testament
- nature
- nom masculin
- diction
- [tɛstamɑ̃] · 3 syllabes
- usage
- 18 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Acte authentique par lequel on déclare ses dernières volontés.
- Avant d’être envoyé en Ukraine, en 2014, Yannis Behrakis avait un mauvais pressentiment. Sans le dire à sa femme, ce photographe grec de l’agence Reuters est passé voir un notaire et il a fait son testament. La répartition de ses biens, le devenir de ses photos… Claire Guillot, Les photographes, précaires de guerre sur LeMonde.fr, Le Monde. Mis en ligne le 18 septembre 2017, consulté le 1ᵉʳ novembre 2017
-
figuré Conseils qu'on lègue à sa descendance.
- Keleni avait déjà vu ce calme sur le visage de sa mère […]. Dans son testament dicté à la cuisine, elle lui avait légué une règle de vie : apprendre à réguler le volume de ses pleurs et l'écoulement de ses larmes : «fille, notre vie s'arrête en même temps que nos larmes ! ». Ibrahima Aya, Rires et pleurs des orphelins, Paris : Ed. de l'Harmattan, 2011, page 15
1 emploi spécialisé
- Common law Acte unilatéral et solennel, révocable jusqu'au décès de son auteur (le testateur), par lequel celui-ci dispose de tout en partie des biens qu'il laissera en mourant.
Citation
[La Mort au vieillard] J'aurais trouvé ton testament tout fait, Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait
Origine du mot
Du latin testamentum, dérivé de testari (« témoigner, attester »), de testis (« témoin »).
Dans le dictionnaire latin : testamentum
1873 — le Littré
TESTAMENT s. m. (tè-sta-man)
1 Acte authentique par lequel on déclare ses dernières volontés. repris par le Wiktionnaire
- [La Mort au vieillard] J'aurais trouvé ton testament tout fait, Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait — LA FONT., Fabl. VIII, 1
- Les mourants qui parlent dans leurs testaments peuvent s'attendre à être écoutés comme des oracles ; chacun les tire de son côté et les interprète à sa manière, je veux dire selon ses désirs ou ses intérêts — LA BRUY., XIV
7 autres citations
- Solon, qui permettait à Athènes de laisser son bien à qui on voulait par testament, pourvu qu'on n'eût point d'enfants, contredisait les lois anciennes — MONTESQ., Espr. v, 5
- Je compte pour rien ce qu'on donne par son testament ; c'est seulement laisser ce qui ne nous appartient plus — VOLT., Lett. Thiriot, 27 janv. 1769
- Louis XIV n'eut jamais de part à ce fameux testament du roi d'Espagne Charles II, qui changea la face de l'Europe — ID., ib. 1768 (sans date).
- Le parlement de Toulouse lui a fait un honneur insigne [à Bayle], en faisant valoir son testament qui devait être annulé comme celui d'un réfugié, selon la rigueur de la loi, et qu'il déclara valide comme le testament d'un homme qui avait éclairé le monde et honoré sa patrie — ID., 3e discours, notes.
- Il y a deux ans que milord Maréchal me voulut mettre dans son testament ; je m'y opposai de toute ma force — J. J. ROUSS., Conf. II
- On ouvre un testament ; ces premiers mots sont lus : " Je veux.... " on dit encor je veux quand on n'est plus ! — COLLIN D'HARLEV, Vieux célib. IV, 2
- Le testament est un acte par lequel le testateur dispose, pour le temps où il ne sera plus, de tout ou partie de ses biens, et qu'il peut révoquer — Code civ. art. 895
Par menace.
- Faites votre testament, préparez-vous à mourir Mettez seulement huit gros lots dans la boîte, ou faites votre testament ; la petite société est fort brutale, il est bon de vous en avertir — DANCOURT, Loterie, sc. 28
- Testament par acte public, celui qui est reçu par deux notaires en présence de deux témoins, ou par un notaire en présence de quatre témoins — Code civ. art. 971
Testament olographe, celui qui est écrit, daté et signé de la main du testateur.
- Ils n'ont pas moins de testaments dans leur cassette que d'almanachs sur leurs tables, ils les comptent par les années : un second se trouve détruit par un troisième, qui est anéanti lui-même par un autre mieux digéré, et celui-ci encore par un cinquième, olographe — LA BRUY., XIV
Testament mystique ou secret, testament écrit ou au moins signé par le testateur, et remis par lui clos et scellé à un notaire, en présence de six témoins.
