prune

nature
nom féminin
diction
[pʁyn] · 1 syllabe
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 7

  1. Fruit comestible du prunier, à chair juteuse, à noyau comprenant de nombreuses variétés de forme ovoïde et de couleur allant du vert au violet en passant par le jaune.
  2. Eau-de-vie de prunes.
  3. figuré Coup porté au visage.
    • Il vient de m’arriver un pépin, je me suis pris une prune en plein poire. Cerise sur le gâteau les frais d’avocat seront pour ma pomme. Florent Arnaud, Les perles du Net, éditions Lulu, 2019
  4. figuré Balle tirée par une arme. absent du Littré
    • — Qui ? Silvère ? répondit Antoine. Il se promenait au milieu des insurgés avec une grande fille rouge au bras. S’il attrapait quelque prune, ça serait bien fait. Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871
  5. figuré Procès-verbal. absent du Littré
    • On m’a encore collé une prune pour stationnement dangereux.
  6. Couleur typique d’une variété de prune, d’un violet tirant sur le bordeaux. #811453
    • C’est le prune que Maman a choisi pour le nouveau canapé.
1 emploi spécialisé
  1. Types et traitement - Alimentation Fruit d'été comprenant de nombreuses variétés, plus ou moins gros, sphérique ou ovoïde, à noyau, de couleur variable (le plus souvent violette, jaune ou verte), à la chair juteuse, agréable, que l'on consomme frais, cuit ou séché.

Adjectif 1

  1. De couleur violette tirant sur le bordeaux. #811453 absent du Littré
    • J’aimais ses joues couleur prune. Yann Moix, Orléans, Grasset, Le Livre de Poche, 2019, page 215

Citation

Un grès de taille non petite, Dont on a par ses mains régalé ma visite, - Diantre ! ce ne sont pas des prunes que cela !
Molière, Éc. des f. III, 4

Origine du mot

(Fruit) Du latin pruna, neutre pluriel de prunum (« prune, prunelle ») ; le passage du neutre au féminin est identique à celui de pomum vers pomme.

Dans le dictionnaire latin : pruna

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

PRUNE s. f. (pru-n')

1 Fruit à noyau, à peau lisse et fleurie. Prune de damas. Prune de damas rouge. Prune de damas noir. Prune de damas violet. Prune de damas blanc. Prune de mirabelle. Prune de Monsieur. Prune de reine-Claude. Prune de Brignoles. Prune de perdrigon. Prune de Sainte-Catherine. Prune Dauphine variété de reine-Claude. Prune impériale violette, dite aussi prune-œuf. Prune impériale blanche.

Populairement. Elle aura quinze ans viennent les prunes, c'est-à-dire l'été prochain.

Populairement. Pour des prunes, pour peu de chose, locution qui se construit presque toujours avec la négation ou avec une interrogation valant la négative.

  • Si je suis affligé, ce n'est pas pour des prunes — MOL., Sgan. 16
  • Franchement, les femmes qui vont au cabaret n'y vont pas pour des prunes — GHERARDI, Théât. ital. Arlequin Jason, t. I, p. 178
1 autre citation
  • Croira-t-il, s'il lui reste un peu de jugement, que vous vous poignardez pour des prunes ? — ID., Théât. ital. le Phénix, t. II, p. 309

Ce ne sont pas des prunes, se dit de quelque horion.

  • Un grès de taille non petite, Dont on a par ses mains régalé ma visite, - Diantre ! ce ne sont pas des prunes que cela ! — MOL., Éc. des f. III, 4

Populairement. Une balle de fusil. Il a reçu une prune.

2 Prune des anses, prune de coco ou prune d'Icaque, noms divers du fruit de l'icaquier. non relevé aujourd’hui

Remarque

1. L'Académie écrit prune de damas avec un d minuscule ; on lui a reproché cette orthographe, disant qu'il s'agit de la ville de Damas, et qu'ailleurs elle écrit raisin de Damas. Mais le reproche porte à faux ; il s'agit non d'une prune de la ville de Damas, mais d'une prune qui prend son nom du damas étoffe.

2. On dit : j'ai mangé des prunes de Monsieur, et non : j'ai mangé des Monsieurs ou des Messieurs.

Historique

XIIIe s.

  • Vous ne valés pas une prune pourrie — Chr. de Rains, p. 6
  • Car amis ne prise une prune Contre ami les biens de Fortune — la Rose, 8109

XIVe s.

  • [Le loup ayant reçu la ruade du cheval] Se Isengrin lire ne seüst, Encor ceste prune il n'eüst — Renart contrefait

XVe s.

  • Avaler me faut ceste prune — CH. D'ORL., Rond.

XVIe s.

  • Là et ailleurs, mesmes en Provence et Languedoc, plusieurs prunes se recueillent de diverses sortes, dont les principales sont, les trois perdigones, les imperiales, les deux royales, les dattes, de Chipre, de Jerusalem, les deux brignons, gros et petit, des quatre dames, blanc, noir, violet, rouge, des trois cathelanes, vertes, blanches, violettes, des medicinales, des damaisines ; par ces noms presques cogneues partout — O. DE SERRES, 684
Étymologie

Berry, preugne, preune, peurne ; picard prone ; wallon, preunn ; prov. pruna ; ital. prugna ; du lat. prunum.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « prune » du Wiktionnaire.

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