faiblesse

nature
nom féminin
diction
[fɛblɛs] · 2 syllabes
usage
37 par million de mots

Sens et définitions

Nom 11

  1. État de ce qui est faible.
    • Je ressens comme une petite faiblesse.
  2. Manque de force ou de vigueur.
    • Une carence en carnitine aboutit à un dysfonctionnement mitochondrial, provoquant finalement la faiblesse musculaire. Erica F. Verrillo, Syndrome de fatigue chronique: guide de traitement, 2ᵉ édition, traduit par Francine Labelle, Babelcube Books, 2017
  3. Manque d’intelligence.
    • Faiblesse du jugement, de mémoire, de conception.
  4. Défaillance ; évanouissement ; syncope.
    • Puis elle demanda un verre d’eau, de l’eau par grâce, et avant qu’on eût pu lui en apporter, elle tomba en faiblesse, comme disent les paysans. George Sand, Jeanne, 1844
  5. Manque de puissance ou de ressources.
    • De toute manière, attendre trop de l'immigration, pour remédier à notre faiblesse démographique, serait nous exposer à des déceptions. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
  6. figuré Manque de talent.
    • Faiblesse d’exécution. — Faiblesse de style.
  7. figuré Manque de force morale qui dispose à trop d’indulgence, ou qui rend facile à troubler, à émouvoir.
    • Sa générosité n’est pas faiblesse ; son obligeance ne dépasse pas les obligations normales et naturelles ; aucune arrière-pensée en son comportement. Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
  8. Défaut de raison, d’empire sur soi-même, et des fautes qui en sont la suite.
    • Raïssouli est évidemment un profond psychologue qui connaît nos petites faiblesses et sait comment il faut nous prendre. Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 240
  9. Le fait de succomber à la séduction, en parlant d’une femme.
  10. Manque de grosseur, d’épaisseur, de force, de solidité de certaines choses.
  11. Le fait pour une chose d'être peu considérable en son genre.

Citation

Je ne sais ce que j'ai : je suis sans fièvre, je tousse moins, je dors très bien ; mais ma faiblesse est extrême
Madame de Maintenon, Lett. à Mme Glapion, t. III, p. 200, dans POUGENS

Origine du mot

Faible ; Berry, faibleté ; provenç. febleza ; anc. catal. feblea. L'ancien français avait aussi foibleté, qui est resté dans certains patois. — Littré, 1873

1873 — le Littré

FAIBLESSE s. f. (fè-blè-s')

1 Manque de force. La faiblesse du corps. encore relevé aujourd’hui

  • Je ne sais ce que j'ai : je suis sans fièvre, je tousse moins, je dors très bien ; mais ma faiblesse est extrême — MAINTENON, Lett. à Mme Glapion, t. III, p. 200, dans POUGENS
  • Elle [l'âme] ne doit plus se regarder elle-même, ni s'arrêter à la disproportion qu'elle trouve entre sa faiblesse et les difficultés de la voie où Dieu l'appelle — MASS., Profess. rel. Serm. 1
4 autres citations
  • Au commencement de la carrière, il nous soutient par des consolations sensibles ; c'est un lait dont il nourrit notre faiblesse — ID., ib. Serm. 2
  • Vous comprenez bien que l'intention de l'Église, en vous permettant l'usage des mets défendus, est de soulager votre faiblesse, et non d'aider votre sensualité — ID., Carême, Jeûne.
  • Ceux dont la tendre enfance N'avait que la faiblesse et des pleurs pour défense — VOLT., Orphel. I, 2
  • D'un moment de repos ma faiblesse a besoin — C. DELAV., Paria, III, 2

2 Il se dit des facultés intellectuelles. Faiblesse de jugement. La faiblesse de sa mémoire.

3 Manque de puissance, de ressources. repris par le Wiktionnaire

  • La faiblesse des petits États n'autorise point à méconnaître leurs droits — Dict. de l'Acad.

