despote

nature
nom
diction
[despɔt] · 2 syllabes
usage
1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. Souverain qui gouverne avec une autorité arbitraire et absolue.
    • Le monde ne sera pas plus reconstruit par un despote de hasard qu’une ville ne s’éclaire par des fusées d’artifice. H. G. Wells, Anticipations, 1901, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Société du Mercure de France, Paris, 1904
  2. figuré Quiconque exerce ou s’arroge une autorité absolue, oppressive, tyrannique.
    • Mieux vaut la glorieuse fin d’un ver insurgent, qu’une vie longue et supplicieuse traînée sous des despotes vindicatifs. Lucien Jaume, Les déclarations des droits de l’homme : du débat 1789-1793 au préambule de 1946, Flammarion, 1989, p. 278
1 emploi spécialisé
  1. Moyen Âge Titre porté par l’empereur byzantin puis par des princes ou hospodars de provinces danubiennes érigées en despotat.
    • L’État au sens du règne d’un dynaste, d’un satrape ou d’un despote, n’en semble pas moins être la structure la plus durable d’organisation du pouvoir dans l’islam. Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p. 87.

Citation

Comment l'honneur serait-il souffert chez le despote ? il fait gloire de mépriser la vie, et le despote n'a de force que parce qu'il peut l'ôter
Montesquieu, Espr. III, 8

Origine du mot

Du grec ancien δεσποζω : commander en maître.

Du grec ancien δεσπότης, despótês évolution de δεμς-πότης, dems-pótês (« maître de maison ») ^([1]) → voir domus et potis pour des équivalents latins du mot grec ancien ; comparez avec dominus.

Les mots français venus du grec

1873 — le Littré

DESPOTE1 s. m. (dè-spo-t')

1 Prince qui gouverne avec une autorité arbitraire et absolue. Les despotes de l'Asie. encore relevé aujourd’hui

  • Comment l'honneur serait-il souffert chez le despote ? il fait gloire de mépriser la vie, et le despote n'a de force que parce qu'il peut l'ôter — MONTESQ., Espr. III, 8
  • Ces despotes altiers partagent l'univers — VOLT., Tancr. I, 1
3 autres citations
  • Le hardi Japonais n'attend pas qu'au cercueil Un despote insolent le plonge d'un coup d'œil — ID., Orphel. V, 5
  • Trop souvent le danger rallie à la domination absolue, et dans le sein de l'anarchie un despote même paraît un sauveur — MIRABEAU, Collection, t. I, p. 350
  • Et nous n'aurons rien fait en entrant au tombeau Qu'avancer le pouvoir d'un despote nouveau — LEGOUVÉ, Épichar. et Néron, I, 3

Par extension, prince qui abuse ou que l'on suppose abuser d'une autorité qui en soi n'est pas absolue. Quelques-uns traitent Louis XIV de despote.

2Fig. Personne qui s'arroge une autorité tyrannique. Cet homme, cette femme est un despote dans sa famille. encore relevé aujourd’hui

Par extension, celui, celle qui abuse de son autorité en un moment donné pour faire faire à un autre ce qui ne lui convient pas.

  • Quel diable de petit despote mon oncle s'est donné là [sa femme] ! — BAYARD et POTRON, Laure et Delphine, II, 14
Historique

XIVe s.

  • En grec despotes, c'est seigneur de la chose de laquelle il puet dire : ce est mien — ORESME, Thèse de MEUNIER.
Étymologie

Δεσπότης, maître, qu'on rattache à une origine sanscrite : dasa, contrée, et patis, maître.

Supplément au dictionnaire

1. DESPOTE. Ajoutez :

3 Adj.

  • Le gouvernement de France a été constamment arbitraire, et souvent despote — Mme DE STAËL, Consid. sur la Révol. franç. I, 3

DESPOTE2 s. m. (dè-spo-t')

Ancien titre de plusieurs princes grecs, tels que ceux de Servie, de Valachie.

  • On entendait autrefois par un despote un petit prince d'Europe vassal du Turc et vassal amovible, une espèce d'esclave couronné gouverneur d'autres esclaves — VOLT., Dial. XXIV, 1

Titre honorifique que les empereurs grecs se réservèrent dans l'origine et qu'ils accordèrent ensuite à leur famille.

Historique

XVIe s.

  • Une ville qui est au dispos de Romanie clamée Tarrassine — Hist. de Loys III duc de Bourbon, p. 321, dans LACURNE
  • La renommée qui s'estendoit parvint aux oreilles du Grand Seigneur, nommé Soliman, auquel il fut presenté par le despote de Servie — YVER, p. 540
Étymologie

Bas-lat. despotes, despotus, de δεσπότης, maître (voy. DESPOTE 1).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « despote » du Wiktionnaire.

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