souris
- nature
- nom
- diction
- [suʁi] · 2 syllabes
- attesté
- 1501
- usage
- 45 par million de mots
Sens et définitions
Nom 12
-
Petit rongeur de la famille des muridés.
- J’éduquais mon oreille à traduire des multitudes de sons infimes, petits trots de souris et grincements de bois. Claude Collignon, L'œil de la chouette, Éditions du Seuil, 1988, page 41
-
Partie du gigot de mouton.
- Cette biographie durerait encore si Rosalie, en présentant le gigot, ne proposait à M. le Grand Doyen un morceau de souris... — Notre cousin, le conseiller Bigondois-Marsan de la cour de Douai, affirmait que ce paquet de viande nerveuse, qui touche l’os, est le morceau le plus vigoureux du mouton... Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, pages 315-316
-
familier Jeune fille ou femme.
- J’ai idée que le roi Salomon était dingue. Vous vous rendez compte, quatre cents souris, et il voulait faire le malin avec tout le paquet ? Peter Cheyney, Les femmes s’en balancent, traduction de Michelle et Boris Vian, Gallimard, 1949, page 199
-
familier Terme affectueux utilisé pour s’adresser à un petit enfant.
- Maman lui ébouriffa les cheveux en lui disant : « Ce n’est pas bien, ma petite souris, tu ne dois pas te moquer des grandes personnes », et il se sentit tout découragé. Jean-Paul Sartre, L’enfance d’un chef, 1938
- Tampon, fait de mèches textiles, qui sert à appliquer le vernis au tampon.
-
familier Tampon hygiénique.
absent du Littré
- Une souris blanche égarée pour les semaines d'amour fériés. « Dans ton sac », dans l'album le Marchand de Cailloux, par Renaud
- Phalène de l’euphorbe.
-
archaïque Sourire.
- Heureux ceux qui meurent au berceau, ils n’ont connu que les baisers et les souris d’une mère ! François-René de Chateaubriand, Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert
4 emplois spécialisés
-
Informatique
Dispositif de commande tenu à la main, connecté à un ordinateur, et dont le déplacement sur une surface entraîne le déplacement d’un repère sur l’écran.
- La souris pour ordinateur est un système de pointage.
- Informatique Dispositif de pointage tenu à la main et fonctionnant par déplacement sur une surface autre que la surface d'affichage.
- Mammifères Nom vulgaire d'un genre de Mammifères rongeurs, de la superfamille des Muroïdés et de la famille des Muridés. On donne aussi ce nom, abusivement, à de nombreuses espèces de petits Rats, Mulots, Campagnols, etc. Les Souris, d'une grande voracité, occasionnent de gros dégâts aux denrées alimentaires et aux récoltes.
- Élevage des chevaux Robe de poils gris avec des extrémités et des crins noirs.
Adjectif 2
- De la couleur gris doux de l’animal. #9E9E9E
- Couleur de la robe des chevaux gris unis avec les crins et extrémités des membres noirs.
Formes fléchies 5
- Première personne de l’indicatif présent de sourire.
-
Deuxième personne de l’indicatif présent de sourire.
- Et te voilà, Lucien, sur une photographie jaunie, en médaillon devant les yeux de ma mémoire. Tu souris, tu sifflotes. Muriel Barbery, L’élégance du hérisson, 2006, collection Folio, page 401
-
Première personne du passé simple de sourire.
- Marc devient de plus en plus gênant, dis-je d’une voix murmurante, confidentielle, tandis que je souris avec la niaiserie convenant à ce qui doit passer pour une banalité de salon. Alain Demouzon, Mes crimes imparfaits, 1978
- Deuxième personne du passé simple de sourire.
- Deuxième personne de l’impératif présent de sourire.
Citation
L'Amour, essuyant ses larmes, fit un souris malin et moqueur
Origine du mot
Du moyen français, de l’ancien français souris, du latin sorex, soricem. Au sens informatique, calque de l’anglais mouse (« souris »).
