patois
- nature
- nom masculin
- diction
- [patwa] · 2 syllabes
- attesté
- Au plus tard au XIIIᵉ siècle
- usage
- 9 par million de mots
Sens et définitions
Nom 6
-
Dialecte parlé dans une contrée réduite.
- Une autre corvée est la tournée des poubelles, des équevilles en patois de la Croix-Rousse. Patrick Lemoine, Droit D'Asiles, Odile Jacob, 1998, page 103
-
péjoratif Mode d'expression propre à un groupe de personnes.
- Honteux d’avoir été bête, il voulut être roué ; il lui parla quelque temps encore en patois séminariste de blessures à fermer ou à cautériser par l’ouverture de nouvelles plaies saignant largement et sans douleur. Charles Baudelaire, La Fanfarlo, 1847 ; réédition Gallimard, 2012, collection Folio, page 46
-
péjoratif Langage pauvre et rustique ; jargon incompréhensible.
- Il s’exprimait dans un incroyable patois. C’est du patois !
-
Mauvais style.
- Cela est mal dit, mal écrit : quel patois !
- péjoratif Langue régionale.
- Péjoratif Langue régionale. La notion péjorative de ce sens dépend des milieux et des régions (voir ).
Adjectif 1
-
Qui présente les caractères d’un parler local.
- On publie aujourd'hui les chansons patoises de Bretagne ou d’Aquitaine, mais aucun chant des vieilles provinces où s'est toujours parlée la vraie langue française ne nous sera conservé. Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Chansons et légendes du Valois, 1854
Citation
L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller, Se plaint en son patois
Origine du mot
De l’ancien français patois.
1873 — le Littré
PATOIS s. m. (pa-toî ; un pa-toi-z agréable)
1 Parler provincial qui, étant jadis un dialecte, a cessé d'être littérairement cultivé et qui n'est plus en usage que pour la conversation parmi les gens de la province, et particulièrement parmi les paysans et les ouvriers. Le patois normand, gascon.
- Peut-être l'introduction du patois sur la scène française n'est-elle qu'un reste de ce misérable goût que nos pères ont eu pendant un temps pour le burlesque — D'OLIVET, Rem. Racine, I, § 49
- Ah ! c'est donc ça qu'elle parle un peu patois — GENLIS, Théât. d'éduc. la March. de modes, sc. 2
Par analogie et plaisanterie.
- L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller, Se plaint en son patois — LA FONT., Fabl. III, 1
- On entendit, à son exemple, Rugir en leur patois messieurs les courtisans — ID., ib. VIII, 14
2 Il se dit quelquefois de certaines façons de parler qui échappent aux gens de province. Cela est du patois.
3Par dénigrement, langue pauvre et grossière.
- Un reste de l'ancien patois [la langue gauloise] s'est encore conservé chez quelques rustres dans cette province de Galles, dans la Basse-Bretagne, dans quelques villages de France — VOLT., Dict. Phil. français.
- Ce texte [un texte grec] a des délicatesses bien difficiles à rendre, et notre maudit patois [le français] me fait donner au diable — P. L. COUR., Lett. I, 219
Patois se dit aussi pour mauvais style. Quel patois !
4 Adj. Patois, patoise, qui a le caractère du patois.
- Transposition de mots ridicule et patoise — GARASSE, Recherche des recherches, p. 552, dans LACURNE
Historique
XIIIe s.
- Lais d'amors et sonnés corrois Chantoit chascun en son patois, Li uns en haut, li autre en bas — la Rose, 710
XVe s.
- Plusieurs femmes y alloient [écouter un prédicateur] curieusement de nuict et de jour, qui se garnissoient en leurs patois [en leurs localités] de pierres, cendres, cousteaulx et autres ferremens et bastons, pour frapper ceux qui lui voudroient nuire ou empescher sa dicte predication — Chroniq. scand. de Louis XI, p. 396, dans LACURNE
- Si apperceus venir de la forest une merveilleuse cyngesse grande et layde sans comparaison, et la suyvoient tant de cinges que sans nombre ; et pour ce à celle fois, si je fuz esbahy, ce n'est pas merveille ; car ilz faisoient contenance en leur patois de moy mettre à mort — Perceforest, t. IV, f° 9
Étymologie
Ménage, Lamonnoye, regardent patois comme dit pour patrois ; patrois représente le bas-latin patriensis, qui s'est dit pour homme du pays, indigène. La difficulté est dans l'absence de l'r. Diez dit que, dans Brunetto Latini, Trésor, p. 3, au lieu de, selon le langage des François, les variantes portent selon le patrois ou pratrois ; mais la nouvelle édition ne donne que patois. On remarquera, dans la Chronique scandaleuse, patois avec le sens de localité, pays ; ce qui concorde avec l'explication de patois par patrois. Le provençal a pati, pays. Dans le Midi on dit un patois, une patoise, pour un compatriote, une compatriote. Tout cela emporte la balance ; et il faut admettre que l'r a disparu.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Wiktionnaire (dump du 6 juillet 2026) Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « patois » du Wiktionnaire.