vulgaire

nature
adj
diction
[vylɡɛʁ] · 2 syllabes
usage
21 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 6

  1. vieilli Qui concerne le peuple, le quidam, le personnage quelconque.
  2. vieilli Qui est commun, qui est reçu communément.
    • Le costume est, d’ailleurs, si exactement colorié dans une foule d’estampes, qu’il est trop vulgaire pour être décrit. Honoré de Balzac, L'Auberge rouge, 1831
  3. vieilli Qui est trivial, commun, voire quelconque.
    • Le président du FMI qui trempe son biscuit comme un vulgaire VRP de province, ça fait de la peine ! Stéphane Guillon, « DSK. Quelle déception », dans On m'a demandé de vous calmer, éd. Stock/France Inter, 2009
  4. Qui a un comportement, un langage sans délicatesse, sans éducation, grossier ou qui fait preuve d’une grande grossièreté.
    • Des manières vulgaires.
2 emplois spécialisés
  1. Linguistique Ce que le peuple parle à l’époque considérée.
    • De langue vulgaire, le français est passé, à la Renaissance, à langue dont on prend la défense et dont on fait l'illustration. Anne-Marie Beaudouin-Bégin, La langue affranchie, se raccommoder avec l’évolution linguistique, Québec, Éditions Somme toute, 2017, page 50
  2. Généralités Très répandu; admis, mis en usage, par le commun des hommes (sans aucune valeur péj.).

Nom 2

  1. vieilli Le peuple ; le commun des hommes.
    • Ce fait est même tellement général, qu’il a été de tout temps pour le vulgaire une des grandes lois de la nature. Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, Les Métamorphoses et la généagénèse, Revue des deux Mondes, 2ᵉ période, tome 3, 1856, pages 496-519
  2. vieilli Langue vulgaire (par opposition à langue savante).

Citation

À tous événements le sage est préparé ; Guéri par la raison des faiblesses vulgaires, Il se met au-dessus de ces sortes d'affaires
Molière, Fem. sav. v, 1

Origine du mot

Du latin vulgaris, de vulgus, « foule, peuple, populace », « multitude ».

Dans le dictionnaire latin : vulgaris

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

VULGAIRE adj. (vul-ghê-r')

1 Qui se voit communément parmi les hommes. Opinion vulgaire. Préjugés vulgaires. encore relevé aujourd’hui

  • À tous événements le sage est préparé ; Guéri par la raison des faiblesses vulgaires, Il se met au-dessus de ces sortes d'affaires — MOL., Fem. sav. v, 1
  • Cette interprétation est vulgaire, dira M. de B., j'en conviens ; mais elle a du moins un avantage, c'est qu'on peut la comprendre — CONDIL., Traité anim. 4

Ère vulgaire, voy. ÈRE.

Plantes vulgaires, celles qu'on rencontre à chaque pas.

Médicament vulgaire, celui qu'on emploie fréquemment.

2 Langues vulgaires, se dit des langues vivantes par opposition à langues savantes ou langues mortes. Les traductions de la Bible en langues vulgaires.

  • Cette oreille-ci est destinée pour les langues scientifiques ; et l'autre, pour la vulgaire et la maternelle — MOL., Mar. forcé, 6
  • Ce fut dans des temps si malheureux que la langue hébraïque cessa d'être vulgaire — BOSSUET, Hist. I, 8

On dit de même : l'idiome vulgaire.

3 Qui ne s'élève, ne se distingue par rien.

  • C'est aux gens mal tournés, aux mérites vulgaires, à brûler constamment pour des beautés sévères — MOL., Mis. III, 1
  • Mais, pour te bien louer, une raison sévère Me dit qu'il faut sortir de la route vulgaire — BOILEAU, Épît. I
3 autres citations
  • Le sujet ne veut pas de vulgaires efforts — ID., Art p. IV
  • Et sans vous rapporter des exemples vulgaires, Soliman.... — RAC., Bajaz. II, 1
  • Je ne vous tiendrai point de ces discours vulgaires Que dicte la mollesse aux amants ordinaires — VOLT., Œdipe, II, 3

4 Qui appartient aux classes que rien ne distingue, en parlant des personnes.

  • C'est aux hommes vulgaires un trop grand effort que celui de... — BOSSUET, le Tellier.

