ombrage

nature
nom masculin
diction
[ɔ̃bʁaʒ] · 2 syllabes
usage
2 par million de mots
parenté
ombre

Sens et définitions

Nom 7

  1. Ensemble des branches et des feuilles des arbres, qui produit de l’ombre.
    • C’était là, oui là, sous ces ombrages propices au doux repos et aux austères méditations que tous les jours, tous les matins, de dix heures à midi, les couples revenant du marché s’arrêtaient et faisaient des stations, des stations… trop longues pour être honnêtes. Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921
  2. Ombre donnée par cet ensemble de feuillage.
    • Les experts ne contredisent pas cet effet : les arbres permettraient de gagner jusqu’à 7 °C entre le milieu de la rue et leur ombrage, d'après une étude scientifique. Marie Scharff, « Végétalisation des villes : des avantages prouvés et des freins à dépasser », actu-environnement.com, 20 juin 2024, page consultée le 21 juin 2024
  3. figuré Malaise provenant de la crainte d’être éclipsé par une autre personne.
    • Naguère encore, une certaine intransigeance, qu’on croit pouvoir attribuer aux opinions de monsieur Lantaigne, aurait peut-être donné de l’ombrage aux pouvoirs publics, animés d’une fâcheuse défiance à l’égard du clergé. Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann Lévy, 1897, réédition Bibliothèque de la Pléiade, 1987, pages 930-931
4 emplois spécialisés
  1. Intelligence artificielle Rendu d'un objet obtenu en calculant les luminosités de sa surface en fonction de la position des sources de lumière et de la manière dont elles illuminent l'objet et les objets voisins.
  2. Optique Technique de microscopie électronique consistant à couvrir les objets d'une mince pellicule de métal lourd pour renforcer le contraste de l'image.
  3. Transformation de l'énergie Protection contre l'apport thermique engendré par le rayonnement solaire direct.
  4. Protection des végétaux Dispositif naturel (feuillage) ou artificiel (filet, écran, ...) qui diminue l'intensité du rayonnement solaire direct.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de ombrager.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de ombrager.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de ombrager.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de ombrager.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de ombrager.

Citation

Je trouve des promenades que j'ai faites, et dont le plant me donne un ombrage qui me fait souvenir que je ne suis pas jeune
Madame de Sévigné, Lettre à Bussy, 9 oct. 1675

Origine du mot

Provenç. umbratge ; du lat. umbraticus, qui vient de umbra, ombre. Dans l'ancienne langue, ombrage est adjectif et signifie soit ombreux, obscur : — Littré, 1873

1873 — le Littré

OMBRAGE s. m. (on-bra-j')

1 Réunion d'arbres, de branches, de feuilles qui donnent de l'ombre. encore relevé aujourd’hui

  • Les cerfs sont étonnés d'y perdre leurs ombrages — ROTR., Herc. mour. V, 1
  • Mes arrière-neveux me devront cet ombrage — LA FONT., Fabl. XI, 8
2 autres citations
  • Je trouve des promenades que j'ai faites, et dont le plant me donne un ombrage qui me fait souvenir que je ne suis pas jeune — SÉV., Lettre à Bussy, 9 oct. 1675
  • Je reposais sous l'ombrage, Quand Néris vint m'éveiller — BÉRANG., Double ivr.

Poétiquement. Les ombrages verts, l'ombre que font les arbres quand ils sont garnis de leurs feuilles.

2Par analogie. Obscurcissement, absence de lumière.

  • Prenez garde comme l'art de la peinture y est bien observé, soit aux raccourcissements, soit aux ombrages ou aux proportions — D'URFÉ, Astrée, I, 11
  • Et j'ai devant les yeux toujours quelque nuage Qui m'offusque la vue et m'y jette un ombrage — CORN., Nicom. III, 4
2 autres citations
  • Nos sens sont des trompeurs dont les fausses images à notre entendement n'offrent rien d'assuré, Et ne lui font rien voir qu'à travers cent nuages Qui jettent mille ombrages Dans l'œil mal éclairé — ID., Imit. I, 3
  • Comme le jour des nuits efface les ombrages, Ou comme le soleil dissipe les nuages — SENECÉ, Lett. à Mme ***.

Faire ombrage, projeter une ombre qui nuit.