Dans le dictionnaire latin : sorex
1873 — le Littré
SOURIS1 s. m. (sou-ri ; l's se lie : un sou-ri-z'agréable ; cependant au XVIIe siècle, Chifflet, Gramm. p. 216, note que l's ne se lie pas)
Même sens que sourire.
- Quand d'un souris amer me coupant la parole.... — CORN., Sophon. v, 8
- Une bouche, des yeux, un souris fin et tendre — HAUTEROCHE, Bourg. de qual. III, 6
4 autres citations
- L'Amour, essuyant ses larmes, fit un souris malin et moqueur — FÉN., Tél. VII
- A-t-elle quelque bon mot à débiter, elle l'assaisonne d'un souris malin et plein de charmes, qui lui donne un nouveau prix — LESAGE, Gil Bl. III, 6
- Le souris est une marque de bienveillance, d'applaudissement et de satisfaction intérieure ; c'est aussi une façon d'exprimer le mépris et la moquerie ; mais, dans ce souris malin, on serre davantage les lèvres l'une contre l'autre, par un mouvement de la lèvre inférieure — BUFF., Hist. nat. hom. Œuvr. t. IV, p. 298
- Je ne sais si vous connaissez un certain souris passager, compagnon du désespoir ; je le voyais de temps en temps sur ses lèvres — DIDER., Lett. à Mlle Voland, 1er déc. 1765
Historique
XVIe s.
- Se deffendre des oppositions d'aultruy par un mouvement de teste, un soubris ou un silence — MONT., IV, 54
Étymologie
Sourire 1.
SOURIS2 s. f. (sou-ri ; l's ne se lie pas, ce que, au XVIIe siècle, note Chifflet, Gramm. p. 216)
1 Quadrupède de la famille des rongeurs, appartenant au genre rat, qui se retire dans les trous des maisons.
- Une jeune souris de peu d'expérience Crut fléchir un vieux chat, implorant sa clémence — LA FONT., Fabl. XII, 5
- Dois-je représenter en mes vers une belle Qui, douce en apparence et toutefois cruelle, Va se jouant des cœurs que ses charmes ont pris, Comme le chat de la souris ? — ID., ib. XII, 5
2 autres citations
- Je voudrais bien me plaindre au P. Malebranche des souris qui mangent tout ici : cela est-il dans l'ordre ? quoi ! de bon sucre, du fruit, des compotes ! — SÉV., 4 août 1680
- Souris de trop bon goût, souris trop téméraire, Un trébuchet subtil de toi m'a fait raison ; Tu me rongeais, coquine ! un tome de Voltaire, Tandis que j'avais là les feuilles de Fréron — BACHAUM., Mém. secr. 30 mars 1762
Fig.
- Cette souris de douleur qui lui court [au chevalier de Grignan] à une main, puis à l'autre, est aujourd'hui sur le genou — SÉV., 3 nov. 1688
Trou de souris, petit trou dans lequel se logent les souris.
Fig.
- Le malheur se fourre dans les trous de souris, comme il marche la tête levée dans les grands empires — VOLT., Lett. à Cath. II, 12 nov. 1771
Par exagération. On le ferait cacher dans un trou de souris, dans le trou d'une souris, se dit d'un homme qui a grand'peur, ou qui éprouve beaucoup d'embarras et de confusion.
Il est éveillé comme une potée de souris, voy. POTÉE.
On entendrait trotter une souris, il se fait un grand silence.
On n'entend pas une souris trotter, il ne se fait pas le moindre bruit.
La montagne a enfanté une souris, se dit d'une chose qu'on attend comme grande, extraordinaire, et qui vient à rien.
- Vous savez déjà comme cette montagne d'Allemagne est accouchée d'une souris, sans mal ni douleur — SÉV., 306
- Que produit un auteur après tous ces grands cris ? La montagne en travail enfante une souris — BOILEAU, Art p. III
Il le guette comme le chat fait la souris, il l'épie, l'observe soigneusement.
Couleur gris de souris, se dit d'un gris argenté.
Cheval souris, cheval de cette couleur.
2Terme de fortification. Les pas de souris sont des escaliers étroits et très raides, donnant accès au fond du fossé. non relevé aujourd’hui
Nom d'une disposition employée pour mettre le feu aux fourneaux de mine.
