lecteur
- nature
- nom masculin
- diction
- [lɛktœʁ] · 2 syllabes
- attesté
- 1301
- usage
- 15 par million de mots
- parenté
- lire
Sens et définitions
Nom 14
-
Celui qui lit seul et silencieusement un texte.
- – Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère ! Charles Baudelaire
-
Personne qui lit à haute voix pour une ou plusieurs personnes.
- C’est un lecteur médiocre, sa voix est monotone.
-
Personne dont l’office, la fonction est de faire la lecture à un personnage important pour le distraire.
- — A propos, dit-il en me rappelant, Marçais vous a-t-il prévenu que vous aurez peut-être l’occasion d'utiliser parfois votre talent de lecteur auprès de la grande-duchesse ? Pierre Benoit, Kœnigsmark, 1918
-
Professionnel, employé chargé de choisir les manuscrits que la maison d’édition publiera. Employé d’imprimerie, relecteur, correcteur.
- Le lecteur dans une maison d’édition (dont la tâche était de choisir parmi les manuscrits qui lui parvenaient) disparaît au profit de l’initiateur et du concepteur : une très grande partie des livres sont aujourd’hui l’objet de commande. Jean-Marie Bouvaist, Crise et mutations dans l’édition française, Éditeur Ministère de la culture et de la francophonie, 1993
-
Répétiteur auxiliaire, adjoint au professeur d’une langue ou d’une littérature étrangère, chargé spécialement de l’enseignement pratique de la langue parlée ou écrite, dans certaines universités de divers pays.
- Lecteur français, lecteur en langue française à l’Université d’Upsal.
-
Appareil ou logiciel destiné à transcrire des données codées (texte, image, son, vidéo) en informations compréhensibles par son utilisateur.
- Lecteur de code-barres.
-
Boîtier permettant de lire tout ou partie des données informatisées d’une carte à puce et parfois de les afficher en clair sur un écran.
absent du Littré
- Le vol au collet marseillais était une arnaque découverte pour la première fois à Marseille qui consistait à bloquer les cartes bleues grâce à un collet (quelquefois, un simple ticket de métro) apposé sur les lecteurs de distributeurs. Christophe Petit, Trois coups de sang: Une enquête du détective Karbaï, Editions L'Harmattan, 2017, p. 23
7 emplois spécialisés
-
Histoire
Régent ou docteur qui enseignait la philosophie, la théologie, dans certains ordres religieux.
- Un tel, lecteur en théologie, lecteur en philosophie.
-
Catholicisme
Celui qui occupe la charge de lectorat, ministère (jusqu’au concile Vatican II : ordre mineur) dans l’Église consistant en la mission de lire la parole divine devant l’assemblée lors des célébrations liturgiques
- Le lecteur est institué pour la fonction, qui lui est propre, de lire la parole de Dieu dans l’assemblée liturgique. Paul VI, Ministeria Quaedam, Lettre apostolique du 15 août 1972
-
Informatique
Espace de stockage centralisé accessible par plusieurs ordinateurs en réseau.
- Connexion d’un lecteur réseau.
- Composants électroniques Appareil audiovisuel qui permet de restituer des sons, des images, des textes enregistrés sur un support.
- Informatique Dispositif électronique manuel, servant à lire les caractères optiques dactylographiés ou imprimés, et employé surtout pour lire les codes à barres.
- Informatique Dispositif capable de lire des données sur un support de stockage et dans la plupart des cas, d'y écrire des informations.
- Techniques et équipement Ensemble,démontable ou non, comprenant la tête de lecture et le bras de lecture.
Citation
On dit qu'avec cette charge d'écuyer il en vaque une de lecteur ; je suis bien sûr que ce n'est pas un bénéfice simple chez Mme du Maine comme chez le roi
Origine du mot
Du latin lector (« celui qui lit pour soi ou pour les autres »).
Dans le dictionnaire latin : lector
1873 — le Littré
LECTEUR, TRICE s. m. et f. (lè-kteur, tri-s')
1 Celui, celle qui lit à haute voix et devant d'autres personnes. C'est un excellent lecteur. encore relevé aujourd’hui
- De leurs vers fatigants lecteurs infatigables — MOL., Femmes savantes, III, 5
- Je suis, de plus, sa lectrice ordinaire ; Ma manière de lire a le don de lui plaire — COLLIN D'HARLEVILLE, Chât. en Esp. III, 2
Dans les maisons religieuses, lecteur, lectrice, celui, celle qui fait la lecture pendant le repas.
Dans les maisons d'éducation, lecteur ou lectrice de semaine, celui, celle qui lit au réfectoire pendant une semaine.
Chez les princes, celui, celle qui a la fonction de leur faire la lecture à haute voix. Lecteur du roi. Lectrice de la reine.
