tréteau

nature
nom masculin
diction
[tʁeto] · 2 syllabes
usage
1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 7

  1. Support stable amovible, offrant au moins deux points d'appui, utilisé en construction ou pour une installation temporaire.
    • Les magasins d'ailleurs sont vides, nous y mangeons sur des tréteaux, interrompus par le bombardement de Burnhaupt-le-Haut, dont le clocher vacille et s’effondre. Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916
  2. Métier de comédien.
    • Monter sur les tréteaux, se faire comédien.
  3. figuré Endroit visible et fréquenté d’où l’on peut haranguer la foule.
    • Mes idées ne pouvaient donc passer que sous la protection d’un homme assez hardi pour monter sur les tréteaux de la Presse, et parler d’une voix haute aux niais qu’il méprise. Honoré de Balzac, Louis Lambert, 1832
  4. argot Automobile peu performante.
    • Tout en pilotant mon tréteau à cent trente chrono sur l’autoroute de l’Ouest, je fais le point de la situation. Frédéric Dard (San-Antonio), Le Secret de Polichinelle, Fleuve Noir, 1958, page 159
3 emplois spécialisés
  1. Théâtre Théâtre de saltimbanque, théâtre où l’on représente des pièces bouffonnes et populaires.
    • De loin en loin, une troupe de zarzuela ou de danseuses espagnoles venait monter sur les tréteaux dans quelque fondouk inoccupé. Frédéric {Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 19
  2. Sports hippiques argot Mauvais cheval.
    • — Il en fait un chambard, c’tréteau, dans son écurie à roulettes, constate Paradis. Henri Barbusse, Le Feu : journal d’une escouade, Flammarion, 1916, pages 106
  3. Menuiserie Chevalet à pieds inclinés et entretoisés, utilisé comme support de table de travail, d'établi léger ou d'échafaudage de faible hauteur.

Citation

Un homme ne saurait aujourd'hui s'élever sur les tréteaux de l'ambition qu'à l'aide de quelqu'un qui y est déjà monté
Paul-Louis Courier, Lett. II, 254

Origine du mot

Du latin transtillum. référence nécessaire (résoudre le problème)

Dans le dictionnaire latin : transtillum

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

TRÉTEAU s. m. (tré-tô)

1 Pièce de bois longue et étroite, portée sur quatre pieds, qui sert à soutenir une table, et, particulièrement, les tables des cabarets, un échafaud, un théâtre.

  • Heurtant table et tréteaux [il] versa tout sur mes chausses — RÉGNIER, Sat. X
  • Enfin il monta sur un tréteau, et, prenant une voix plus assurée, il dit.... — MONTESQ., Lett. pers. 142
1 autre citation
  • Au lieu de ces vils tréteaux qu'on dressait autrefois à la hâte, il [Eschyle] obtint un théâtre pourvu de machines, et embelli de décorations — BARTHÉLEMY, Anach. ch. 69

Fig.

  • Un homme ne saurait aujourd'hui s'élever sur les tréteaux de l'ambition qu'à l'aide de quelqu'un qui y est déjà monté — P. L. COUR., Lett. II, 254

Fig. Être entre deux tréteaux, être toujours au cabaret, ne faire qu'ivrogner.

2 Nom que les nattiers donnent à une pièce de bois garnie de clous à crochets, auquels ils attachent les cordons de paille qu'ils veulent tresser. non relevé aujourd’hui

3 Au plur. Théâtre de charlatan, de saltimbanque.

  • Quand le doge et les sénateurs de Gênes le virent [un charlatan] prôner ses remèdes sur une table à tréteaux, — Anti-ménagiana, p. 218
  • Mais pour un faux plaisant.... Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté, Amusant le pont Neuf de ses sornettes fades.... — BOILEAU, Art p. III

4Par extension, théâtre où l'on représente des pièces bouffonnes. Une pièce de tréteaux. Les tréteaux de la foire.

  • Hardi et Garnier n'écrivirent que des platitudes d'un style insupportable ; et ces platitudes furent jouées sur des tréteaux au lieu de théâtre — VOLT., Dict. phil. Art dramatique.
  • Bientôt l'ennui des pièces françaises porterait la nation au frivole opéra comique, et plus loin encore aux boulevards, à ce ramas infect de tréteaux élevés à notre honte — BEAUMARCH., Mar. de Fig. Préf.

Fig. Monter sur les tréteaux, se faire comédien.

Historique

XIIIe s.

  • Il fist aporter un tretel, et fist oster sa greve [bandeau], et se fist roigner [couper les cheveux] en la presence du roy — JOINV., 207

XIVe s.

  • Messagiers et garçons d'estables Dressent fourmes, trestiaux et tables — MACHAUT, p. 86
  • Et quant tu yras coucher, si le metz sur le tretel emprès ton chevet — Modus, f° XCVIII, verso

XVe s.

  • L'autre, dit l'un, vint desservir, Et oster tables et tretiaulx — E. DESCH., Poésies mss. f° 498
  • Il s'assist sur ung tretel qui estoit à l'entrée de l'espinoy, et se print à reposer — Perceforest, t. II, f° 10
1 autre citation
  • Si veit une table d'argent qui estoit dessus quatre trostaulx ; mais les tresteaulx estoient si beaulx et si riches comme ceulx qui estoient environnés d'or et d'argent — Lancelot du lac, t. III, f° 23, dans LACURNE

XVIe s.

  • Ce prince [le duc de Guise, assassiné à Blois], ne pouvant tirer son espée, en prend deux au colet, et, s'estant fort debatu avec eux, vint donner du nez à terre sur le treteau d'une petite table — D'AUB., Hist. III, 152
Étymologie

Angl. trestle. Diez le tire du néerland. drie-stal, siége à trois pieds, ce qui est peu satisfaisant soit pour le sens, soit pour la forme. Le celtique offre au contraire une bonne étymologie : kimry, trestyl, tréteau, de trawst, poutre ; bas-bret. trenstel, de treust, trest, poutre.

Supplément au dictionnaire

TRÉTEAU. - ÉTYM. Ajoutez : " Le primitif trastre se trouve : XIIIe siècle : Il a fait une table sor deus trastres poser, Fierabras, V. 6102. Le trast est un plancher reposant sur la plus haute poutre, une soupente ; bas-lat. trastrum ; anc. franç. : Une des poutres ou traste d'icelle maison (1480), DU CANGE., Le trast est une sorte de siége : Ab tant s'en montec sus. 1. trast Hon tot jorn l'ayfanta cozia. Je veux seulement faire remarquer, au sujet du mot trast, dont M. Noulet a montré l'origine (transtrum) et la véritable signification, qu'il confirme heureusement l'ingénieuse étymologie proposée par M. Boucherie du français tréteau, " CAMILLE CHABANEAU, Revue des langues romanes, t. VI, p. 295. En effet M. Boucherie, dans cette même revue, avril 1874, p. 351, propose transtellum, corrompu du lat. transtillum, qui est le diminutif de transtrum, pièce de bois longue et étroite. Cette étymologie est la véritable.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « tréteau » du Wiktionnaire.

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