fausseté
- nature
- nom féminin
- diction
- [foste] · 2 syllabes
- attesté
- 1101
- usage
- 2 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Qualité d’une chose fausse, ce qui rend une chose fausse.
- Berce-toi donc de cette croyance, dit de Bracy, jusqu’à ce que le temps en ait prouvé la fausseté. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
-
Cette chose fausse elle-même.
- Sur le plan des faits, Zemmour est un historien, il ne commet pas de faussetés. Philippe Bilger, le 22 septembre 2021 sur CNews, cité par Laurent Joly, La Falsification de l’Histoire – Éric Zemmour, l’extrême droite, Vichy et les juifs, Grasset, Paris, 2022, p. 15
-
Duplicité, hypocrisie.
- Haj Garne n’a pas besoin de sérum de vérité pour se trahir. Il est l’incarnation par excellence de la fausseté. Son sourire, ses éclats de rire, ses grasses taloches sur l’épaule ne sont que leurre. Yasmina Khadra, Morituri, éditions Baleine, 1997, page 51
Citation
Bientôt après on eut des lettres du consul, qui montrèrent la fausseté de ce bruit
Origine du mot
Falseté, du latin falsitas → voir faux et -té.
Dans le dictionnaire latin : falsitas
1873 — le Littré
FAUSSETÉ s. f. (fô-se-té)
1 Qualité de ce qui est faux. encore relevé aujourd’hui
- Et je connais peu de vrais biens Dont on puisse jamais attendre Le plaisir que me fit la fausseté des miens — CHAULIEU, à Mlle Delaunay.
- Bientôt après on eut des lettres du consul, qui montrèrent la fausseté de ce bruit — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. VIII, p. 417, dans POUGENS
2 autres citations
- La fausseté d'un acte est un crime plus grand que le simple mensonge ; elle désigne une imposture juridique, un larcin fait avec la plume — VOLT., Dict. phil. Fausseté.
- C'est ainsi que, pour expliquer la systole et la diastole du cœur, il [Descartes] imagina un mouvement et une conformation dans ce viscère, dont tous les anatomistes ont reconnu la fausseté — VOLT., Newton, II, 9
2 Chose fausse. encore relevé aujourd’hui
- C'est à des faussetés sans besoin recourir — CORN., Théodore, II, 5
- Je vous écrivis avant-hier, croyant que ce qui était répandu du retour du prince de Conti à Versailles fût une vérité ; mais j'ai su que j'ai mandé une fausseté, qui est la chose du monde que je hais le plus — SÉV., 1er mai 1686
2 autres citations
- Toutes les faussetés qu'on nous a débitées sur le gouvernement des Turcs, dont nous sommes si voisins, doivent bien redoubler notre défiance sur l'histoire ancienne — VOLT., Mœurs, 191
- Ovide, ah ! qu'à mes yeux ton infortune est grande ! Non pour n'avoir pu faire aux tyrans irrités Agréer de tes vers les lâches faussetés.... — A. CHÉN., Ép. I
3 Duplicité, hypocrisie. repris par le Wiktionnaire
- Ce matin encore, elle lui renouvelait en ma présence toutes ces protestations ; quelle fausseté ! — GENLIS, Théât. d'éduc. l'Intrigante, I, 5
4Terme féodal. Fausseté de jugement, accusation que l'on portait contre le juge, d'avoir menti à sa foi.
Synonyme
FAUSSETÉ, MENSONGE, ERREUR. Fausseté est le contraire de la vérité, ce n'est pas proprement le mensonge, dans lequel il entre toujours du dessein. Il y a beaucoup de faussetés dans les historiens, des erreurs chez les philosophes, des mensonges dans presque tous les écrits polémiques, et encore plus dans les satiriques. La fausseté est presque toujours encore plus qu'erreur. La fausseté tombe sur les faits, l'erreur sur les opinions.
- C'est une erreur de croire que le soleil tourne autour de la terre ; c'est une fausseté d'avancer que Louis XIV dicta le testament de Charles II — VOLT., Dict. phil. Fausseté.
Historique
XIIe s.
- Vous dites faussetez — Ronc. p. 14
- Je vous pardoin sans nule fauseté — ib. p. 192
XIIIe s.
- Ge vodroie morir ainçois Qu'amors m'eüst de fausceté Ne de traïson areté [accusé] — la Rose, 3103
- Mais faussetez, qui partout vole, Qui crestiens tient à escole — RUTEB., 105
4 autres citations
- E despire [mépriser] la vanité Du mund, ki n'est fors fausseé — Édouard le Conf. v. 3385
- N'est pas fauseté ne mensunge — Édouard le Conf. v. 3398
- Cil qui fait aucune fauseté en amistié est deux tens pires que cil qui fause or ou argent — BRUN. LATINI, Trésor, p. 318
- Jehan Bretel, vos faussetés vous fait çou [cela] dire, bien le sai — Bibl. des chartes, 4e série, t. v, p. 468
XIVe s.
- Or disons après de ceulx qui monstrent verité et de ceulx qui dient ou monstrent falsité en conversation humaine — ORESME, Eth. 132
- Il confessa la dite fausseté de rasure [rature] — DU CANGE, falsare.
XVIe s.
- La falcité desquelles opinions.... — PARÉ, IX, Préf.
Étymologie
Wallon, fâseté ; provenç. falsetat, falsedat ; espagn. falsedad ; portug. falsidade ; ital. falsità ; du latin falsitatem, de falsus, faux 1. Au XIVe siècle et au XVIe on refit le mot sur le latin, disant falsité qui n'est pas resté.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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