4 Défaillance, évanouissement. encore relevé aujourd’hui

  • Je vous vois prêt, monsieur, à tomber en faiblesse — MOL., Sgan. 11
  • Voilà une faiblesse qui prend à M. de Chaulnes avec le frisson — SÉV., 79
1 autre citation
  • Elle affectait d'avoir deux ou trois faiblesses par jour — HAMILT., Gramm. 10

5Fig. Manque de talent, de capacité. Cet orateur a été d'une faiblesse extrême dans la discussion.

Il se dit, dans un sens analogue, des productions de l'art et de l'esprit. La faiblesse du style.

  • Molière sentit d'ailleurs la faiblesse de cette petite comédie, et ne la fit point imprimer — VOLT., Vie de Molière.
  • Il a fallu que longtemps après il soit venu un homme supérieur, pour que les Français qui ne jugent des arts que par comparaison, sentissent combien la plupart des airs détachés et des symphonies de Lulli ont de faiblesse — ID., Comm. sur Corn. Rem. Pertharite, Préf.

La faiblesse d'un raisonnement, d'un argument, leur insuffisance à prouver ce qui est en question.

6 Manque de force morale. encore relevé aujourd’hui

  • Dans mon sort ravalé je sais vivre en princesse ; Je fuis l'ambition, mais je hais la faiblesse — CORN., Théod. II, 4
  • C'est faiblesse d'attendre Le mal qu'on voit venir, sans vouloir s'en défendre — ID., Pomp. II, 4
6 autres citations
  • C'est faiblesse d'aimer qui ne vous aime pas — ID., Suréna, III, 3
  • Quelle faiblesse à moi d'en croire un furieux ! — RAC., Mithr. III, 3
  • J'eus la faiblesse d'éluder mon serment — FÉN., Tél. X
  • L'impulsion à laquelle ce prince obéissait, n'altérait point son jugement : vrai caractère de la faiblesse ! — DUCLOS, Règne de Louis XIV, Œuv. t. v, p. 96, dans POUGENS.
  • Mais avec quel courroux, avec quelle tendresse, Mahomet de mes sens accuse la faiblesse ! — VOLT., Fanat. IV, 3
  • Ce prince [Louis XIII] n'avait guère d'autre faiblesse que celle d'être gouverné dans sa maison, dans son État, dans ses affaires, dans ses moindres occupations ; cette faiblesse le rendit malheureux toute sa vie — ID., Mœurs, 175

On dit de même faiblesse de caractère, d'âme, d'esprit, de cœur, de courage, de résolution.

7 Complaisance, inclination qui se laisse aller. Les faiblesses d'une mère pour ses enfants.

  • Ah ! que vous savez bien ici contre moi-même, Perfide, vous servir de ma faiblesse extrême ! — MOL., Mis. IV, 3
  • Je ne veux dire aucune douceur à M. de Grignan ; je me sens une telle faiblesse pour lui que je me fais scrupule de tout — SÉV., 611
4 autres citations
  • Quelque faiblesse que j'aie pour les modes — ID., 77
  • Me voilà sans défense en proie à vos appas, Ma belle enfant ; mon cœur a beaucoup de faiblesse, Un coup d'œil m'assassine ou tout au moins me blesse — BOURSAULT, Fables d'Ésope, I, 3
  • Si vous sentiez pour moi quelque heureuse faiblesse — RAC., Alex. II, 5
  • Ces noms de roi des rois et de chef de la Grèce Chatouillaient de mon cœur l'orgueilleuse faiblesse — ID., Iphig. I, 1