  • Je fais jeter de grands arbres à bas, parce qu'ils font ombrage — SÉV., 28 juin 1671

3Fig. Soupçon, défiance (attendu que l'ombre excite la défiance et l'inquiétude, particulièrement chez les chevaux).

  • Ton esprit amoureux n'aura-t-il point d'ombrage ? — CORN., Cid, II, 3
  • L'un conçoit de l'envie et l'autre de l'ombrage — ID., Poly. III, 1
5 autres citations
  • Grâces aux immortels, l'effort de mon courage Et ma grandeur future ont mis Rome en ombrage — ID., Nicom. II, 3
  • La prudence et l'honnêteté peuvent bien diminuer la jalousie que l'intérêt fait naître entre les égaux ; mais elles ne peuvent jamais ôter tout l'ombrage que met dans l'esprit des supérieurs le soin de leur sûreté — RETZ, Conjur. Fiesque.
  • Quand d'un injuste ombrage Votre raison saura me réparer l'outrage — MOL., D. Garc. I, 3
  • Vivez, solennisez vos fêtes sans ombrage — RAC., Athal. III, 4
  • Son humeur aigrie et portée à la défiance et aux ombrages par des malheurs continuels — J. J. ROUSS., Corresp. t. VI, p. 392, dans POUGENS

Faire ombrage, causer de l'inquiétude, des soupçons.

  • Tout vous nuit, tout vous perd, tout vous fait de l'ombrage — CORN., Poly. V, 1
  • Un visir aux sultans fait toujours quelque ombrage — RAC., Bajaz. I, 1
2 autres citations
  • Il pourrait même, sans un grand raffinement d'amour-propre, être humilié de cette bienveillance dédaigneuse, et se plaindre de ne faire à personne assez d'ombrage pour mériter au moins un ennemi — D'ALEMB., Élog. St-Aulaire.
  • On murmure, on m'alarme, et tout me fait ombrage — VOLT., Oreste, II, 3

Prendre ombrage, devenir jaloux, se chagriner, s'inquiéter.

  • Si bien que le sénat, prenant un juste ombrage D'un empire si grand sous un si grand courage.... — CORN., Nicom. I, 5
  • Et mon mari, de vous, ne peut prendre d'ombrage — MOL., Tart. IV, 4
1 autre citation
  • Tout autre aurait pour moi pris les mêmes ombrages — RAC., Phèd. II, 5

Donner ombrage, donner de la jalousie, de l'envie, de l'inquiétude.

  • Le moindre vaisseau dans la plage Nous donne aussitôt de l'ombrage — SCARRON, Virg. I
  • Je sais qu'Idoménée a eu le malheur de vous donner des ombrages ; mais il est aisé de guérir toutes vos défiances — FÉN., Tél. X
1 autre citation
  • Sous Domitien, la religion chrétienne commença à donner quelque ombrage au gouvernement — VOLT., Dict. phil. Église.
Historique

XIIIe s.

  • Fai nous œil à œil sans ombrage, Face à face, non par image, Ton fill veoir en majesté — le Miserere du reclus de Moliens, dans GODEFROY, Lex. de Corneille

XVIe s.

  • Un cler ruisseau bruyant près de l'umbrage — MAROT, III, 293
  • Ils ont aperceu seulement de loin et en ombrage ce que nous voyons aujourd'hui en pleine clarté — CALV., Instit. 268
6 autres citations
  • Ce sont des ombrages qui leur viennent de quelques conceptions informes — MONT., I, 188
  • Cette femme sentant les premiers ombrages de grossesse.... — ID., II, 14
  • Ils sacrifioient des pourceaux en figure, payants Dieu en peincture et en umbrage — ID., II, 136
  • Epicurus tient l'homme sage n'avoir qu'un umbrage et similitude du bonheur — ID., II, 268
  • Les dogmatistes les plus fermes sont contraints en cet endroit, de se rejecter à l'abry des umbrages de l'Academie — ID., II, 304
  • Tes bois Dont l'ombrage incertain lentement se remue — RONS., Forêt de Gastine.
Étymologie

Provenç. umbratge ; du lat. umbraticus, qui vient de umbra, ombre. Dans l'ancienne langue, ombrage est adjectif et signifie soit ombreux, obscur : ; soit ombrageux :

  • La prison onbrage — QUESNES, Romanc. p. 94
  • Gardés que vous ne soiiez ombrage vers lui, ne changeans de vostre talent — H. DE VALENC., XII

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « ombrage » du Wiktionnaire.

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