pertuis

nature
nom masculin
diction
[pɛʁtɥi] · 2 syllabes
attesté
1150
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 7

  1. Ouverture ; trou.
    • Je te salue o vermeillette fante, Qui vivement entre ces flancs reluis : Je te salue o bienheuré pertuis, Qui rens ma vie heureusement contante. Pierre de Ronsard, Livret de folastries, à Janot parisien, édition conforme au texte original de 1553, collationnée sur l’exemplaire de la Bibliothèque de l’Arsenal, augmentée d’une bibliographie de chaque pièce de toutes les variantes, d’un glossaire et
  2. Détroit, passage resserré entre une île et la terre ferme, ou entre deux îles. — (IHO SP-23, 4ᵉ édition (en préparation), Nomenclature des espaces maritimes au 01.01.2004, Commission nationale de toponymie [de France] (CNT), Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM), au nom de l’OHI (Organisation hydrographique internationale), 2004)
    • S’il est assez habituel de les rencontrer dans les pertuis charentais, il est beaucoup plus rare de les rencontrer si près des côtes. journal Sud Ouest, édition Charente-Maritime, 8 juillet 2023, page 19
  3. familier Bouche.
    • […] il avait encore, entre le nez et le menton, un sacré pertuis qui lui coûtait fort cher pour ce qu’il réclamait, étant toujours à sec, de fréquents et copieux arrosages. Louis Pergaud, L’Évasion de Kinkin, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921
4 emplois spécialisés
  1. Marine Trou, ouverture ; en particulier, ouverture pratiquée à une digue pour le passage des bateaux ou celle par laquelle l’eau passe d’une écluse dans un coursier pour faire mouvoir une roue.
  2. Toponymie Étranglement d’un fleuve.
    • Les pertuis de la Loire sont nombreux avant qu’elle n’atteigne la plaine.
  3. Médecine Petit trou dans l’oreille souvent présent au niveau de l’hélix.
  4. Toponymie Détroit, passage resserré entre une île et la terre ferme, ou entre deux îles. IHO SP-23, (en préparation), Nomenclature des espaces maritimes au 01.01.2004, Commission nationale de toponymie [de France] (CNT), Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM), au nom de l’OHI (Organisation hydrographique internationale), 2004.

Origine du mot

De l’ancien français pertuis (« trou ») à partir du verbe ancien français pertuisier (« percer »).

1873 — le Littré

PERTUIS s. m. (pèr-tuî ; l's se lie au pluriel : des pèrtuî-z étroits)

1 Trou, vide qu'on fait en perçant, forant.

  • Dans le pertuis mettant un long cornet — LA FONT., Herm.

2 Trou d'une filière.

Terme de serrurier. L'ouverture qui est au panneton d'une clef.

3 Trou par où se perd l'eau d'un bassin, d'une fontaine, d'un réservoir.

4 Ouverture pratiquée à une digue pour le passage des bateaux. encore relevé aujourd’hui

Ouverture par laquelle l'eau passe d'une écluse dans un coursier, pour faire mouvoir une roue.

5Terme de géographie. Détroit resserré entre une île et la terre ferme, ou entre deux îles. Le pertuis de Maumusson. encore relevé aujourd’hui

Dans le Jura, passage d'un versant à l'autre.

6 Nom donné sur la Seine aux rapides.

  • Au passage des pertuis (c'est ainsi qu'on appelle sur la Seine les rapides formés par les hauts-fonds), la navigation était quelquefois arrêtée pendant des jours entiers — E. GRANGEZ, Voies navigables de France, p. 627

Nom donné, dans une rivière navigable par éclusées, à un endroit resserré où l'on établit le barrage mobile de planches pour retenir l'eau.

Historique

XIIe s.

  • De tote vertut fait à guarnir li entreie del cuer, ke li aguaitant anemi ne la trespercent parmi lo pertuihs de le neglicie pense [pensée négligée] — Job, p. 444

XIIIe s.

  • Moult a soris povre secors, Qui n'a c'ung partuis à refuge — Ren. 13354
  • Levés tost sus, et si bouchiés Tous les partuis de ceste haie — ib. 3703

XVIe s.

  • Le premier bonjour qu'eut son maistre, fut que son hilairet avoit fait un pertuis en l'eau [un trou à la lune], et au deçu de chacun avoit gagné pays — YVER, 643
  • Les pores et petits pertuis invisibles de tout le corps — PARÉ, XI, 15
1 autre citation
  • À tel pertuis telle cheville — COTGRAVE
Étymologie

Picard, pertuis, chas d'une aiguille ; Berry, partus, pertus ; bourguig. polu ; provenç. pertus, pertuis ; ital. pertuso, pertugio ; du lat. pertusus, participe de pertundere, percer, de per, et tundere, battre.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « pertuis » du Wiktionnaire.

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