lueur

nature
nom féminin
diction
[lɥœʁ] · 1 syllabe
attesté
1101
usage
54 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Lumière faible ou affaiblie.
    • La veilleuse éclairait Carmen d’une pâle lueur rose. Octave Mirbeau, Contes cruels : La Chanson de Carmen (1882)
  2. figuré Légère apparence.
    • Avoir une lueur d’espérance.

Citation

Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants, Entrant à la lueur de nos palais brûlants
Jean Racine, Andr. III, 8

Origine du mot

Du bas latin *lūcor dérivé de lucere (« luire »).

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

LUEUR s. f. (lu-eur)

1 Lumière qui n'a pas un plein éclat.

  • Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants, Entrant à la lueur de nos palais brûlants — RAC., Andr. III, 8
  • Il poursuit à la lueur du feu les troupes qui s'enfuient — FÉN., Tél. XVI
3 autres citations
  • La lueur douce et pure de la lune embellissait son visage — STAËL, Corinne, XIII, 4
  • [Feux follets] Vous qui trompez par des lueurs perfides Le voyageur charmé dont l'erreur vous poursuit — C. DELAV., Paria, I, 5
  • Soudain à leurs regards une lueur rampante En bleuâtres sillons sur la hauteur serpente — V. HUGO, Ball. VIII

Fig.

  • Le reste de lueur qu'il [mon esprit] a paru jeter, S'éteint sous tant de coups qu'on vient de me porter — LEMERCIER, Charles VI, V, 4

2 Légère apparence. repris par le Wiktionnaire

  • Je prie Dieu que les lueurs d'espérance pour une de vos filles [un mariage] puissent réussir — SÉV., 13 oct. 1675
  • Il entrevoit les premières lueurs de sa grandeur future [de Jésus-Christ] — MASS., Pet. car. Tentat.
6 autres citations
  • Pendant ce temps-là, il eut des lueurs de fortune, dont il ne fut point ébloui — D'OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 396, dans POUGENS
  • À de fausses lueurs vous laissez-vous séduire ? — CRÉBILLON, Catilina, V, 2
  • Copernic avait eu quelque faible lueur de cette idée [gravitation] — VOLT., Newt. III, 3
  • Je vois des singes, des éléphants, des nègres qui semblent tous avoir quelque lueur de raison imparfaite — ID., Traité métaph. ch. 1
  • Le règne seul de Charlemagne eut une lueur de politesse qui fut probablement le fruit du voyage de Rome ou plutôt de son génie — ID., Mœurs, 17
  • Ton feu n'est que lueur, ta beauté n'est que fard — A. CHÉN., Iambes, le jeu de paume.
Historique

XIIe s.

  • Il ne voit plus ne luor ne clarté — Roncisv. 91

XIIIe s.

  • [La sainte Vierge] Solaux qui le monde enlumine, Lune sanz lueur transitoire — RUTEB., II, 12
  • Si cume li soleil le jur Tolt [enlève] as esteiles lur luur — MARIE, Purgat. 1877
1 autre citation
  • Et se dormirent sanz fauser, Tant que li biaus jors parut cler, Qui lor a rendue luor — Ren. 22633

XIVe s.

  • Une hache portoit qui getoit grant luour — Baud. de Seb. IX, 41

XVIe s.

  • D'entre eulx plusieurs aveugles du coup du gresil et lueur de la neige — MONT., I, 262
Étymologie

Berry, lieur (monosyllabe) ; provenç. lugor ; de lucere, luire, par un substantif abstrait formé du radical du verbe. Lucere tient au sanscrit ruc, briller.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « lueur » du Wiktionnaire.

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