pieux
- nature
- adj masculin
- diction
- [pjø] · 1 syllabe
- usage
- 7 par million de mots
- parenté
- pi
Sens et définitions
Adjectif 5
-
Qui a de la piété ; qui est attaché aux croyances, aux devoirs et aux pratiques de la religion.
- Ah ! Chartres, n’est pas précisément ce qu’on appelle une ville pieuse. Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915
-
Qui sert aux exercices de piété.
- En aucune province française on ne rencontre, autant qu’en Bretagne, de pieux monuments. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
-
Qui part d’un esprit touché des sentiments de la religion.
- Bientôt paraît le kesksou (cous-cous) traditionnel, et nous l’attaquons avec un pieux bismillah (au nom de Dieu). Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 31
-
familier Peu éclairé.
- On a vu jusqu’ici ce qui se passa au village de Bun Hill, et comment le déluge des innovations submergea sa pieuse rusticité. H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 118 de l’édition de 1921
-
Qui tient à la piété filiale et à certains autres sentiments humains de vénération.
- On l’entourait avec un pieux respect.
Formes fléchies 1
-
Pluriel de pieu.
- Autour de Gouloux, les arbustes étaient attachés entre eux, une fois plaissés, avec un lien, sans l’aide de pieux. Claude Régnier, Paule Bertrand, Les parlers du Morvan, volume 1, 1979, page 176
- Autour de Gouloux, les arbustes étaient attachés entre eux, une fois plaissés, avec un lien, sans l’aide de pieux. Claude Régnier, Paule Bertrand, Les parlers du Morvan, volume 1, 1979, page 176
Citation
Louis XIII rendit au ciel son âme juste et pieuse, et il parut que notre ministre était réservé au roi son fils
Origine du mot
Du latin pius (« pieux, qui remplit ses devoirs envers la divinité, religieux, saint, sacré »). pius.
Dans le dictionnaire latin : pius
1873 — le Littré
PIEUX, EUSE adj. (pi-eû, eù-z')
1 Qui a de la piété. encore relevé aujourd’hui
- Louis XIII rendit au ciel son âme juste et pieuse, et il parut que notre ministre était réservé au roi son fils — BOSSUET, le Tellier.
- Les trois pieuses Maries étant accourues dès le grand matin pour chercher leur bon maître [Jésus] dans ce lit de mort — ID., 1er sermon, Pâques, préambule.
3 autres citations
- Puissiez-vous voir M. de Dangeau aussi pieux que vous êtes dévote ! — MAINTENON, Lett. à Mme de Dangeau, 10 nov. 1715
- C'est une chose délicate à un prince religieux de réformer la cour et de la rendre pieuse — LA BRUY., XIII
- Ce temple rustique Dont la mousse a couvert le modeste portique, Mais où le ciel encor parle à des cœurs pieux — LAMART., Méd. I, 22
Substantivement.
- Quoi qu'il en soit, il serait toujours vrai que le faux culte aurait bientôt commencé, même parmi les pieux et dans la famille de Seth — BOSSUET, Élévat. sur myst. VII, 7
2 Qui a le caractère de la piété, en parlant des choses. encore relevé aujourd’hui
- Eh ! merci de ma vie ! il en irait bien mieux, Si tout se gouvernait par ses ordres pieux — MOL., Tart. I, 1
- Ces pieux devoirs que l'on rend à sa mémoire, ces prières, ces expiations, ce sacrifice.... — FLÉCH., Mme de Mont.
1 autre citation
- Et du concert pieux j'entends le bruit lointain — C. DELAV., Paria, I, 3
Legs pieux, legs destiné à être employé en œuvres pies.
Croyance pieuse, opinion qu'adoptent des personnes pieuses, bien qu'elle ne soit pas prescrite par la foi.
Ironiquement, pieuse croyance, opinion peu éclairée.
Substantivement. Le pieux, ce qui a le caractère de la piété.
- Si le pieux y règne, on n'en a point banni Du profane innocent le mérite infini — LA FONT., Poésies mêlées, XXXIX.
3 Qui tient à un sentiment d'amour filial, de compassion pour les malheureux, etc. encore relevé aujourd’hui
- Toi, qui l'as honoré sur cette infâme rive D'une flamme pieuse autant comme chétive, Dis-moi quel bon démon a mis en ton pouvoir De rendre à ce héros ce funèbre devoir — CORN., Pomp. V, 1
- Il était conduit par l'amour pieux qu'un fils doit à son père — FÉN., Tél. XVIII
1 autre citation
- Il alla lui-même retirer son corps sanglant et défiguré de l'endroit où il était caché sous un monceau de corps morts ; il versa sur lui des larmes pieuses — ID., ib. XVII
Étymologie
L'ancienne langue n'a pas pieux, dissyllabe ; elle a pif, piu en variantes, au régime, Sax. XXIV ; pius, au sujet et monosyllabe, Th. le mart. 157. Les autres exemples donnent ce mot toujours monosyllabe ; c'est donc la reproduction du latin pius : au nominatif, pius ou piex, au régime pif ou piu ; pius est traité comme deus, qui donne dieu monosyllabe. Le provençal a pios, pius. Pieux, de la langue moderne, vient ou d'une forme allongée de pie, ou plutôt d'un changement de prononciation dans cet ancien adjectif pius, piex.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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