guenille
- nature
- nom féminin
- diction
- [ɡənij] · 2 syllabes
- attesté
- 1611
- usage
- 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
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familier Haillon, chose sans valeur, sans importance, méprisable.
- Il n’a pas une guenille au cul qu’il ait gagnée par lui-même. Qu’il y vienne, vous verrez si je sais faire foutre le camp aux maquereaux ! Charles-Louis Philippe, Bubu de Montparnasse, 1901, réédition Garnier-Flammarion, page 142
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figuré Chose méprisable et sans valeur.
- Vous avez fait de mauvais devoirs cette semaine, me dit le professeur, qui n’y retrouve ni du Virgile, ni de l’Horace, si ce sont des vers ; ni des guenilles de Cicéron, si c’est du latin ; ni du Thomas, ni du Marmontel, si c’est du français. Jules Vallès, L’Enfant, G. Charpentier, 1889
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familier Individu méprisable, vaurien.
- — Mon Dieu, comme vous disposez de moi !… dit alors madame Marneffe. Et mon mari ?… — Cette guenille ? — Le fait est qu’auprès de vous, c’est cela… répondit-elle en riant. Honoré de Balzac, La Cousine Bette, 1846
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familier Appellation faussement insultante adressée à un enfant.
- – Lève-toi de ma route, guenille ! me criait-elle. Je vais t'ébouillanter si tu restes là, bouche ouverte. Tu attends des truffes ? Henri Bosco, L’Âne Culotte, 1937
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Vêtement misérable en lambeaux.
- Un vieillard et son enfant en guenilles tendirent leurs mains sales et calleuses vers nous. Éric-Emmanuel Schmitt, L'Évangile selon Pilate, Albin Michel, 2000. Prologue
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Sorte de longs poils plus ou moins feutrés ou crasseux que portent certaine races de mules et de baudets.
- Le marchand de mules […] imite, au moyen de la bouse de vache ou du crottin délayé, les crottes ou guenilles qui pendent sur les fesses et le ventre des mules de bonne provenance qui ne sont pas débourrées. Gabriel Maury, Des ruses employées dans le commerce des solipèdes, Jules Pailhès, 1877
- Torchon, chiffon, débarbouillette.
Citation
Il me tarde déjà que je n'aie des habits raisonnables pour quitter vite ces guenilles
Origine du mot
On a indiqué le flamand quene, surtout de laine ; l'anc. franç. gone, robe (guenille pour gonille). Lehéricher cite un verbe normand guener, mendier. Enfin du Cange, au mot guella, a les guenelles des banieres, ce qui signifie banderoles, drapeaux. Tout cela est incertain. — Littré, 1873
1873 — le Littré
GUENILLE s. f. (ghe-ni-ll', ll mouillées, et non ghe-ni-ye)
1 Haillon, chiffon. Que faites-vous de cette guenille ? non relevé aujourd’hui
Sac à guenilles, sac où l'on met les chiffons en lambeaux.
Fig.
- La duchesse de Chartres répondit qu'elle aimait mieux être un sac à vin que sac à guenilles, par où elle entendait Clermont et des gardes du corps qui avaient été les uns chassés, les autres éloignés à cause d'elle [la princesse de Conti] — SAINT-SIMON, 32, 122
2Par extension et surtout au pluriel , toutes sortes de hardes vieilles et usées.
- Il me tarde déjà que je n'aie des habits raisonnables pour quitter vite ces guenilles — MOL., Mar. forcé, 4
- L'Europe, qui marche à béquilles, Riche goutteuse, ne croit pas à la vertu sous des guenilles — BÉRANG., Hâtons-nous.
En guenille, se dit d'une personne dont le vêtement est tout délabré.
- Ils [les jeunes gentilshommes venant solliciter un brevet d'officier] vont trottant des bords de la Charente, De ceux du Lot..., En botte, en guêtre et surtout en guenille — VOLT., Pauvre diable.
Fig et familièrement. Être après les guenilles de quelqu'un, le poursuivre, lui faire une mauvaise affaire.
- Pour mes jours gras du vin fraudé Mit le juge après mes guenilles — BÉRANG., Ange gard.
Familièrement. Troussez vos guenilles, allez-vous-en, sortez d'ici.
- Gentil ambassadeur de quilles, Croyez-moi, troussez vos guenilles — SCARRON, Gigantom. I
3Fig. Chose de peu d'importance.
- Philaminte : Le corps cette guenille est-il d'une importance, D'un prix à mériter seulement qu'on y pense ? - Chrysale : Oui, mon corps est moi-même ; et j'en veux prendre soin.... Guenille, si l'on veut ; ma guenille m'est chère — MOL., Femmes sav. II, 7
- Il vaut mieux qu'il [Crébillon] achève Catilina que de perdre son temps à lire mes guenilles — VOLT., Lett. en vers et en prose, 25
2 autres citations
- Vous connaissez cette guenille [Épître XXXIX], que j'avais écrite au comte Algarotti — ID., Lett. Thiriot, 30 nov. 1735
- Il est triste d'être obligé de parler à un homme de ce caractère de cette guenille qu'on nomme appointements et argent — ID., Lett. Margr. de Baireuth, dans Rev. franç. février 1866, p. 207
Étymologie
On a indiqué le flamand quene, surtout de laine ; l'anc. franç. gone, robe (guenille pour gonille). Lehéricher cite un verbe normand guener, mendier. Enfin du Cange, au mot guella, a les guenelles des banieres, ce qui signifie banderoles, drapeaux. Tout cela est incertain.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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