usure

nature
nom féminin
diction
[yzyʁ] · 2 syllabes
usage
12 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. Intérêt, profit qu’on exige d’un argent ou d’une marchandise prêtée, au-dessus du taux fixé par la loi ou établi par l’usage en matière de commerce.
    • Mais nous avons vu comment Saint Louis, poussé par ses convictions religieuses, voulut rendre l'usure impraticable. Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937
  2. Dépérissement, détérioration des parties mécaniques, des habits, des meubles, des organes du corps humain, etc., par suite d’un long usage.
    • Sa cravate montrait des signes d’usure et il s’habillait en drap recardé que la première pluie décatissait. Roger Ferlet, De la soie dans les veines, Paris & Genève : Éditions Jeheber, 1958, chap 14
4 emplois spécialisés
  1. Mécanique Dégradation d'une surface sous l’effet du frottement.
  2. Prêts et emprunts Intérêt à taux excessif (taux usuraire) exigé sur le prêt d'une somme d'argent (prêt à usure ou prêt usuraire).
  3. Comptabilité Détérioration matérielle d'un bien provenant d'une cause naturelle ou de l'usage que l'on en fait.
  4. Altération des métaux Endommagement superficiel d'un matériau par la modification de forme, de l'état de surface, ou de masse perdue de la pièce.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de usurer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de usurer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de usurer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de usurer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de usurer.

Citation

Vous ne prêterez à usure à votre frère ni de l'argent, ni du grain, ni quelque autre chose que ce soit, mais seulement aux étrangers
Lemaistre de Sacy, Bible, Deutéron. XXIII, 19

Origine du mot

) Du latin usura.

Dans le dictionnaire latin : usura

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

USURE s. f. (u-zu-r')

1 Proprement, toute espèce d'intérêt que produit l'argent.

  • Vous ne prêterez à usure à votre frère ni de l'argent, ni du grain, ni quelque autre chose que ce soit, mais seulement aux étrangers — SACI, Bible, Deutéron. XXIII, 19
  • Socin et les autres disent que l'usure n'est pas un péché selon les lois chrétiennes ; en quoi il faut avouer qu'ils ne dégénèrent pas de la doctrine commune des protestants — BOSSUET, 6e avertiss. sur les lettres de Jurieu
2 autres citations
  • La loi des Douze Tables défendait de porter l'usure plus haut qu'à douze pour cent — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. x, p. 204, dans POUGENS
  • [à Rome] l'usure onciaire signifia un pour cent par an ; l'usure ex quadrante signifia trois pour cent par an ; l'usure ex triente, quatre pour cent par an ; l'usure semis, six pour cent par an — MONTESQ., Déf. Espr. lois, part. 2

2Par extension, profit qu'on retire d'un prêt au-dessus du taux légal ou habituel. encore relevé aujourd’hui

  • Vous savez que la plus grande peine que l'on ait avec eux [les gens d'affaires] est de les détourner de l'usure — PASC., Prov. VIII
  • La pauvreté et l'incertitude des fortunes dans les États despotiques y naturalisent l'usure — MONTESQ., Espr. v, 15
3 autres citations
  • Une usure affreuse toujours foudroyée et toujours renaissante s'établit à Rome — ID., ib. XXII, 21
  • L'usure augmente à proportion du péril de l'insolvabilité — ID., ib. XXII, 19
  • La petite Église de Calvin qui fait consister la vertu dans l'usure et dans l'austérité des mœurs — VOLT., Lett. d'Argence, 20 janv. 1761

Fig. Avec usure, en rendant plus qu'on n'a reçu.

  • Notre affection Ajoute avec usure à la perfection — RÉGNIER, Sat. II
  • Souviens-toi que le mien [esprit] ne reçoit point d'injure Qu'il ne rende aussitôt avec beaucoup d'usure — TRISTAN, Marianne, II, 3
3 autres citations
  • Babylone paya nos pleurs avec usure — RAC., Esth. III, 4
  • Le champ qui les reçut [la chaleur des jours et la fraîcheur des jours], les rend avec usure — ID., Athal. I, 4
  • La terre le payait de ses peines avec usure, et ne le laissait manquer de rien — FÉN., Tél. XX

3 Détérioration par suite d'un long usage. L'usure des habits. encore relevé aujourd’hui

Se dit en hippiatrie. Usure des dents, des fers.

4Terme de pathologie. Atrophie, avec résorption complète, de la substance des dents, des cartilages ou des os pressés par certaines tumeurs, ou usés par le frottement.

Historique

XIIIe s.

  • Si comme s'il emprunte à uzures por le [la] defaute de paiement — BEAUMANOIR, XXXV, 14
  • Usure si est quant aucuns preste denier por autres à termes ou à semaines.... — ID., LXVIII, 2

XIVe s.

  • Laquelle debte se estoit multipliée par usures — BERCHEURE, f° 35, verso.
  • Se lesdiz habitans ou aucun d'eulz devoient aucunes autres rentes, usures ou droitures... — DU CANGE, usaria.

XVIe s.

  • Quiconque donne aux poures preste à Dieu à usure — CALV., Instit. 652
  • En vain seroient-ils [les prêtres] en office, s'ils ne s'en acquitoient au benefice de ceux qui doyvent recevoir d'eux l'usure des talens spirituels que Dieu leur a communiqués, c'est à dire saine doctrine — LANOUE, 533
Étymologie

Provenç. espagn. et ital. usura, du lat. usura, de usum, supin de uti, se servir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « usure » du Wiktionnaire.

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