prostitution

nature
nom féminin
diction
[pʁɔstitysjɔ̃] · 4 syllabes
usage
9 par million de mots
parenté
prostituer

Sens et définitions

Nom 5

  1. figuré Alliance immorale.
  2. figuré Corruption d’un idéal par des intérêts financiers ou de pouvoir.
    • Il y a là une sorte de prostitution des valeurs du judaïsme, qui consiste à se servir d’elles comme couverture pour satisfaire des pulsions et des intérêts patriotiques. Leibowitz, cité dans : Yakov M. Rabkin, Au nom de la Torah: une histoire de l'opposition juive au sionisme, chap. 3 : La Terre d'Israël entre l'exil et le retour, Presses de l'Université Laval, 2004, p. 90
3 emplois spécialisés
  1. Sexualité Pratique sexuelle contre rémunération au sens large (souvent de l’argent, mais aussi avantages en nature, services, etc.).
    • Lucien et son compagnon le forçat ont pu se soutenir plus longtemps que Cogniard en face du monde, en tirant leurs ressources de la prostitution de ladite Esther, autrefois fille soumise. Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, troisième partie
  2. Christianisme Fait de s’abandonner à l’idolâtrie.
    • Jud. v. 11. Act. 1. 18. Ose. 9. 1. Dilexisti mercedem, suppl, meretriciam : Vous avez aimé, ô Israël, la récompense de votre prostitution aux idoles : […]. Abbé Huré, « Merces », dans le Dictionnaire de philologie sacrée, volume 2; le volume 6 de l’Encyclopédie théologique, Paris : chez Migne, 1846, page 1049
  3. Religion Pratique sexuelle sacrée.
    • C’est le jour des prostitutions sacrées. Corinthe, heureuse, est pavoisée. Des banderoles flottent au vent partout, portant peintes les formes sexuelles qu’en ce jour la ville, dévouée à Aphrodite, honore comme les premières formes des dieux. Renée Dunan, Ces Dames de Lesbos, 1928

Citation

Vous leur immolez donc l'honneur de Théodore, à ces dieux dont enfin la plus sainte action N'est qu'inceste, adultère et prostitution ?
Pierre Corneille, Théod. III, 1

Origine du mot

Du latin prostitutio.

Dans le dictionnaire latin : prostitutio

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

PROSTITUTION s. f. (pro-sti-tu-sion ; en vers, de cinq syllabes)

1 Abandonnement à l'impudicité.

  • Vous leur immolez donc l'honneur de Théodore, à ces dieux dont enfin la plus sainte action N'est qu'inceste, adultère et prostitution ? — CORN., Théod. III, 1
  • On ne peut lire sans étonnement les honneurs qu'il fallait à Vénus, et les prostitutions qui étaient établies pour l'adorer — BOSSUET, Hist. II, 5
1 autre citation
  • La prostitution publique des femmes à Babylone, non-seulement autorisée par les lois, mais commandée par la religion même dans une certaine fête — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 451, dans POUGENS

Lieu de prostitution, maison de débauche.

  • On alarme sa pudeur [d'Agnès] en la traînant dans un lieu de prostitution et de honte — MASS., Panég. Agnès.

2Fig. Vil abandon qu'on fait des choses morales. La prostitution de la justice, des lois.

  • Une lâche prostitution de la conscience — BOSSUET, Déf. Var. 1er disc. 60
  • Le duc de Gesvres avait ajouté, sur son compte, toutes les prostitutions qui se peuvent proférer — SAINT-SIMON, 73, 193

3Terme de l'Écriture. Abandonnement à l'idolâtrie. encore relevé aujourd’hui

Historique

XVIe s.

  • Me desplaist [dans les compliments] d'en dire gueres oultre ce que j'en crois ; c'est bien loing de l'usage present ; car il ne feut jamais si abjecte et servile prostitution de presentations — MONT., I, 292
Étymologie

Lat. prostitutionem, de prostituere, prostituer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « prostitution » du Wiktionnaire.

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