éloquence
- nature
- nom féminin
- diction
- [elokɑ̃s] · 3 syllabes
- usage
- 6 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
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Don de la parole, talent de bien dire, d’émouvoir, de persuader, art d’entraîner.
- Quand nous ne pouvons plus penser, nous nous sauvons par l’éloquence. Jean Guéhenno, Journal d’un homme de 40 ans, Grasset, 1934, réédition Le Livre de Poche, page 153
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Qualité de ce qui produit ou peut produire sur l’auditeur ou le spectateur les mêmes effets, les mêmes impressions que l’éloquence.
- Dans ce domaine, la maussade arithmétique vous a des éloquences qu’on ne saurait contredire. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
Citation
Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont pas de fin
Origine du mot
Du latin eloquentia.
Dans le dictionnaire latin : eloquentia
1873 — le Littré
ÉLOQUENCE s. f. (é-lo-kan-s')
1 Facilité à s'exprimer.
2Par antonomase. L'art, le talent d'émouvoir et de persuader par le bien dire. encore relevé aujourd’hui
- Vive source autrefois d'amour et d'éloquence — MAIR., Sophon. V, 9
- Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont pas de fin — LA FONT., Fabl. IX, 5
11 autres citations
- À ces mots, il se couche ; et chacun, étonné, Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence Du sauvage ainsi prosterné — ID., Fabl. XI, 7
- L'éloquence est un art de dire les choses de telle façon, 1° que ceux à qui l'on parle puissent les entendre sans peine et avec plaisir ; 2° qu'ils s'y sentent intéressés, en sorte que l'amour-propre les porte plus volontiers à y faire réflexion ; elle consiste donc dans une correspondance qu'on tâche d'établir entre l'esprit et le cœur de ceux à qui l'on parle d'un côté, et de l'autre les pensées et les expressions dont on se sert — PASC., Pensées, t. I, p. 379, édit. Lahure.
- L'éloquence est un don de l'âme, lequel nous rend maîtres du cœur et de l'esprit des autres — LA BRUY., I
- Que dis-je ! en ce moment Calchas, Nestor, Ulysse, De leur vaine éloquence employant l'artifice — RAC., Iphig. II, 7
- L'éloquence est un art sérieux et qui ne joue point un personnage ; jamais un homme de génie, pour faire parade d'éloquence, ne perdit son temps à invectiver Tarquin ou Sylla, ou à s'efforcer d'engager Alexandre à vivre en repos — TURGOT, Ébauche du 2e disc. Progrès de l'esprit humain, p. 302
- Cicéron, qui d'un traître a puni l'insolence, Ne sert la liberté que par son éloquence — VOLT., M. de César, II, 4
- Si nous avons d'autres lois de physique que celles de votre temps [le temps de Cicéron], nous n'avons point d'autre règle d'éloquence ; et voilà peut-être de quoi terminer la querelle entre les anciens et les modernes — ID., Dial. 13
- Mais de la poésie usurpant les pinceaux, Et du nom de vertus sanctifiant sa prose, Par la pompe des mots l'éloquence en impose — GILBERT, XVIIIe siècle
- Ils ont senti que l'éloquence était une puissance dont il fallait se défier comme de toutes les autres — MIRABEAU, Collection, t. I, p. 4
- Venez, votre éloquence, auguste, charitable, Peut-être amollira cette âme impitoyable — LEMERC., Frédég. et Bruneh. IV, 5
- C'est après soixante ans que, par curiosité, par étude, ouvrant un livre [de J. J. Rousseau] dont les pages sont encore animées d'une éloquence qui ne passera pas.... — VILLEMAIN, Littér. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon.
Le dieu de l'éloquence, Mercure.
- Il [Jupiter] part avec son fils, le dieu de l'éloquence — LA FONT., Phil. et Bauc.
L'éloquence du cœur, langage éloquent, qui émeut, qui persuade, et qui est suggéré non par l'esprit, mais par le cœur.
- Croyais-tu que son cœur.... Pour la persuader trouvât tant d'éloquence ? — RAC., Bajaz. III, 3
- Ah ! que la vérité nous donne d'éloquence ! — C. DELAV., Paria, I, 1
Par extension. La physionomie, le geste ont leur éloquence.
On dit qu'une chose a de l'éloquence, quand l'aspect seul parle pour ainsi dire. Les faits ont leur éloquence.
- Puis il regagna Maloiaroslavetz, où le vice-roi lui montra les obstacles vaincus la veille ; la terre elle-même en disait assez : jamais champ de bataille ne fut d'une plus terrible éloquence — SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 4
3 Il se dit d'un genre d'élocution. L'éloquence de la chaire, du barreau, de la tribune. encore relevé aujourd’hui
4 Eloquence est quelquefois pris dans le sens de rhétorique. Quand on parle des règles de l'éloquence, c'est d'une science qu'il s'agit, non d'un talent ou d'une disposition innée.
5 Dans quelques circonstances l'éloquence s'oppose à la poésie, et signifie l'ensemble des ouvrages en prose écrits dans une langue. Un cours d'éloquence latine.
Synonyme
ÉLOQUENCE, RHÉTORIQUE. L'éloquence est proprement l'art ou le talent de parler ; la rhétorique est l'ensemble des préceptes ou des exemples qui font apprendre cet art.
Historique
XIIe s.
- Si esteit de grant eloquence, Et parleit par grant sapience — WACE, Vierge Marie, p. 3
XIIIe s.
- Ki [celui à qui] Deus ad doné en science De parler la bone eloquence, Ne s'en deit taisir ni celer — MARIE, Prologue.
XVe s.
- Il me semble que autres fois vous ay veu ailleurs que cy. Sire, dist Estonne, que pensez-vous que je soye ? Certes, sire, à vostre eloquence [parler], il m'est advis que vous estes Estonne, le conte des deserts d'Escosse — Perceforest, t. III, f° 55
XVIe s.
- Je ne douteray de donner ici à chacun d'eux son eloquence [éloge] — PASQUIER, Recherches, p. 634, dans LACURNE
Étymologie
Provenc. eloquencia, eloquensa ; espagn. eloquencia ; ital. eloquenzia ; du latin eloquentia, d'eloquens (voy. ÉLOQUENT).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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