guérir
- nature
- ver
- diction
- [ɡeʁiʁ] · 2 syllabes
- attesté
- 1001
- usage
- 29 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 3
- L’art de guérir.
-
figuré Délivrer d’un mal moral, de mauvaises habitudes, travers, passions, vices, etc.
- Cela le guérira peut-être de son indiscrétion.
-
ou Se délivrer d’un mal physique.
- M. A… G…, demeurant à Troyes, souffre depuis longtemps d’une entérite que différents traitements n’ont pu guérir. Émile Coué, La Maîtrise de Soi-même par l’autosuggestion consciente, éd. 1935, page 31
- Il se guérira peu à peu.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je guéris
- tu guéris
- il guérit
- nous guérissons
- vous guérissez
- ils guérissent
Imparfait
- je guérissais
- tu guérissais
- il guérissait
- nous guérissions
- vous guérissiez
- ils guérissaient
Passé simple
- je guéris
- tu guéris
- il guérit
- nous guérîmes
- vous guérîtes
- ils guérirent
Futur simple
- je guérirai
- tu guériras
- il guérira
- nous guérirons
- vous guérirez
- ils guériront
Passé composé
- j'ai guéri
- tu as guéri
- il a guéri
- nous avons guéri
- vous avez guéri
- ils ont guéri
Plus-que-parfait
- j'avais guéri
- tu avais guéri
- il avait guéri
- nous avions guéri
- vous aviez guéri
- ils avaient guéri
Passé antérieur
- j'eus guéri
- tu eus guéri
- il eut guéri
- nous eûmes guéri
- vous eûtes guéri
- ils eurent guéri
Futur antérieur
- j'aurai guéri
- tu auras guéri
- il aura guéri
- nous aurons guéri
- vous aurez guéri
- ils auront guéri
Subjonctif
Présent
- je guérisse
- tu guérisses
- il guérisse
- nous guérissions
- vous guérissiez
- ils guérissent
Imparfait
- je guérisse
- tu guérisses
- il guérît
- nous guérissions
- vous guérissiez
- ils guérissent
Passé
- j'aie guéri
- tu aies guéri
- il ait guéri
- nous ayons guéri
- vous ayez guéri
- ils aient guéri
Plus-que-parfait
- j'eusse guéri
- tu eusses guéri
- il eût guéri
- nous eussions guéri
- vous eussiez guéri
- ils eussent guéri
Conditionnel
Présent
- je guérirais
- tu guérirais
- il guérirait
- nous guéririons
- vous guéririez
- ils guériraient
Passé
- j'aurais guéri
- tu aurais guéri
- il aurait guéri
- nous aurions guéri
- vous auriez guéri
- ils auraient guéri
Impératif
Présent
- guéris
- guérissons
- guérissez
Passé
- aie guéri
- ayons guéri
- ayez guéri
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- guérir
- Participe présent
- guérissant
- Participe passé
- guéri
Citation
Pour tout l'or du monde, il ne voudrait pas avoir guéri une personne avec d'autres remèdes que ceux que la faculté permet
Origine du mot
Picard, garir ; Berry, garir, guarir ; provenç. garir, guarir, guerir ; ital. guarire ; du germanique : goth. warjan ; anc. h. allem. werjan ; allem. mod. wehren, défendre, protéger, ce qui est aussi le sens propre et primitif de guérir. — Littré, 1873
1873 — le Littré
GUÉRIR v. a. (ghé-rir. La Mothe le Vayer assurait que guarir est aussi bon que guérir, qu'il appelle efféminé et d'enfant de Paris qui change l'a en e ; mais Vaugelas constatait que guérir avait pris le dessus. Au XVIe siècle, Bèze disait : La plupart prononcent guarir et garison, mais la vieille prononciation guairir et guairison me paraît préférable. Au XVIIe siècle garir, forme ancienne, était encore usitée : Et toutes, pour garir, se reforçaient de boire)
1 Délivrer de maladie, faire revenir en santé. encore relevé aujourd’hui
- Pour tout l'or du monde, il ne voudrait pas avoir guéri une personne avec d'autres remèdes que ceux que la faculté permet — MOL., Pourc. I, 7
- Je ne vois rien de plus ridicule qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre — ID., Mal. im. III, 3
1 autre citation
- Ami, depuis trois jours tu n'es d'aucune fête, Dit-elle, que fais-tu ? pourquoi veux-tu mourir ? Tu souffres ; l'on me dit que je peux te guérir ; Vis et formons ensemble une seule famille : Que mon père ait un fils, et ta mère une fille — A. CHÉNIER, Idylles, le Malade
Par extension. Guérir un rhume. Le quinquina guérit la fièvre d'accès.