8 Défaut de raison, d'empire sur soi-même, et actes qui en sont la suite. repris par le Wiktionnaire

  • Je vous prie de ne point parler de mes faiblesses, mais vous devez les aimer, et respecter mes larmes, puisqu'elles viennent d'un cœur tout à vous — SÉV., 33
  • J'honore votre force et votre philosophie, et je ne ferai confidence de mes faiblesses qu'à ceux qui n'ont pas plus de courage que moi — ID., 13 oct. 1673
12 autres citations
  • Combattez-vous vos sens ? domptez-vous vos faiblesses ? — BOILEAU, Épît. XI
  • Et vos cœurs rougiraient des faiblesses du mien — RAC., Alex. I, 2
  • Zaïre, il faut pourtant avouer ma faiblesse ; D'un mouvement jaloux je ne fus pas maîtresse — ID., Bajaz. I, 4
  • Vous n'avez point du sang dédaigné les faiblesses — ID., Iphig. IV, 4
  • Je me flattais sans cesse Qu'un silence éternel cacherait ma faiblesse [un amour] — ID., ib. II, 1
  • Vil spectacle aux humains des faiblesses d'amour — ID., Bérén. v, 6
  • Combien d'autres âmes qui, après avoir fini les passions d'éclat, conservent encore toutes les autres, et font entrer toutes leurs faiblesses dans leur vertu ! — MASS., Profess. rel. Serm. 1
  • Il [Dieu] ne sait point punir des moments de faiblesse — VOLT., Henr. VII
  • Les faiblesses qu'on met au grand jour ne plaisent qu'à la malignité — ID., Louis XIV, 25
  • Songe que la colère, l'envie, l'indignation, la pitié sont des faiblesses indignes d'un philosophe — DIDER., Opin. des anc. phil. (cyniques).
  • De n'offrir qu'aux talents, de vertus ennoblis, Et qu'à l'amitié douce et qu'aux douces faiblesses D'un encens libre et pur les honnêtes caresses — A. CHÉNIER, Élég. XVI
  • Enfin, pour vous rendre compte de toutes ses faiblesses, elle avait peur en voiture, et elle se trouvait mal en voyant une araignée ou une souris — GENLIS, Veillées du château t. I, p. 23, dans POUGENS

9 Faiblesse se dit en parlant d'une femme qui n'a pas résisté à la séduction. encore relevé aujourd’hui

  • Quelle folie que celle d'un jeune homme qui croit à la fidélité d'une femme déjà célèbre par ses faiblesses, et à qui l'attrait du plaisir a fait oublier la pudeur ! — MARMONTEL, Mém. III

10 En parlant des choses, manque de solidité ou de force. La faiblesse d'une poutre, d'une digue, d'une corde. La faiblesse d'une place de guerre, d'un poste. encore relevé aujourd’hui

11 Il se dit de ce qui est peu considérable en son genre. Malgré la faiblesse du nombre ils voulurent combattre. La faiblesse de nos connaissances. encore relevé aujourd’hui

  • La faiblesse de sa voix [d'Isocrate], jointe à une timidité naturelle, l'avait empêché de se produire en public et de monter, comme les autres, sur la tribune aux harangues — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 64, dans POUGENS
  • L'expédition de l'amiral Anson est une preuve de ce que peut un homme intelligent et ferme malgré la faiblesse des préparatifs et la grandeur des dangers — VOLT., Louis XV, 27

12 La faiblesse d'un poids, d'une mesure, d'une monnaie, condition d'un poids, d'une mesure, d'une monnaie qui sont un peu au-dessous de la valeur légale. encore relevé aujourd’hui

Historique

XIIIe s.

  • Et il ala tout chancelant pour la feblesce de sa maladie, et prist le dey [dé] et les tables et les geta en la mer — JOINV., 253
  • Grant peché firent cil qui lui loerent [conseillèrent] l'alée, à la grande flebesce là où son corps estoit — ID., 300

XIVe s.

  • S'il [les ligaments des vertèbres] estoient poi, il ne pourroient le chief soustenir pour leur feblesce — H. DE MONDEVILLE, f° 19, verso.

XVIe s.

  • Il lui prit une foiblesse, dont elle se pasma incontinent et perdit la parole entierement — AMYOT, Brutus, 18
Étymologie

Faible ; Berry, faibleté ; provenç. febleza ; anc. catal. feblea. L'ancien français avait aussi foibleté, qui est resté dans certains patois.

Supplément au dictionnaire

FAIBLESSE. Ajoutez : - REM. On a dit être en faiblesse, par opposition à être en force.

  • Sur tous les points où l'action centrale est en faiblesse et devient impuissante — Journ. offic. 15 juin 1875, p. 4307, 1re col.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « faiblesse » du Wiktionnaire.

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