Testament inofficieux, testament dans lequel le testateur ne fait aucune mention de quelqu'un de ses plus proches héritiers de droit.
Testament ab irato, celui qui est fait par un motif de haine ou de colère.
Testament militaire, testament fait à l'armée, sans toutes les formalités nécessaires aux autres testaments.
Droit de testament, droit que les évêques s'arrogèrent sur les legs pieux.
- En 1505, il y eut dans cette rue une espèce de sédition à l'occasion d'une marchande que le curé ne voulait pas enterrer, qu'on ne lui eût montré, ou à l'évêque, le testament qu'elle avait fait — SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. III, p. 33
2 Testament de mort, déclaration libre et volontaire d'un criminel après sa condamnation à mort (locution aujourd'hui peu usitée).
Par extension. Testament de mort, écrit ou discours qui atteste les derniers sentiments d'une personne.
- Celui qui conseilla au philosophe de laisser un testament de mort, eut une idée utile et grande — DIDER., Cl. et Nér. II, 7
- Ce discours que vous venez d'entendre, leur dit-il, est mon testament de mort — THIERS, Hist. de la révol. XXII
3 Testament politique, se dit d'écrits politiques posthumes attribués à certains hommes d'État, et contenant leurs vues et leurs projets.
- C'est lui [Antoine Aubri] qui le premier fit connaître la fourberie de l'auteur du testament politique du cardinal de Richelieu — VOLT., Louis XIV, Écrivains.
- Le Testament politique du cardinal Alberoni, recueilli de divers mémoires, lettres et entretiens de Son Éminence, est imprimé à Lausanne en Suisse — GRIMM, Corresp. t. I, p. 16
4 L'Ancien Testament, les livres saints qui ont précédé la naissance de Jésus-Christ ; le Nouveau Testament, les livres saints postérieurs à sa naissance (on met des majuscules). non relevé aujourd’hui
- Pour prouver tout d'un coup les deux Testaments, il ne faut que voir si les prophéties de l'un sont accomplies en l'autre — PASC., Pens. XVI, 4, édit. HAVET.
- Jésus-Christ, que les deux Testaments regardent, l'Ancien comme son attente, le Nouveau comme son modèle ; tous deux comme leur centre — ID., ib. XVII, 10
3 autres citations
- L'Ancien Testament contenait les figures de la joie future, et le Nouveau contient les moyens d'y arriver — ID., ib. XXIV, 28
- Par le rapport des deux Testaments on prouve que l'un et l'autre est divin ; ils ont tous deux le même dessein et la même suite — BOSSUET, Hist. II, 13
- Il [Montausier] avait lu cent treize fois le Nouveau Testament de Jésus-Christ avec application et avec respect — FLÉCH., Duc de Montaus.
Ils se disent l'un et l'autre de l'alliance de Dieu avec les hommes. L'Ancien Testament n'était que la figure du Nouveau.
Historique
XIIIe s.
- Et trouva sa mere moult malade si come au lit de la mort et fist son testament — Chr. de Rains, 216
- Li septimes cas qui appartient à sainte Eglise, si est des testamens — BEAUMANOIR, XI, 10
2 autres citations
- Plus disoit Jehans, que, quant ses peres se senti malades, il fist son testament crier en pleine paroisse — ID., VIII, 11
- Philippe son filz, et li commanda à garder comme par testament touz les enseignemens que il lessa — JOINV., 300
XVIe s.
- Le pain est testament ou ratification que le corps de Jesus Christ nous est donné — CALV., Instit. 1111
Étymologie
Provenç. testament ; espagn. et ital. testamento ; du lat. testamentum, de testari (voy. TESTER), avec le suffixe mentum (voy. MENT). C'est Tertullien qui, traduisant διαθήϰη par testamentum, a introduit ce mot pour signifier les livres de l'ancienne et de la nouvelle alliance.
Supplément au dictionnaire
TESTAMENT. - ÉTYM. Ajoutez : La dénomination de testamentum pour signifier la Bible est antérieure à Tertullien. C'est l'ancienne version des Évangiles, l'Itala (IIe siècle), qui, traduisant διαθήϰη par testamentum, a introduit le mot testament, au lieu de celui d'alliance (le terme grec ayant les deux sens), pour signifier les livres de l'ancienne et de la nouvelle alliance (CH. BERTHOUD).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « testament » du Wiktionnaire.