priver
- nature
- ver
- diction
- [pʁive] · 2 syllabes
- usage
- 10 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 5
-
Ôter à quelqu’un ce qu’il a, ce qu’il possède, l’empêcher de jouir de quelque avantage qu’il avait ou pouvait avoir, le dépouiller de quelque chose qui lui appartient.
- Le sol schisteux et argileux de la partie septentrionale des Ardennes au-delà de Charleville est entièrement privé de calcaire, […]. Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 41
- Retirer à quelqu'un ce qu’il désire.
-
Se refuser un plaisir, un désir, un avantage ; s’imposer des privations.
- Euphrasie. Je conçois parfaitement... en votre qualité d'avocat de M. le comte, vous cherchez à m'effrayer... vous voudriez que nous nous privassions nous-mêmes de l'appui d'une personne qui nous est dévouée. Michel-Nicolas Balisson de Rougemont, Léon, drame en 5 actes, créé au Théâtre de la Porte-Saint-Martin le 1ᵉʳ décembre 1836, acte 3, scène 7 (p. 20) , dans Le Magasin théatral : choix de pièces nouvelles, jouées sur les théatres de Paris, tome 15, Paris :
-
S’abstenir de réagir ou de faire quelque chose.
- Il faut savoir se priver des choses qui ne sont pas nécessaires.
-
vieilli S’apprivoiser.
- Le loup pris jeune se prive, mais ne s'attache point, la nature est plus forte que l'éducation ; il reprend avec l'âge son caractère féroce, et retourne, dès qu'il le peut, à son état sauvage. Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle des animaux, « Le Loup », in Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, page 769.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je prive
- tu prives
- il prive
- nous privons
- vous privez
- ils privent
Imparfait
- je privais
- tu privais
- il privait
- nous privions
- vous priviez
- ils privaient
Passé simple
- je privai
- tu privas
- il priva
- nous privâmes
- vous privâtes
- ils privèrent
Futur simple
- je priverai
- tu priveras
- il privera
- nous priverons
- vous priverez
- ils priveront
Passé composé
- j'ai privé
- tu as privé
- il a privé
- nous avons privé
- vous avez privé
- ils ont privé
Plus-que-parfait
- j'avais privé
- tu avais privé
- il avait privé
- nous avions privé
- vous aviez privé
- ils avaient privé
Passé antérieur
- j'eus privé
- tu eus privé
- il eut privé
- nous eûmes privé
- vous eûtes privé
- ils eurent privé
Futur antérieur
- j'aurai privé
- tu auras privé
- il aura privé
- nous aurons privé
- vous aurez privé
- ils auront privé
Subjonctif
Présent
- je prive
- tu prives
- il prive
- nous privions
- vous priviez
- ils privent
Imparfait
- je privasse
- tu privasses
- il privât
- nous privassions
- vous privassiez
- ils privassent
Passé
- j'aie privé
- tu aies privé
- il ait privé
- nous ayons privé
- vous ayez privé
- ils aient privé
Plus-que-parfait
- j'eusse privé
- tu eusses privé
- il eût privé
- nous eussions privé
- vous eussiez privé
- ils eussent privé
Conditionnel
Présent
- je priverais
- tu priverais
- il priverait
- nous priverions
- vous priveriez
- ils priveraient
Passé
- j'aurais privé
- tu aurais privé
- il aurait privé
- nous aurions privé
- vous auriez privé
- ils auraient privé
Impératif
Présent
- prive
- privons
- privez
Passé
- aie privé
- ayons privé
- ayez privé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- priver
- Participe présent
- privant
- Participe passé
- privé
Citation
Je te prive, pendard, de ma succession, Et te donne de plus ma malédiction
Origine du mot
Du latin privare.
Dans le dictionnaire latin : privare
1873 — le Littré
PRIVER1 v. a. (pri-vé)
1 Ôter à quelqu'un ce qu'il a, l'empêcher de jouir de quelque chose. encore relevé aujourd’hui
- Je te prive, pendard, de ma succession, Et te donne de plus ma malédiction — MOL., Tart. III, 6
- Notre siècle a vu un roi se servir de ces deux grands hommes [Condé et Turenne], et, après qu'il en a été privé par la mort de l'un et les maladies de l'autre, exécuter de plus grandes choses.... — BOSSUET, Louis de Bourbon.
2 autres citations
- D'un spectacle si doux ne privez point mes yeux — RAC., Iphig. III, 1
- Ô superstition ! tes rigueurs inflexibles Privent d'humanité les cœurs les plus sensibles — VOLT., Fanat. I, 2
2 Se priver, v. réfl. S'ôter à soi-même un avantage, un bien. encore relevé aujourd’hui
- Quoi ! ne vaut-il pas mieux, puisqu'il faut m'en priver, La céder [Monime] à ce fils que je veux conserver ? — RAC., Mithr. IV, 5
- Il y a des hommes.... qui se privent eux-mêmes de la société des hommes, et passent leurs jours dans la solitude — LA BRUY., XI
Renoncer à l'usage de quelque jouissance.
- Il ne faut ni vigueur, ni jeunesse, ni santé pour être avare.... il faut laisser seulement son bien dans ses coffres et se priver de tout — LA BRUY., XI
- Les avares qui se privent du nécessaire sont abandonnés à Plaute et à Molière — VOLT., Dict. phil. Avarice.
Par antiphrase, renoncer à quelque chose de douloureux.
- Il fallait bien souvent me priver de mes larmes — RAC., Phèdre, IV, 4
Synonyme
1. PRIVER, FRUSTRER.
- On peut priver légitimement quelqu'un de quelque chose, et par un acte d'autorité ; l'idée de trahison ou d'injustice entre toujours dans celle de frustrer. Un père mécontent prive son fils de son héritage ; un frère intrigant et fourbe frustre son frère des droits qu'il avait à la succession paternelle, — F. GUIZOT
2. SE PRIVER, S'ABSTENIR. S'abstenir n'exprime qu'une action, se priver exprime aussi le sentiment qui l'accompagne. On peut s'abstenir d'une chose indifférente ; on ne se prive que d'une jouissance.
Historique
XIVe s.
- Et avecques ce il est privé par la mort des très grans biens que il a de present — ORESME, Eth. 90
- Et pour ce disoit bien Agathon le philosophe que Dieu est privé d'une seule chose, c'est assavoir que il ne peut faire que les choses qui sont faites ne aient esté faites — ID., ib. 172
XVIe s.
- On va jusques à se priver vilainement de la jouissance de ses propres biens — MONT., I, 316
Étymologie
Provenç. et espagn. privar ; ital. privare, du lat. privare, priver.
PRIVER2 v. a. (pri-vé)
1 Rendre privé, en parlant d'un animal. Les oiseaux de proie sont les plus difficiles de tous à priver.
2 Se priver, v. réfl. Devenir privé. encore relevé aujourd’hui
- Le loup pris jeune se prive, mais ne s'attache point ; la nature est plus forte que l'éducation — BUFF., Quadrup. t. II, p. 188
- Gesner observe que le martin-pêcheur ne peut se priver, et qu'il demeure toujours également sauvage — ID., Ois. t. XIII, p. 260
Historique
XIIIe s.
- Ce dist li rois : merveilles [je] voi ; Ci leus [ce loup] est ci venus à moi ; Or sachiés bien qu'il est privés — Lai de Melion
XVIe s.
- Avec le temps, il la rendit [sa biche] si privée et si familiere, qu'elle venoit à luy quand il l'appeloit — AMYOT, Sert. 15
Étymologie
Privé 1.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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