Absolument.
- Tu frappes et guéris, tu perds et ressuscites — RAC., Athalie, III, 7
- [Sydenham] guérissait parce qu'il avait de l'expérience et qu'il savait attendre — VOLT., Dict. phil. Fièvre.
L'art de guérir, la médecine.
- S'ils [les magistrats] avaient la véritable justice, si les médecins avaient le vrai art de guérir, ils n'auraient que faire de bonnets carrés : la majesté de ces sciences serait assez vénérable d'elle-même — PASC., Pensées, art. V, 9, édit. LAHURE, 1860
Fig. et familièrement. Cela ne guérit de rien, cela ne sert à rien.
On dit de même :
- De quoi guérira, de quoi me guérira cela ? De quoi est-ce que tout cela guérit ? — MOL., Bourg. gent. III, 3
2Fig. Guérir quelqu'un, faire disparaître en lui ce qui est comparé à une maladie. encore relevé aujourd’hui
- La mail qui me blessait a daigné me guérir — CORN., Rodog. IV, 3
- Je vais vous l'expliquer et veux bien vous guérir D'une erreur dangereuse où vous semblez courir — ID., Nicom. IV, 5
2 autres citations
- Si l'aveuglement des peuples n'eût pas éte incurable, elle [la reine] aurait guéri les esprits, et le parti le plus juste aurait été le plus fort — BOSSUET, Reine d'Anglet.
- J'attends avec ardeur Cette eau sainte, cette eau qui peut guérir mon cœur — VOLT., Zaïre, III, 4
Guérir quelqu'un de quelque chose, lui ôter quelque inclination, quelque habitude qui n'est pas bonne.
- Le plaisir que je prenais à le relire sans cesse me guérit un peu des romans — J. J. ROUSS., Confess. I
Guérir de, se dit avec un infinitif.
- Un soupir, une larme à regret épandue M'aurait déjà guéri de vous avoir perdue — CORN., Poly. II, 2
Il se dit aussi des choses qu'on guérit.
- J'ai peur que je ne vous épouvante trop, et que le remède dont je veux guérir votre ennui [chagrin] ne soit plus violent que le mal — VOIT., Lett. 14
- Le temps, qui guérit tout, guérira tes douleurs — GODEAU, Poésies, 2e part. 2e églogue.
7 autres citations
- Aussitôt qu'un État devient un peu trop grand, Sa chute doit guérir l'ombrage qu'elle [Rome] en prend — CORN., Nicom. V, 1
- Du prince la raison a guéri le caprice — ROTR., Vencesl. III, 6
- Le trépas vient tout guérir ; Mais ne bougeons d'où nous sommes ; Plutôt souffrir que mourir, C'est la devise des hommes — LA FONT., Fabl. I, 16
- Les hommes, n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, se sont avisés, pour se rendre heureux, de ne point y penser — PASC., Pensées, IV, 2, édit. LAHURE, 1860
- Par le travail, on charmait l'ennui, on guérissait la langueur de la paresse et les premières rêveries de l'oisiveté — BOSSUET, Anne de Gonz.
- Le monde endort les chagrins, mais il ne les guérit pas — MASS., Avent, Afflict.
- J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence ; Il a vu mes pleurs pénitents ; Il guérit mes remords, il m'arme de constance ; Les malheureux sont ses enfants — GILBERT, Ode imitée de plusieurs psaumes
3 V. n. Recouvrer la santé. encore relevé aujourd’hui
- Il [le médecin] m'ordonne des remèdes, je ne les fais pas et je guéris — MOL., Mot cité en note au troisième placet au roi sur le Tartuffe, Œuv. compl. édit. variorum de 1862
- C'était demander à un mourant s'il voulait guérir — VOLT., Louis XIV, 22
Fig.
- L'auditeur peut avoir de la commisération pour Antiochus, pour Nicomède, pour Héraclius ; mais, s'il en demeure là, et qu'il ne puisse craindre de tomber dans un pareil malheur, il ne guérira d'aucune passion — CORN., 2e disc.
