emporté

nature
nom masculin
diction
[ɑ̃pɔʁte] · 3 syllabes
usage
31 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Qui est enclin à s’emporter de colère.
    • On s’injuriait à table. On injuriait même le supérieur, homme emporté mais faible. Jean Fournée, Bourg-Achard, dans Aspects du monachisme en Normandie, J. Vrin, 1979, page 133
  2. Qui s'est emballé, en parlant notamment d'un cheval.
    • Quand je me promène dans les rues, je cherche les chevaux emportés, les incendies, n’importe quoi de terrible où je puisse me dévouer… Octave Mirbeau, Le Calvaire, 1887

Nom 1

  1. Celui qui s’emporte facilement et souvent.
    • Celui-ci se battait en homme dont la tête conduisait le bras, et celui-là comme un emporté, dont une colère aveugle guidait les mouvements au hasard. Voltaire, Zadig ou la Destinée, IX. La femme battue, 1748

Formes fléchies 1

  1. Participe passé masculin singulier du verbe emporter.
    • J’avais emporté le dernier Solarmé que j’ai lu diagonalement, trouvé ennuyeux, sauf deux paragraphes dont j’ai pensé qu'ils étaient admirables, mais qui entrent peut-être simplement en résonance avec mes pensées du moment. Frédéric Teillard, L’unique objet de mon désir, 2016

Citation

Elle [une fleur] est nuancée, bordée, huilée, à pièces emportées [à découpures]
Jean de La Bruyère, XIII

1873 — le Littré

EMPORTÉ, ÉE part. passé. (an-por-té, tée)

1 Ôté, enlevé d'un lieu. Les blessés emportés par leurs camarades. Des tableaux de haut prix emportés par le vainqueur.

2 Retranché.

  • Il a eu le poignet emporté d'un coup de canon — SÉV., 468
  • Elle [une fleur] est nuancée, bordée, huilée, à pièces emportées [à découpures] — LA BRUY., XIII
1 autre citation
  • Les rochers que nous gravissons depuis trois jours ont tellement usé et percé nos souliers que les semelles en sont presque entièrement emportées — Me DE GENLIS, Adèle et Théod. t. II, lett. 38, p. 312, dans POUGENS

3 Pris de vive force. Le bastion emporté par les assaillants.

  • Nos dehors emportés, nos remparts assaillis — MAIR., Sophon. I, 1

4 Retranché du nombre des vivants. Ce vieillard emporté par une pleurésie.

  • Marie-Thérèse, aussitôt emportée que frappée par la maladie, se trouve toute vive et tout entière entre les bras de la mort, sans presque l'avoir envisagée — BOSSUET, Marie-Thér.

5Fig. Entraîné.

  • Et son cœur emporté par l'erreur qui l'abuse Cherche partout la mort que chacun lui refuse — CORN., Mort de Pomp. V, 3
  • Par quel trouble me vois-je emporté loin de moi ? — RAC., Phèd. II, 2
3 autres citations
  • Nos sentiments, nos cœurs l'un vers l'autre emportés — VOLT., Orphel. IV, 4
  • Je vois d'un zèle faux nos prêtres emportés — ID., Henr. VI, 109
  • Il apprend qu'un régiment vient de s'emparer du village de Borodino et de son pont qu'il aurait dû rompre, mais qu'emporté par ce succès, il a franchi ce passage malgré les cris de son général — SÉGUR, Histoire de Napol. VII, 9

6 Vif, qui se laisse aller.

  • Cette ardeur d'un héros, ce courage emporté — VOLT., Mér. III, 1
  • Amours emportés — ID., Scyth. III, 1

7 Qui se laisse aller à des emportements de colère. Homme emporté. Caractère emporté. encore relevé aujourd’hui

  • Il n'y avait point d'erreur si prodigieuse où l'ardeur de la dispute n'entraînât l'esprit emporté de Luther — BOSSUET, Var. II, § 41
  • Mais un père à ce point doit-il être emporté ? — RAC., Théb. I, 5

Cheval emporté, cheval qu'on ne peut plus maintenir, qui a pris le mors aux dents.

Il se dit aussi des choses.

  • On est las de M. Jurieu et de ses discours emportés — BOSSUET, Déf. 1er disc, § 1

Substantivement. Celui, celle qui se laisse aller à la colère. C'est un emporté. C'est une folle, une emportée.

  • Dieux ! que cet emporté me donne de tourment ! — CORN., Veuve, III, 7
  • Vous allez vous emporter ; retirez-vous, je vous prie, je n'aime pas les emportés — DUFRÉNY, Esprit de contrad. SC. 18

Celui qui se laisse aller à ses passions.

  • Combien de maisons à demi éteintes voient tous les jours finir dans les débauches et dans la santé ruinée d'un emporté toute l'espérance de leur postérité et toute la gloire des titres qu'une longue suite de siècles avait amassés sur leur tête ! — MASS., Serm. pour le vendredi de la 2e semaine de carême, 1

Celui qui va trop loin, qui exagère les conséquences.

  • Les chefs de nos calvinistes n'en usèrent pas d'une autre sorte ; et encore que par honneur ils blâmassent ces emportés, nous ne voyons pas qu'on en fît aucune justice — BOSSUET, Variat. 10
Synonyme

EMPORTÉ, VIOLENT ; EMPORTEMENT, VIOLENCE. Emporté et violent diffèrent comme emportement et violence. Or l'emportement se manifeste toujours au dehors par une explosion ; la violence peut être muette, sans geste, sans signe. De plus la violence implique que quelque acte violent a été commis ; l'emportement peut s'exhaler en simples paroles ou manifestations extérieures.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « emporté » du Wiktionnaire.

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