zèle

nature
nom masculin
diction
[zɛl] · 1 syllabe
usage
16 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Vive ardeur pour appliquer les consignes et les règlements à la lettre, ou plus généralement pour le maintien ou le succès de quelque chose en poussant à l’extrême le travail sans prendre la moindre initiative pour l’alléger en l’interprétant.
    • Malgré tout ton athéisme, tu rivalises de zèle contre l’égoïsme avec les croyants à l’immortalité. Max Stirner, L’Unique et sa propriété, traduction Henri Lasvignes, 1900
  2. Ardeur religieuse.
    • Rien n'arrête le zèle des recruteurs monastiques. Vous les voyez frétiller autour des héritiers, des héritières… Jules Michelet, Du prêtre, de la femme, de la famille, 3ᵉ éd., Hachette & Paulin, 1845, p. 256

Citation

Le plus violent bouillon de mon zèle serait refroidi par la crainte de vous fâcher
Madame de Sévigné, 9 févr. 1683

Origine du mot

Du latin zelus (« jalousie, zèle »), lui-même dérivé du grec ancien ζῆλος z­ēlos. Il est apparenté à jaloux.

Dans le dictionnaire latin : zelus

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1873 — le Littré

ZÈLE s. m. (zê-l')

1 Affection vive, ardente pour le service de quelque chose, de quelqu'un, de Dieu. encore relevé aujourd’hui

  • Le révérend père Petau, que je nomme volontiers à cause de sa grande doctrine, de son zèle à la religion.... — LA MOTHE LE VAYER, Vertu des païens, II, Julien.
  • Le plus violent bouillon de mon zèle serait refroidi par la crainte de vous fâcher — SÉV., 9 févr. 1683
7 autres citations
  • Qui pourrait assez exprimer le zèle dont elle brûlait pour le rétablissement de cette foi [catholique] dans le royaume d'Angleterre, où l'on en conserve encore tant de précieux monuments? — BOSSUET, Duch. d'Orl.
  • Un zèle inquiet de la perfection d'autrui, tandis qu'on néglige la sienne propre — BOURDAL., Domin. Serm. pour le 10e dim. après la Pentec. sur l'État de vie, t. III, p. 226
  • Le zèle pour le bien de l'Église est encore moins rare que le zèle pour le bien de la patrie — MAINTENON, Lett. à Mme de Caylus, 24 nov. 1716
  • C'est lui, c'est ce ministre infidèle et barbare Qui, d'un zèle trompeur à vos yeux revêtu.... — RAC., Esth. III, 4
  • Une grande habileté ne suffit pas pour oser se charger d'un événement considérable ; il faut encore un zèle vif qui veuille bien courir les risques de l'injustice des hommes, toujours portés à ne donner leur approbation qu'aux succès — FONTEN., Chazelles
  • Le zèle du salut des âmes est comme le premier devoir d'un pasteur — MASS., Confér. Zèle pour le salut des âmes
  • Ce zèle tendre qui donne l'âme à tout, et qui répand dans les cœurs le plus divin des sentiments, l'envie de rendre service — VOLT., Lett. Thiriot, 9 janv. 1739

Zèle indiscret, zèle inconsidéré, zèle qui n'est pas réglé par la prudence.

  • Aux zèles indiscrets tout paraît légitime — CORN., Tite et Bérén. v. 5
  • Mais surtout ne va point, par un zèle indiscret, Découvrir à ses yeux mon funeste secret — RAC., Iphig. I, 1

Dans le langage de l'Écriture. Le zèle de la maison de Dieu le dévore, il a un zèle extrême pour le service de Dieu.

  • Étant transporté du zèle de la loi, comme le fut Phinée lorsqu'il tua Zamri fils de Salomi — SACI, Bible, Machabées, I, II, 26

Jugement de zèle, se dit, dans la législation de Moïse, du supplice de la lapidation, qu'on infligeait, sans aucune forme de procès, aux blasphémateurs, aux adultères, aux idolâtres, etc.

2 Faire du zèle, se montrer trop zélé, dépasser la mesure dans l'exécution d'un ordre, d'une mission, d'une fonction, aller plus loin qu'il ne convient à ceux qui ont donné l'ordre ou la fonction. Surtout, messieurs, pas de zèle, mot attribué à Talleyrand recevant les employés du ministère des affaires étrangères.

3 Particulièrement, le zèle, le zèle pour la religion.

  • Ces gens.... Qui savent ajuster leur zèle avec leurs vices, Sont prompts, vindicatifs, sans foi, plein d'artifices — MOL., Tart. I, 6
  • Quatre sortes de personnes : zèle sans science ; science sans zèle ; ni science ni zèle ; zèle et science — PASC., Pens. XXIV, 25, éd. HAVET.
5 autres citations
  • Tandis que les prophètes ont été pour maintenir la loi, le peuple a été négligent ; mais, depuis qu'il n'y a plus eu de prophètes, le zèle a succédé — ID., ib. XV, 13 bis.
  • Ô filles de Lévi, troupe jeune et fidèle, Que déjà le Seigneur embrase de son zèle — RAC., Athal. I, 3
  • Parce qu'il [le monde] a vu souvent des zèles déplacés, il ne lui en faut pas davantage pour conclure qu'il n'en est point de solide et de véritable — MASS., Confér. Conduite des clercs dans le monde
  • Le chrétien qui déchira publiquement l'édit de l'empereur Dioclétien, et qui attira sur ses frères la grande persécution.... n'avait pas un zèle selon la science — VOLT., Pol. et lég. Des martyrs.
  • D'un côté la haine sous le nom de zèle, de l'autre le zèle sans discernement ou sans lumières, se soulevèrent et se réunirent contre les Lettres persanes — D'ALEMB., Élog. Montesq.

Faux zèle, zèle aveugle et mal entendu pour la religion.

  • S'ils mêlent avec la dévotion.... le faux zèle de leurs intérêts, les vues et les intrigues de leur ambition — BOURDAL., 1er avent, sur le scandale, p. 134
  • Le faux zèle prend la défense Des crimes qu'il a consacrés — LAMOTTE, Odes, t. I, p. 110, dans POUGENS
1 autre citation
  • Un zèle faux et amer, passion la plus aveugle de toutes — D'OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 78, dans POUGENS
Historique

XVIe s.

  • Quant à ceux qui ont des zeles inconsiderez, qui souvent les esmeuvent à des jugemens et condamnations iniques, qu'ils se souviennent de ce que dit saint Paul — LANOUE, 79
  • Les factions des princes sur le subject de la theologie sont armées non de zele, mais de cholere — MONT., I, 399
2 autres citations
  • Le bon zele et affection de ceulx qui ont gardé malgré le temps la devotion à la franchise — LA BOÉTIE, Servit. vol.
  • Telle est l'hypocrisie, Qui parle doucement, puis sur son dos bigot Va par zelle porter au buscher un fagot — D'AUB., Tragiques, éd. LALANNE, p. 136
Étymologie

Lat. zelus, de ζῆλος, jalousie, de ζέω, bouillir ; sansc. yas, suer, s'efforcer.

Supplément au dictionnaire

ZÈLE. - HIST. Ajoutez : XVe s.

  • Zele d'amours ayons au redempteur Qui l'Eglise conduit tant saigement — JEAN JORET, le Jardrin salutaire, p. 133

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « zèle » du Wiktionnaire.

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