haillon

nature
nom masculin
diction
[ajɔ̃] · 2 syllabes
attesté
1391
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. Vieux lambeau de toile ou d’étoffe, guenille.
    • De grands lambeaux de brumes tout déloquetés, de véritables haillons tissus d’air et d’eau, balayaient le sol. Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cⁱᵉ, Paris, 1873
  2. Variante de hayon, hutte où travaillaient les ouvriers dans une ardoisière.
1 emploi spécialisé
  1. Habillement Vêtement usé.
    • Yasmina lui était apparue, svelte et fine sous ses haillons bleus, avec son visage bronzé. Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902

Citation

Il [le Tasse] alla à pied, couvert de haillons, depuis Ferrare jusqu'à Sorrento, dans le royaume de Naples, trouver une sœur qu'il y avait et dont il espérait quelque secours
Voltaire, Ess. poés. ép. ch. 7

Origine du mot

Dérivé en -on, soit de l’ancien français hailles (« guenilles ») → voir guenille et guenillon, soit du vieux haut allemand hadel → voir Hader et hadr ; hadel donne le féminin haille comme Nudel donne nouille. L’emprunt est ancien étant donné l’aire d’extension dans les patois wallon, champenois et picard alors que le normand a désaillé (« usé (en parlant d'un habit) »), déheiller (« mettre en lambeaux »), le breton a haillevodet (« gueux, canaille »)

Les mots français venus de l’allemand

1873 — le Littré

HAILLON s. m. (ha-llon, ll mouillées, et non ha-yon)

1 Vieux lambeau de toile ou d'étoffe. encore relevé aujourd’hui

  • Quittez à cette heure ces vieux haillons — VAUGELAS, Q. C. IV, 1
  • C'est Timon qui cultive un champ pierreux ; dieux ! comme il est fait, au prix de ce qu'il était autrefois ! le voilà tout crasseux et tout couvert de haillons — D'ABLANCOURT, Lucien, Timon.
3 autres citations
  • La paresse toujours endormie sera vêtue de haillons — SACI, Prov. de Salom. XXIII, 20
  • Il [le Tasse] alla à pied, couvert de haillons, depuis Ferrare jusqu'à Sorrento, dans le royaume de Naples, trouver une sœur qu'il y avait et dont il espérait quelque secours — VOLT., Ess. poés. ép. ch. 7
  • Il secouait sous son manteau Un haillon de pourpre en lambeau, Sur sa tête un myrte stérile — A. DE MUSSET, Poés. nouv. Nuit de décembre.

Par extension.

  • Les pompes du monde que saint Augustin appelle avec raison les haillons du diable — NICOLE, Essais, t. III, p. 324, dans POUGENS

Fig.

  • Des expressions ignobles dans la bouche d'un grand personnage sont des haillons qui couvrent un roi — LA HARPE, Cours de littér. t. VII, p. 87, dans POUGENS

2Terme d'ardoisière. Petite hutte où travaillent les ouvriers. non relevé aujourd’hui

Historique

XVe s.

  • Les prisonniers estoient sans chapperon tous nuds testes, chascung ung poure haillon vestus, tous sans chausses ne souliers la plus grande partie — Journal de Paris sous Charles VI et VII, p. 191, dans LACURNE

XVIe s.

  • Il fault rebrosser ce sot haillon qui cache nos mœurs ; ils envoyent leur conscience au bordel et tiennent leur contenance en regle — MONT., III, 314
Étymologie

Anc. haut allem. hadil, lambeau. Coquillart, Droits nouveaux, a dit haillonnerie.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « haillon » du Wiktionnaire.

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