- Je guéris, et mon cœur, en secret mutiné, S'imposa cet exil dans un séjour champêtre — ID., Œdipe, IV, 4
4 autres citations
- Le sage guérit de l'ambition par l'ambition même — LA BRUY, II
- Les femmes guérissent de leur paresse par la vanité ou par l'amour — ID., III
- Athènes tomba, parce que ses erreurs lui parurent si douces qu'elle ne voulut pas en guérir — MONTESQ., Rom. 8
- Il est des blessures Dont un cœur généreux peut rarement guérir — VOLT., Tancr. V, 3
Familièrement. On ne guérit point de la peur, de l'ivrognerie, de la passion du jeu, etc. c'est-à-dire être peureux, ivrogne, joueur, sont des défauts qui ne se corrigent pas. Et activement : On ne guérit point la peur, l'ivrognerie, etc.
4 Il se dit des maladies qui s'en vont. Cette blessure est légère et guérira bientôt.
5 Se guérir, v. réfl. Être guéri. Il est des maladies dont on ne peut se guérir. encore relevé aujourd’hui
- Nous guérissons infailliblement tous ceux qui se guérissent d'eux-mêmes — VOLT., Dict. phil. Maladie.
Fig.
- Par le commerce ils se seraient éclairés à la Chine, humanisés dans l'Inde, guéris de tous leurs préjugés avec les Européens — RAYNAL, Hist. phil. II, 7
6 Recevoir guérison, en parlant de la maladie, de la lésion. Son mal se guérit. Ces fièvres se guérissent par le quinquina. encore relevé aujourd’hui
7 Se procurer la guérison à soi-même. Il s'est guéri par sa persévérance à suivre le régime qui lui avait été recommandé.
Fig.
- Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre, C'est en me guérissant que je sais leur répondre — BOILEAU, Épît. VII
Proverbes
C'est un saint qui ne guérit de rien, se dit d'un homme qui a peu de crédit.
Médecin, guéris-toi toi-même, c'est-à-dire gardez pour vous-même les avis que vous donnez aux autres.
Quand on est mort, c'est pour longtemps ; On est guéri du mal de dents, De la potence et du carcan, Anc. chanson.
Historique
XIe s.
- Charles respond : Encor porrat garir [se sauver, se garantir] — Ch. de Rol. X
- [Toi] Qui Daniel des lions guaresis — ib. CLXXIII
3 autres citations
- Assoudrai vous pur vos ames guarir — ib. LXXXVII
- Deus le guarit qu'al cors [l'épieu] ne l'a toché — ib. CI
- Nel puet guarir ses escuz ne sa broine [cuirasse] — ib. CXV
XIIe s.
- Garisez s'ame de peine et de torment — Ronc. p. 103
- Car nus [nul] n'ert [ne sera] jà de ces douz maus garis, Se il n'est touz de fine amor espris — Couci, p. 125
2 autres citations
- Mult malades [il] guari de sun relief demaine [par son secours souverain] ; La fille à un riche humme en devint tute saine, Qui out esté fievrose mainte lunge semaine — Th. le mart. 95
- Abisaï le fiz Sarvie guarid [garantit] le rei e ferid cel vassal. si l'ocist, Rois, p, 203. Ysaias cumandad que l'um figes li portast, si en fist un emplastre, e fist la mettre sur un clou que li reis out ù il se doleit, si en guarrid — ib. 417
XIIIe s.
- Ne te gariroit pas tout li ors de Baviere, Que cest bois ne te soit à tousjours mais litiere — Berte, X
- De prester à usure mout bien nous guerirons [nous nous soutiendrons bien en prêtant] — ib. LXXVII
1 autre citation
- D'une pierre fu li mordens [agrafe] Qui garissoit du mal des dens — la Rose, 1084
XIVe s.
- À Nicaise de Boussut, qui fut navré de mons. Willaume de Masteng, pour li faire warir.... — CAFFIAUX, Abattis de maisons, p. 9
XVIe s.
- La chaussure patricienne ne guarit pas de la goutte aux pieds — AMYOT, Morales, t. I, p. 106, dans RAYNOUARD, Lexique. Je le pansay, Dieu le guarit, Mot d'Ambroise Paré.
Étymologie
Picard, garir ; Berry, garir, guarir ; provenç. garir, guarir, guerir ; ital. guarire ; du germanique : goth. warjan ; anc. h. allem. werjan ; allem. mod. wehren, défendre, protéger, ce qui est aussi le sens propre et primitif de guérir.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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