- On dit qu'avec cette charge d'écuyer il en vaque une de lecteur ; je suis bien sûr que ce n'est pas un bénéfice simple chez Mme du Maine comme chez le roi — VOLT., Lett. Mme du Deffant, 1732
2 Celui qui lit seul et des yeux quelque ouvrage. Cet ouvrage a peu de lecteurs. Cet homme est un grand lecteur. encore relevé aujourd’hui
- Un auteur à genoux, dans une humble préface, Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce, Il ne gagnera rien sur ce juge irrité — BOILEAU, Sat. IX
- Un lecteur sage fuit un vain amusement, Et veut mettre à profit son divertissement — ID., Art p. IV
4 autres citations
- Rien n'apaise un lecteur toujours tremblant d'effroi, Qui voit peindre en autrui ce qu'il remarque en soi — ID., Sat. IX
- Un lecteur en use avec les livres comme un citoyen avec les hommes : on ne vit pas avec tous ses contemporains ; on choisit quelques amis — VOLT., Mél. litt. Cons. à un journal
- Je prétends soulever les lecteurs détrompés Contre un auteur bouffi de succès usurpés — GILBERT, Mon apologie.
- Leurs ouvrages [des Anglais], qu'on ne lit pas sans fruit, sont trop souvent dépourvus de charmes, et le lecteur y trouve toujours la peine que l'écrivain ne s'est pas donnée — RIVAROL, Dict. univ. de la langue franç. p. 19
En ce sens, il peut se dire d'une femme.
- Je suis charmé d'avoir pour lecteur cette femme aussi aimable qu'estimable, qui vous a échu en partage dans la grande loterie de la vie humaine — BONNET, Lett. div. Œuv. t. XII, p. 465, dans POUGENS
Mais cet emploi ne peut que s'excuser, et on doit dire lectrice. Les lectrices de cet ouvrage sont plus nombreuses que les lecteurs.
Avis au lecteur, espèce de petite préface.
- Si l'on ôte de beaucoup d'ouvrages de morale l'avertissement au lecteur, l'épître dédicatoire, la préface, la table, les approbations, il reste à peine assez de pages pour mériter le nom de livre — LA BRUY., I
Fig. Avis au lecteur, c'est un avis au lecteur, se dit d'un conseil ou d'un reproche exprimé d'une manière indirecte et générale. Vous entendez bien ce qu'il vient de dire, c'est un avis au lecteur.
Il se dit aussi de quelque chose qui peut servir d'avertissement.
- C'est bien assez.... que.... à si bon compte encor je m'en sois trouvé quitte ; Ceci doit s'appeler un avis au lecteur — MOL., l'Ét. III, 4
- Je suis bien aise de voir votre amitié, et d'avoir entendu le beau panégyrique que vous avez fait de moi ; voilà un avis au lecteur qui me rendra plus sage à l'avenir — ID., Mal. imag. III, 18
1 autre citation
- Bientôt se ralluma la discorde civile [à Capoue], Et bientôt l'étranger, s'emparant de la ville, Mit sous un même joug et peuple et sénateurs ; Français, ceci s'appelle un avis aux lecteurs — ANDRIEUX, le Procès du sénat de Capoue.
3 Chez quelques ordres religieux, régent, professeur enseignant la théologie, la philosophie. encore relevé aujourd’hui
4 Lecteur royal, nom donné autrefois aux professeurs du Collége de France.
- Joseph Privat de Molières, prêtre, lecteur et professeur de philosophie au Collége royal — MAIRAN, Éloge de Molières.
5Terme de musique. Celui qui lit aisément la musique, qui l'exécute à livre ouvert. C'est un fort bon lecteur. Il n'est pas lecteur.
6Terme de correction typographique. Celui qui lit les épreuves et les corrige. M. Sommer passait pour un excellent lecteur.
7Terme d'Église. Nom d'un des quatre ordres mineurs de la prêtrise.
- Sisinne, qui n'était encore que lecteur dans leur Église [des novatiens] — FLÉCH., Hist. de Théod. III, 19
8 Se dit, dans les universités d'Allemagne et des Pays-Bas, d'un fonctionnaire qui occupe un rang inférieur à celui de professeur.
Historique
XIVe s.
- Je crois que Regnard a esté lecteur [professeur] as ordres des trois estas ; car clers, nobles et gens de labour usent de sa doctrine, je ne dis pas tous, mais les plus — Modus, f° LXVII
XVIe s.
- Amy lecteur — PARÉ, XX, Préf.
- Un lecteur studieux — M. DU BELLAY, Prolog.
Étymologie
Provenç. lectre, lector ; espagn. lector ; portug. leitor ; ital. lettore ; du lat. lectorem, de legere, lire. Le provençal lectre est le nominatif, de léctor ; lector est le régime, de lectórem. Ce nominatif serait en français litre, dénomination qui s'était conservée dans une église :
- Litre ou lecteur, espèce d'officier dans la cathédrale d'Auxerre — LEBŒUF, Hist. des évêques d'Auxerre, p. 800, dans LACURNE
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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