Pomp. III, 2
  • Je m'impute à forfait tout ce que j'imagine — ID., Rodog. V, 4
  • Je crains, sire, dit-il, qu'un rapport peu sincère Ne m'ait à mépris imputé D'avoir différé cet hommage — LA FONT., Fabl. VIII, 3
  • On y voit [dans les églises de l'Orient] tout le culte des images qu'on nous impute à idolâtrie — BOSSUET, 3e avert. 10
  • Cette entreprise, par laquelle vous prétendez vous honorer, ne vous sera pas imputée à gloire par le Seigneur notre Dieu — BOSSUET, Polit. VII, V, 10
  • Ils ont donc raison de ne pas vouloir qu'on leur impute leur soumission à faiblesse — ID., Var. 5e avert. § 16
  • Il [Cicéron] confie ses justes plaintes à sa femme et à son ami, et on impute à lâcheté sa franchise — VOLT., Rome sauvée. Préf.

On dit quelquefois dans le même sens : imputer pour.

  • Accusez-moi plutôt.... Et m'imputez pour crime un trop parfait amour — CORN., Tite et Bérén. III, 5
  • On ne peut pas imputer pour une faute au procureur constitué, si.... — DOMAT, Lois civiles, 1re part. liv. I, tit. 15, sect. III, 5

Imputer de, avec l'infinitif.

  • Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison — CORN., Cid, I, 9
  • Et je m'imputais même à trop de vanité De trouver entre nous quelque inégalité — ID., Héracl. III, 1
1 autre citation
  • Pourrait-il m'imputer de craindre le trépas ? — MAIRET, Mort d'Asdr. II, 1

Imputer que, avec le verbe à l'indicatif.

  • Imputer à de telles gens qu'ils sont soumis par faiblesse, ou modestes par crainte, ce n'est pas vouloir seulement déshonorer le christianisme, mais encore vouloir obscurcir la vérité même plus claire que le soleil — BOSSUET, Var. 5e avert. § 16

S'imputer, imputer à soi.

  • Il s'impute à péché la moindre bagatelle — MOL., Tart. I, 6
  • Ne vous imputez point le malheur qui m'opprime — RAC., Mithr. IV, 2
2 autres citations
  • La désolation de l'État augmentée par les divisions ordinaires aux malheureux qui s'imputent les uns aux autres les calamités publiques — VOLT., Louis XIV, 10
  • Ils osèrent dire au gouvernement que c'était à lui à s'imputer les malheurs et les fautes de la compagnie — RAYNAL, Hist. phil. IV, 25

4 Attribuer.

  • Ils diront qu'on impute un faux nom à Léonce — CORN., Héracl. III, 4
  • On m'a imputé des vers insolents contre son Éminence — SCARR., Œuv. t. I, p. 268
1 autre citation
  • Vous m'imputez un poëme sur la religion naturelle ; je n'ai jamais fait de poëme sous ce titre ; j'en ai fait un, il y a environ trente ans, sur la loi naturelle, ce qui est très différent — VOLT., Lett. Cogé, 27 juill. 1767

5 S'imputer, v. réfl. Être imputé, mis en compte. Les payements faits par un débiteur s'imputent sur les dettes qui lui sont le plus à charge. encore relevé aujourd’hui

Fig. Être attribué à.

  • Elle.... ne souffrira pas Que ce change s'impute à son manque d'appas — CORN., Galer. du pal. III, 1
  • C'est un point délicat ; et de pareils forfaits, Sans les bien avérer, ne s'imputent jamais — MOL., Sgan. 12
Historique

XIIIe s.

  • Si parla l'en de ces clers riches, Et des prestres avers [avares] et chiches, Qui ne font bonté ne honour à evesque ne à seignour ; Cil prestres i fut emputeiz [accusé] — RUTEB., 275

XIVe s.

  • Madame. je te prie que tu ne vueilles imputer à moy ce dont je suis contraint de faire — Ménagier, I, 6
  • Ce que nous faisons par ire et en concupiscence est chose involuntaire, et ne nous doit pas estre imputé à mal — ORESME, Eth. 62

XVe s.

  • Cil li respont isnel le pas : Voir, très chier ami te repute ; Or ne doubte nul qui t'empute [accuse] ; Car devant le roy m'en iray Pour toy, et te delivreray — Myst. Barlaam et Jos. dans GUI DE CAMBRAI, p. 391
  • Je ne lui veux point du tout imputer l'occasion de la guerre — COMM., IV, 13

XVIe s.

  • Bienheureux celui auquel Dieu impute ou alloe la justice sans œuvres ! — CALV., Inst. 571
  • Pourquoi Dieu imputeroit il à vice aux hommes les choses desquelles il leur a imposé necessité ? — ID., ib. 862
Étymologie

Lat. imputare, porter en compte, de in, en, et putare compter (voy. PUTATIF).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « imputer » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire · Signaler une erreur sur cette fiche