oreiller
- nature
- nom masculin
- diction
- [oʁeje] · 3 syllabes
- attesté
- 1140
- usage
- 34 par million de mots
Sens et définitions
Nom 1
-
Coussin qui sert à soutenir la tête quand on est couché.
- Allons, ajouta-t-il en replaçant ma tête sur l’oreiller, tranquillisez-vous, on vous soigne bien. Octave Mirbeau, La Chambre close, Ernest Flammarion, Paris, 1920
Verbe 1
-
Entendre, écouter.
- Et si j’étais œillé et oreillé depuis toujours ? Jean-Pierre Andrevon, Le Travail du furet, Le Livre de poche, 1990, page 160
Citation
Alexandre mettait Homère sous son oreiller ; Scipion y mit Xénophon
Origine du mot
Oreille ; bourguign. orillier ; provenç. aurelhier. — Littré, 1873
1873 — le Littré
OREILLER s. m. (o-rè-llé ; l'r ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des o-rè-llé-z en plumes)
1 Coussin qui soutient la tête quand on est couché. encore relevé aujourd’hui
- Alexandre mettait Homère sous son oreiller ; Scipion y mit Xénophon — DIDER., Opin. des anc. philos. (Romains).
- Sénèque dit : l'homme fort se reconnaît jusque sur son oreiller — ID., Claude et Nér. II, 28
2 autres citations
- Rose, partons ; voici l'aurore ; Quitte ces oreillers si doux — BÉRANG., Champs.
- En philosophe, hier sur l'oreiller, J'ai mis mon âme en train de babiller — ID., Métempsyc.
2Fig. Ce qui est pour l'esprit ou la conscience ce qu'est un oreiller dans un lit.
- Il [Montaigne, IV, 244, où il y a non oreiller, mais chevet] montre.... que l'ignorance et l'incuriosité sont deux doux oreillers pour une tête bien faite — PASC., Entret. avec M. de Saci
- Cette vérité est un oreiller sur lequel on peut dormir en repos ; le reste est un éternel sujet d'arguments pour et contre — VOLT., Lett. d'Argenson, 6 nov. 1770
4 autres citations
- Vous avez acquis de la gloire, et lui [Sirven] du repos ; ce sont deux bons oreillers sur lesquels on peut dormir à son aise — ID., Lett. de la Croix, 6 déc. 1771
- Un autre oreiller de paresse dans toute affaire un peu longue, quoique aisée, était pour lui l'incertitude que le temps jette sur les succès qui dans l'avenir semblent les plus assurés — J. J. ROUSS., 2e dialogue.
- Exercez-vous donc sans maître ; ne le pouvez-vous pas ? restez dans l'ignorance, c'est un oreiller assez doux pour bien des têtes — CONDILLAC, Lang. calc. II, 5
- Pour qui s'épuise à travailler, La mort est un doux oreiller — BÉRANG., Jacques.
3Terme de marine. Pièce de bois qui croise les deux varangues opposées de la membrure d'un bâtiment, afin de les fortifier.
4 Coussin de toile rembourrée que les couteliers mettent au-dessus de la roue à repasser, afin de pouvoir s'y appuyer.
5Terme de métallurgie. Oreiller d'un soufflet, partie placée dans le culeton pour maintenir les bords.
Historique
XIIe s.
- [Un haubert] Ne peise gaires plus d'un oreiller — Gérard de Ross. p. 316
XIIIe s.
- Coiffes à dames, et toies [taies] à orilliers et de paveillons que on met pardesus les autex.... — Liv. des mét. 85
- D'une pierre a fait orillier, Si commença à someillier — Ren. 1529
XIIe s.
- Et puis s'assieent à menger, De l'erbe vert font oriller — Modus, f° cx, verso
- La grande baniere et cinq orellierz d'autel — Bibl. des ch. 4e série, t. v, p. 160
XVe s.
- Un escu d'argent à trois oreillers de gueules — FROISS., I, I, 31
XVIe s.
- Prendre conseil à l'oreiller — GÉNIN, Récréat. t. II, p. 248
Étymologie
Oreille ; bourguign. orillier ; provenç. aurelhier.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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