cognée

nature
nom féminin
diction
[koɲe] · 2 syllabes
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. vieilli Instrument tranchant fait en forme de hache et qui sert à couper du gros bois.
    • Le géant se courbe et chancelle comme un chêne sous la cognée du bûcheron… Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
  2. Meuble représentant l’outil du même nom dans les armoiries. Elle se blasonne comme la hache.
    • D’argent à la cognée de gueules et à une scie de bûcheron de même posées en sautoir soutenues par deux coupeaux de sinople mouvants de la pointe, qui est de la commune de Bourbach-le-Haut du Haut-Rhin → voir illustration « armoiries avec une cognée »
  3. Bruit produit par quelque chose qui cogne.
    • Foudre avait franchi la moitié de la distance dévolue à l’attaque. La terre herbue résonnait comme un tambour voilé, sous la cognée de ses sabots, alors que Fléau en était à sa première foulée. Joseph Kessel, Les Cavaliers, Gallimard, 1967
1 emploi spécialisé
  1. Industr. du bois Hache en forme de coin qui sert à abattre les arbres, et à dégrossir les pièces de charpente.

Formes fléchies 1

  1. Participe passé féminin singulier du verbe cogner.

Citation

L'âme, de ses défauts saintement indignée, Doit jusqu'à la racine enfoncer la cognée
Pierre Corneille, Imitation, I, 11

Origine du mot

Du latin populaire cuneāta de cuneus (« coin »).

Dans le dictionnaire latin : cuneāta

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

COGNÉE s. f. (ko-gnée)

Sorte de hache pour couper le gros bois. encore relevé aujourd’hui

  • Un bûcheron perdit son gagne-pain, C'est sa cognée.... — LA FONT., Fabl. V, 1
  • Sur son épaule il charge une lourde cognée — BOILEAU, Lutr. II
1 autre citation
  • Et c'est en attaquant le chêne après le chêne Que la cognée abat les plus vastes forêts — MASSON, Helvétiens, VI

Fig. Mettre la cognée à l'arbre, au pied de l'arbre, commencer une entreprise.

  • L'âme, de ses défauts saintement indignée, Doit jusqu'à la racine enfoncer la cognée — CORN., Imitation, I, 11

Jeter le manche après la cognée, se rebuter par découragement, par dégoût.

Aller au bois sans cognée, entreprendre quelque chose sans avoir ce qui est indispensable pour réussir.

Historique

XIe s.

  • À mailz de fer, à cuignées qu'il tinrent — Ch. de Rol. CCLXVIII

XIIe s.

  • Les ustils as ovriers qui firent les degrez, Besague e cuignies en unt od els portez, Pur depecier les uis, ses [s'ils les] trovassent fermez — Th. le mart. 144
  • Le paliz [ils] tranchent à coignies d'acier ; De sous lor piés le font jus trebuchier — Raoul de C. 58

XIIIe s.

  • Deus coingnies fist aporter, Le chesne prenent à coper — Ren. 11925
  • En tel cas ne doit on pas faire l'execussion de la justice par fu [feu], mais abatre à cuignies et à martiax la partie du malfeteur tant solement — BEAUMANOIR, LII, 17
1 autre citation
  • Et je regardai une coignée qui gisoit illec ; si la levai et dis que je feroie la clef le roy — JOINV., 250

XVe s.

  • Et aussi une cogniete Abat bien souvent un grant arbre — Mir. de Ste Genev
  • Entre ces archers avoit autres assaillans qui portoient cognies grands et bien tranchans — FROISS., I, I, 207
2 autres citations
  • Lors commencerent-ils à ferir et à frapper contre l'huis de grandes guignies pour derompre et briser la porte — ID., II, III, 23
  • La deuxieme porte rompue et brisée par force quingnies — ID., II, III, 99

XVIe s.

  • Il ne faut pas ruer le manche après la coignée — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 164
  • Advint qu'il perdit sa coingnée ; qui feut bien fasché et marry, ce feut il ; car de sa coingnée dependoit son bien et sa vie ; par sa coingnée vivoit en honneur et reputation entre tous riches buscheteurs ; sans coingnée mouroit de faim — RAB., Pant. IV, Nouveau prologue.
1 autre citation
  • Le capitaine Martin du Bellay recite, au voyage de Luxembourg, avoir veu les gelées si aspres que le vin de la munition se coupoit à coups de hache et de congnée, se debitoit aux soldats par poids, et qu'ils l'emportoient dans des panniers — MONT., I, 261
Étymologie

Berry, cognie, cougnée, cougnie ; génev. coignée ; Saintonge, cougnée ; picard, quignie ; bas-lat. cuniada, dans un texte du VIIIe siècle (capitulaire de villis, 42) ; du latin cuneus, coin (voy. ce mot). La cognée, employée à enfoncer les portes, se disait aussi la clef le roi, parce que la justice avait le droit d'enfoncer une porte fermée ou qu'on refusait d'ouvrir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « cognée » du Wiktionnaire.

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