sorcier

nature
nom masculin
diction
[sɔʁsje] · 2 syllabes
usage
9 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Personne qui prétend pratiquer une magie, soit pour guérir, soit pour envoûter.
    • « Le plus grand pouvoir d’un sorcier, c’est de savoir qu’il n’en a pas. » Philippe Morvan, L’envol du papangue, Orphie, 2024
  2. familier Personne méchante.
    • La sorcière leva la tête à l’entrée de Rébecca, et regarda la belle juive avec cette envie méchante dont la vieillesse et la laideur unies à de mauvais penchants ont coutume de gratifier la jeunesse et la beauté. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
2 emplois spécialisés
  1. Fantastique Personne à qui on attribue le pouvoir surnaturel de lancer des sorts, des sortilèges.
    • Les personnes bien disposées envers elle sont prêtes à croire qu’elle est sorcière, qu’elle a le pouvoir de jeter des sorts, de fasciner « par le seul regard ». Gregory Hanlon, L'univers des gens de bien : culture et comportements des élites urbaines en Agenais-Condomois au XVIIᵉ siècle, Presses universitaires de Bordeaux, 1989, p.203
  2. Arts et culture autochtones Guérisseur : Spécialiste censé obtenir la guérison des malades ou réussir un traitement chirurgical grâce à des pouvoirs surnaturels ou grâce à des connaissances expérimentales positives dont la mise en œuvre est seulement favorisée par la bienveillance d'esprits tutélaires Le rôle du «medicine-man» (ou guérisseur) au sens propre fut de la plus grande importance dans la plupart des sociétés indiennes d'Amérique.

Adjectif 1

  1. familier Difficile, mystérieux, ésotérique.
    • C'était le photographe. Il fit son entrée avec les instruments de son art sorcier : […] Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux, 1974, collection Folio, page 46

Citation

On les tient [les chrétiens] pour sorciers dont l'enfer est le maître
Pierre Corneille, Pol. IV, 6

Origine du mot

Du bas latin *sortiarius (« de sort », « jeteur de sort »), dérivé de sors, sortis (« sort »), de là sorcerius (VIIIᵉ siècle, Gloses de Reichenau) + -arius.

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

SORCIER, IÈRE s. m. et f. (sor-sié, siè-r')

1 Celui, celle qui passe pour avoir fait un pacte avec le diable, à l'effet d'opérer des maléfices, et pour aller à des assemblées nocturnes dites sabbat.

  • On les tient [les chrétiens] pour sorciers dont l'enfer est le maître — CORN., Pol. IV, 6
  • Le sorcier en fit une fille [de la chatte] De l'âge de quinze ans, et telle et si gentille, Que le fils de Priam pour elle aurait tenté Plus encor qu'il ne fit pour la grecque beauté — LA FONT., Fabl. IX, 7
5 autres citations
  • Encore que je sois persuade que les véritables sorciers soient très rares, que le sabbat ne soit qu'un songe, et que les parlements qui renvoient les accusations des sorcelleries soient les plus équitables — MALEBR., Rech. vér. II, 3, ch. dernier.
  • Le grand juge de ce pays [Saint-Claude], nommé Boguet, se vante, dans son livre sur les sorciers imprimé à Lyon en 1607, d'avoir fait brûler sept cents sorciers — VOLT., Pol. et lég. Requête.
  • Nicolas Remi, dans sa Démonolâtrie, rapporte neuf cents arrêts rendus en quinze ans contre les sorciers dans la seule Lorraine — ID., Louis XIV, 31
  • Encore de nos jours, en 1750, la justice sacerdotale de l'évêque de Wurtzbourg a condamné comme sorcière une religieuse, fille de qualité, au supplice du feu — ID., Dict. phil. Arrêts not.
  • Sachez que la nuit dernière Sur un vieux balai rôti, Avec certaine sorcière, Pour l'enfer je suis parti — BÉRANG., Desc. aux enf.

Familièrement. Il n'est pas sorcier, il n'est pas grand sorcier, il n'est pas très habile.

Il ne faut pas être grand sorcier pour cela, c'est une chose qui n'exige pas une bien grande habileté.

  • Il ne fallait pas être une grande sorcière Pour voir, dès le moment de vos desseins pour lui, Tout ce que votre esprit ne voit que d'aujourd'hui — MOL., le Dép. IV, 1
  • Il ne faut pas être grand sorcier pour deviner cela — DANCOURT, le Cheval. à la mode, IV, 1

En un sens opposé.

  • Il faut être sorcier pour le lire [ce manuscrit de Longus] ; j'espère pourtant en venir à bout — P. L. COUR., Lett. à M. Renouard.

2Fig. Il se dit de celui qui charme comme par un sortilége.

  • Allez, allez, madame, Étaler vos appas et vanter vos mépris à l'infâme sorcier qui charme vos esprits — CORN., Médée, II, 7

Il se dit aussi des choses qui captivent.

  • La cadence aussitôt, la rime, la césure, La riche expression, la nombreuse mesure, Sorcières dont l'amour sait d'abord les charmer [les poëtes], De fatigues sans fin viennent les consumer — BOILEAU, Ép. X

3Fig. et populairement. Un vieux sorcier, un homme vieux et méchant. encore relevé aujourd’hui

Une vieille sorcière, une femme vieille et méchante.

4 S. f. Sorcière, un des noms de la circée lutétienne, onagrariées, dite aussi herbe à la magicienne.

Nom vulgaire de la synancée horrible, poissons acanthoptérygiens, la scorpène horrible de certains auteurs.

Nom vulgaire des espèces du genre mante, insectes orthoptères.

Historique

XIIIe s.

  • L'orde et vieille sorciere — Berte, XI
  • Li sorciers et les sorcieres si errent contre la foy — BEAUMANOIR, XI, 25

XVIe s.

  • Et fay, quand il me plaist, par figures sorcieres Flots sur flots entassés les grands monts escumer — R. BELLEAU, Bergeries, t. I, p. 131, dans LACURNE
  • Les traits d'une jeune guerriere.... Hauts discours, divines pensées, Et mille vertus amassées Sont les sorciers qui m'ont charmé — DESPORTES, Amours d'Hippolyte, IX, chanson.
1 autre citation
  • Dix ou douze prisonniers de ce genre [accusés de sorcellerie], et une vieille, vrayement bien sorciere en laideur et deformité — MONT., IV, 187
Étymologie

Wallon, sôrsi ; saintong. sorcière, tourbillon de vent attribué aux sorciers ; du bas-lat. sortiarius, qui vient du lat. sors, sort : proprement, celui qui jette un sort, ou qui dit le sort ; provenç. sortilhier ; espagn. sortero ; ital. sortiere.

Supplément au dictionnaire

SORCIER. Ajoutez :

5 Jouet d'enfant, petit bonhomme en moelle de sureau ou autre matière très légère, plombé par le bas, de façon à se remettre toujours sur pieds.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « sorcier » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire · Signaler une erreur sur cette fiche