protestation

nature
nom féminin
diction
[pʁotɛstasjɔ̃] · 4 syllabes
usage
8 par million de mots
parenté
protester

Sens et définitions

Nom 3

  1. Déclaration solennelle que quelqu’un fait de ses dispositions, de sa volonté ; promesse formelle, assurance positive.
    • Veux-tu donc m’abandonner après tant de protestations de zèle et de dévouement ? Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
  2. Déclaration en forme par laquelle on réclame contre quelque chose.
    • L’existence du pâté de maisons qui se trouve le long du vieux Louvre, est une de ces protestations que les Français aiment à faire contre le bon sens, pour que l’Europe se rassure sur la dose d’esprit qu’on leur accorde et ne les craigne plus. Honoré de Balzac, La Cousine Bette, 1846
  3. Réclamation, dénégation.
    • J’étais, moi, un trop petit personnage pour que mon élévation soulevât de semblables protestations. Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942

Citation

Et je ne hais rien tant que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations
Molière, Mis. I, 1

Origine du mot

Du latin protestatio.

Dans le dictionnaire latin : protestatio

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

PROTESTATION s. f. (pro-tè-sta-sion ; en vers, de cinq syllabes)

1 Déclaration publique que l'on fait de sa volonté. Faire une protestation de sa fidélité aux lois. encore relevé aujourd’hui

2 Promesse, assurance positive. encore relevé aujourd’hui

  • Et je ne hais rien tant que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations — MOL., Mis. I, 1
  • Des expressions douces, de la pitié, des protestations compatissantes, c'est là tout ce que j'obtiendrai d'elle — STAËL, Delph. V, 6

3 Acte en forme par lequel on proteste contre quelque chose. encore relevé aujourd’hui

  • Les articles furent signés lundi, mais avec protestation que, si on ne réformait un article dans le contrat, le mariage était rompu — SÉV., 9 mars 1689
  • Les seigneurs [les lords], qui ont élu par force le prince d'Orange, ont fait leur protestation de la violence de la chambre basse — ID., 28 fév. 1689

Fig.

  • La raison fait sa protestation que les choses devraient aller autrement qu'elles ne vont — FONTEN., Dial. Fern. Cort. Montéz.

Écrit qui contient la protestation. Déposer sa protestation.

Se dit particulièrement de l'acte par lequel les principaux partisans de la doctrine de Luther protestèrent, en 1529, contre un décret de la diète de Spire.

Historique

XIIIe s.

  • Ge fais bien protestacion, C'onques ne fu m'entencion De parler contre homme vivant — la Rose, 15453
  • Retenue, que il apelent protestation, et comme il poent trouver reson l'une partie contre l'autre — BEAUMANOIR, VI, 1

XVe s.

  • Le dit evesque faisoit protestation que toute la maniere du traité et de l'accord fait entre lui et mon seigneur Hervey de Leon son neveu seroient nuls — FROISS., I, I, 151

XVIe s.

  • Le tribun Ateius se meit au devant d'eulx, et à haulte voix defendit à Crassus, qu'il n'eust à bouger de la ville, avec grandes protestations s'il faisoit au contraire — AMYOT, Crass. 31
Étymologie

Provenç. protestation ; espagn. protestacion ; ital protestatione ; du latin protestationem, de protestari, protester.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « protestation » du Wiktionnaire.

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