servage
- nature
- nom masculin
- diction
- [sɛʁvaʒ] · 2 syllabes
- attesté
- 1101
- usage
- moins de 1 par million de mots
- parenté
- serf
Sens et définitions
Nom 3
-
Condition du serf.
- Le laboureur, lui, restait dans le servage; il pliait sous le joug de son seigneur ou de son créancier. H. G. Wells, Anticipations, 1901, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Société du Mercure de France, Paris, 1904
-
Esclavage ; servitude.
- Ensuite - lorsque, avec la découverte de l’élevage et de l’agriculture, un homme sut produire davantage qu’il ne lui fallait pour vivre - les vainqueurs trouvèrent plus commode de réduire les vaincus au servage et de les faire travailler pour eux. Errico Malatesta, Le Programme anarchiste
-
Soumission.
- Je vous dois un guerdon, car vous êtes demeuré longtemps près de moi en amoureux servage, répondit Valérie en rougissant ; approchez, gentil troubadour. Élie Berthet, « Le Château de Montbrun », chapitre 12, dans L’Écho des feuilletons, 16ᵉ année, Paris, 1855, page 60
Citation
Tous deux [le comte et la comtesse de Roucy] rogues et glorieux à l'excès, tous deux bas jusqu'au servage devant les ministres
Origine du mot
De l’ancien français servage.
1873 — le Littré
SERVAGE s. m. (sèr-va-j')
1 Modification de l'esclavage antique et de la servitude barbare qui, commençant avec la féodalité, met le serf en jouissance d'une liberté et d'une propriété qui, bien que fort restreintes, n'en sont pas moins très réelles. Le servage n'est pas la même chose que l'esclavage.
2Par extension, esclavage, servitude, en général. encore relevé aujourd’hui
- Craignant de son époux la honte ou le servage — TRIST., M. de Chrispe, I, 3
- Donnez-moi ce breuvage, Par où j'éviterai la honte du servage — MAIRET, Sophon. V, 5
2 autres citations
- Tous deux [le comte et la comtesse de Roucy] rogues et glorieux à l'excès, tous deux bas jusqu'au servage devant les ministres — SAINT-SIMON, 429, 210
- Tu vois régner [aux États-Unis], sans trouble et sans servage, La paix, les lois, le travail et les mœurs — BÉRANG., Lafayette.
3Poétiquement. Amoureux servage, ou, simplement, servage, soumission entière à la femme qu'on aime.
- Qu'à la fin la raison essaie Quelque guérison à ma plaie, Cela se peut facilement ; Mais que d'un si digne servage Sa remontrance me dégage, Cela ne se peut nullement — MALH., V, 28
- M'étant sauvé du plus rude servage Qui tint jamais un généreux courage — VOIT., Poésies, Œuv. t. II, p. 83
2 autres citations
- Clarice, unique objet qui me tient en servage — CORN., Veuve, IV, 1
- Si je vivais dessous votre servage Comme autrefois.... — LA FONT., Rich.
Historique
XIIe s.
- Cist poples est tis poples [ton peuple] e tis heritages ; kar tul menas de Egypte hors de servage e de anguisse — Rois, 264
XIIIe s.
- Que Mainfrois, par sa tyrannie, avoit occupé le regne de Puille et de Sesile, et que il avoit mis les prelas et les eglises en servage — BRUN. LATINI, Trésor, p. 99
- Li baron de France.... vous crient merci, que il vous preigne pitié de la cité de Jerusalem, qui est en servage des mescreans — VILLEH., XVI
5 autres citations
- Bien savez que tous trois de servage [je] jetai — Berte, VII
- Servages est droit de gens, par quel aucuns est, contre nature, sougiez à aucune seignorie — Liv. de jost. 54
- Et qui ainsis le francist [le serf], il le pert quant à soi, car de son servage est il hors — BEAUMANOIR, XLV, 25
- Je di que cil est foux naÿx, Qui se mest en autrui servage — RUTEB., 128
- Li apostres nous ammoneste, Que servage et treü [tribut] rendon à chel à qui nous le devon — DU CANGE, servagium.
XIVe s.
- Franche personne, de franc ventre, sanz rachat et sanz aucun servage — Arch. de l'Emp. 1350, jj84, p. 500
XVe s.
- Pourquoi nous tiennent ils en servage [Jean Balle aux paysans anglois contre les seigneurs] ? — FROISS., II, II, 106
- Recepte des servaiges qui se payent au jour nostre dame de septembre ; et c'est assavoir que ceux qui sont serfs, quant ils se marient, doivent cinq sols parisis, et à leur trepas cinq sols — DU CANGE, servagium.
1 autre citation
- Il n'est riens plus serf ny de plus grand selvage que de jonne homme simple et debonnaire qui est en sujetion de femme veufve — Les 15 joyes de mariage, p. 177, dans LACURNE
XVIe s.
- Amour me retient en servage — MAROT, II, 329
- Puis, mettant l'espée au poing, s'alla mesler furieusement, où il feut soubdain enveloppé et mis en pieces, se sauvant ainsi du servage — MONT., II, 32
1 autre citation
- La liberté est estimée d'aucuns un souverain bien, et le servage un mal extreme — CHARRON, Sagesse, p. 215, dans LACURNE
Étymologie
Serf
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « servage » du Wiktionnaire.