3 Muscle charnu qui tient à l'os du manche d'un gigot, près de la jointure.
Il se dit aussi de l'espace qui est dans la main, entre le pouce et l'index.
4 En maréchalerie, cartilage des naseaux du cheval. non relevé aujourd’hui
5 Au XVIIe siècle, ornement qui se mettait dans la coiffure. non relevé aujourd’hui
- Votre belle-sœur a une souris qui fait fort bien dans ses cheveux noirs — SÉV., 24 déc. 1689
- La souris est un petit nœud de nompareille, qui se place dans le bois [paquet de cheveux hérissés] — REGNARD, Attendez-moi sous l'orme, 6
6 Souris des bois, petite espèce de sarigue.
Souris d'eau, espèce de musaraigne.
Souris de montagne, le lemming et la gerboise.
Souris de terre, petit mulot.
7 Souris de mer, nom donné en quelques endroits au cycloptère souris, poisson malacoptérygien. non relevé aujourd’hui
Proverbes
Souris qui n'a qu'un trou est bientôt prise, un homme qui n'a qu'une ressource, est bientôt perdu, ruiné.
Quand les chats n'y sont pas, les souris s'ébattent, ou, absent le chat, les souris dansent, en l'absence du maître, du surveillant, on prend toute licence.
Ce qui ne fut jamais ni ne sera, c'est le nid d'une souris dans l'oreille d'un chat.
Historique
XIIe s.
- Il les saisist toz quatre par les bras, Si les demaine comme suriz fet chaz — Bat. d'Alesch. V. 3986
- Surstrent [surrexerunt] e as viles e as chans une maniere de suris à la destruction del païs — Rois, p. 18
XIIIe s.
- Soris qui n'a c'un trau [trou] poi dure — Lai d'Ignaurès
XIVe s.
- Là où n'a point de chat, la souris se tient fiere — Guesclin. 17774
- Nous les arons comme souris Atrappés en la ratouere — Liv. du bon Jehan, 723
2 autres citations
- Quant ne set c'un seul trou, perdue est li soris — Beaud. de Seb. III, 231
- Le coup chey d'aventure sur la souriz [mollet] de la jambe dudit Regnault — DU CANGE, sorilegus.
XVe s.
- Icelluy Guillaume se print à dire qu'il brusleroit les souris des supplians, qui vaulst autant dire en langaige du pays qu'il brusleroit leurs maisons, eulx et leurs menages — DU CANGE, ib.
- Nouvelles ont couru en France Par maints lieux, que j'estoye mort.... Si fais à toutes gens savoir Qu'encore est vive la souris — CH. D'ORL., Ball. 124
XVIe s.
- Le seigneur de Sedan estoit la souris d'un pertuis [qui n'a qu'un trou] — D'AUB., Hist. III, 295
- J'en ay veu fuir la senteur des pommes, plus que les arquebuzades ; d'aultres s'effrayer pour une souris.... — MONT., I, 184
4 autres citations
- Blanches souris, chiens à rien faire — LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 262
- Nulle souris sans pertuis — ID., ib. p. 203
- Où y a pain y a souris — ID., ib.
- Souris du palais [les avocats] — OUDIN, Dict.
Étymologie
Berry, un souris, une souritte ; wallon, sori, masculin ; génev. se mettre en peau de souris pour quelqu'un, se dévouer à lui corps et biens ; provenç. soritz, sorritz ; ital. sorice ; du lat. soricem ; grec, ὕραξ, qu'on rattache à swar, sonner (comparez συρίζω, siffler), à cause du cri de la souris quand on la blesse.
Supplément au dictionnaire
2. SOURIS.
3 Ajoutez :
Souris du bras, partie charnue du bras (voy. MUSCLE à l'étymologie).
- Il lui donna un grand coup d'épée dans la souris du bras — MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.
8
- Souris de terre, un des noms vulgaires de la châtaigne de terre, lathyrus tuberosus, — Journ. offic. 1er mars 1875, p. 1552, 1re col.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « souris » du Wiktionnaire.