5 Trivial, bas. Pensées, sentiments vulgaires. encore relevé aujourd’hui

  • Et de vous marier vous osez faire fête ? Ce vulgaire dessein vous peut monter en tête ? — MOL., Fem. sav. I, 1
  • Le dégoût qu'on ne peut s'empêcher de sentir pour ce qui est vulgaire en tout genre — STAËL, Corinne, III, 3

6 Sans distinction, en parlant des personnes. Esprit, poëte vulgaire. encore relevé aujourd’hui

  • Mon Dieu ! que vous êtes vulgaire ! — MOL., Préc. 5
  • On s'ennuie aux exploits d'un conquérant vulgaire — BOILEAU, Art p. III
1 autre citation
  • Le peuple napolitain, à quelques égards, n'est point du tout civilisé ; mais il n'est point vulgaire à la manière des autres peuples — STAËL, Corinne, XI, 2

7 S. m. Le commun des hommes. encore relevé aujourd’hui

  • Que j'ai toujours haï les pensers du vulgaire ! Qu'il me semble profane, injuste, téméraire ! — LA FONT., Fabl. VIII, 26
  • Sitôt que d'Apollon un génie inspiré Trouve loin du vulgaire un chemin ignoré, En cent lieux contre lui les cabales s'amassent — BOILEAU, Épître VII
3 autres citations
  • Je sais rendre aux sultans de fidèles services, Mais je laisse au vulgaire adorer leurs caprices — RAC., Baj. I, 1
  • On le plaint [Morangiès] autant qu'on s'était déchaîné contre lui ; toutes les opinions ont changé ; tel est le petit et le grand vulgaire ; tels sont les hommes — VOLT., Pol. et lég. Précis du procès Morangiès.
  • Quelqu'un a remarqué avec raison qu'au lieu du mot de public, tant prodigué à tort et à travers dans les conversations et dans les écrits, on ferait souvent très bien d'employer celui de vulgaire que la langue française nous fournit si heureusement pour exprimer cette multitude qui a tant de langues et si peu de têtes, tant d'oreilles et si peu d'yeux — D'ALEMB., Élog. Boiss. note 3

8 Il se dit de ceux qui dans une classe ne se distinguent pas. Le vulgaire des auteurs.

  • Autant il faut connaître les grandes actions des souverains qui ont rendu leurs peuples meilleurs et plus heureux, autant on peut ignorer le vulgaire des rois qui ne pourrait que charger la mémoire — VOLT., Mœurs, Avant-propos.
  • Il y a le vulgaire des grands et le vulgaire du peuple — ID., Philos. Philosophe ign. 33
1 autre citation
  • Un grand exemple était dû à ce vulgaire des classes aisées qui prend l'affreux pour le sublime, et dont le faible esprit avait été comme subjugué par.... — CARREL, Œuv. t. IV, p. 419

9 Ce qui est sans distinction. Donner dans le vulgaire. encore relevé aujourd’hui

10 Le vulgaire, nom donné aux langues romanes (langue d'oïl, langue d'oc, italien et espagnol), par opposition au latin qui était la langue savante. encore relevé aujourd’hui

Historique

XVIe s.

  • L'italien, dont la faconde Passe les vulgaires [les langues vulgaires] du monde — MAROT, III, 58
  • Lors Tigranes... dit une parole qui est assez vulgaire [connue, célèbre]... — AMYOT, Lucull. 50
5 autres citations
  • Je n'estime pourtant nostre vulgaire [langue vulgaire] tel qu'il est maintenant, estre si vil et abject, comme font ces ambitieux admirateurs des langues grecque et latine — DU BELLAY, I, 6, verso.
  • Il faut se descharger des humeurs vulgaires et nuisibles — MONT., I, 80
  • Aulcuns siecles passez, ausquels il estoit vulgaire... de veoir un homme moderé en ses vengeances... — ID., III, 51
  • Les enfants, le vulgaire, les femmes et les malades sont plus subjects à estre menez par les aureilles [par ce qu'on leur dit] — ID., I, 200
  • Les crimes plus obscurs n'ont pourtant peu se faire, Qu'ils n'esclattent en l'air aux bouches du vulgaire — D'AUB., Tragiques, édit. LALANNE, p. 109
Étymologie

Provenç. volgar, vulgar ; espagn. vulgar ; ital. volgare ; du latin vulgaris, qui vient de vulgus, foule populaire ; comp. sanscr. varga, troupe, multitude. L'ancienne langue disait vulgal, et, à l'adverbe, vulgaument.

Supplément au dictionnaire

VULGAIRE. Ajoutez :

11Terme de droit romain. Substitution vulgaire, substitution d'un héritier, faite par le testateur, à l'héritier institué, au cas qu'il ne se présente pas pour recueillir l'hérédité ; vulgaire signifie ici ordinaire, par opposition à la substitution pupillaire, dans laquelle le testateur substitue un héritier éventuel à son héritier réel, si ce dernier meurt impubère et avant d'avoir eu la capacité de tester lui-même (la substitution vulgaire est encore, sauf le nom, usitée en droit français ; la substitution pupillaire ne l'est plus).

  • Qu'à cet effet, elle [la testatrice] en avait institué deux [légataires] successivement, avec substitution vulgaire, le second devant éventuellement lui succéder à la place du premier..., les conditions jointes à la substitution vulgaire doivent être comprises lato sensu — Gaz. des Trib. 18 nov. 1874, p. 1105, 2e et 4e col.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « vulgaire » du Wiktionnaire.

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