abreuver
- nature
- ver
- diction
- [abʁœve] · 3 syllabes
- usage
- 3 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 7
-
Faire boire (un animal, particulièrement un cheval).
- Abreuvez ces chevaux.
-
Arroser (une plante, une terre).
- La pluie a bien abreuvé les terres, Elle les a bien pénétrées, bien humectées.
- figuré Arroser, Imbiber, en profondeur.
-
figuré Donner beaucoup (de qqch) à (qqn), ou adresser, particulièrement des paroles, en grande quantité.
- Dans une réunion électorale à Bazeilles, les assistants ont abreuvé de quolibets un contradicteur qui affirmait : "Si l'ouvrier est malheureux, c'est par rapport aux riches". Henri Manceau, Des luttes ardennaises, 1969
-
figuré Être saturé de quelque chose.
- À la fin des trois confinements, on avait 60 millions d’épidémiologistes tellement nous étions abreuvés d’explications. journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 2 septembre 2022, page 6
2 emplois spécialisés
- Technique Mettre sur un fond poreux une couche d’huile, d’encollage, de couleur ou de vernis, pour en boucher les pores et en rendre la surface unie.
- Technique Remplir (un tonneau) d'eau pour le faire gonfler afin de le rendre étanche.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- j'abreuve
- tu abreuves
- il abreuve
- nous abreuvons
- vous abreuvez
- ils abreuvent
Imparfait
- j'abreuvais
- tu abreuvais
- il abreuvait
- nous abreuvions
- vous abreuviez
- ils abreuvaient
Passé simple
- j'abreuvai
- tu abreuvas
- il abreuva
- nous abreuvâmes
- vous abreuvâtes
- ils abreuvèrent
Futur simple
- j'abreuverai
- tu abreuveras
- il abreuvera
- nous abreuverons
- vous abreuverez
- ils abreuveront
Passé composé
- j'ai abreuvé
- tu as abreuvé
- il a abreuvé
- nous avons abreuvé
- vous avez abreuvé
- ils ont abreuvé
Plus-que-parfait
- j'avais abreuvé
- tu avais abreuvé
- il avait abreuvé
- nous avions abreuvé
- vous aviez abreuvé
- ils avaient abreuvé
Passé antérieur
- j'eus abreuvé
- tu eus abreuvé
- il eut abreuvé
- nous eûmes abreuvé
- vous eûtes abreuvé
- ils eurent abreuvé
Futur antérieur
- j'aurai abreuvé
- tu auras abreuvé
- il aura abreuvé
- nous aurons abreuvé
- vous aurez abreuvé
- ils auront abreuvé
Subjonctif
Présent
- j'abreuve
- tu abreuves
- il abreuve
- nous abreuvions
- vous abreuviez
- ils abreuvent
Imparfait
- j'abreuvasse
- tu abreuvasses
- il abreuvât
- nous abreuvassions
- vous abreuvassiez
- ils abreuvassent
Passé
- j'aie abreuvé
- tu aies abreuvé
- il ait abreuvé
- nous ayons abreuvé
- vous ayez abreuvé
- ils aient abreuvé
Plus-que-parfait
- j'eusse abreuvé
- tu eusses abreuvé
- il eût abreuvé
- nous eussions abreuvé
- vous eussiez abreuvé
- ils eussent abreuvé
Conditionnel
Présent
- j'abreuverais
- tu abreuverais
- il abreuverait
- nous abreuverions
- vous abreuveriez
- ils abreuveraient
Passé
- j'aurais abreuvé
- tu aurais abreuvé
- il aurait abreuvé
- nous aurions abreuvé
- vous auriez abreuvé
- ils auraient abreuvé
Impératif
Présent
- abreuve
- abreuvons
- abreuvez
Passé
- aie abreuvé
- ayons abreuvé
- ayez abreuvé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- abreuver
- Participe présent
- abreuvant
- Participe passé
- abreuvé
Origine du mot
Du latin adbibere devenu abbiberare en latin populaire, et dérivé de bibere (« boire »).
Dans le dictionnaire latin : adbibere
1873 — le Littré
ABREUVER v. a. (a-breu-vé)
1 Faire boire des animaux. Rivière où l'on a coutume d'abreuver les bestiaux. Les puits qu'ils avaient creusés pour abreuver leurs troupeaux. encore relevé aujourd’hui
- On mena abreuver nos chevaux — SÉV., 155
2 Faire boire abondamment quelqu'un. Il abreuva largement la compagnie. On l'abreuvait pour lui faire perdre la raison et s'emparer de lui.
- Le cruel d'une main semblait m'ouvrir le flanc, Et de l'autre à longs traits m'abreuver de mon sang — CRÉB., Atrée, II, 2
3 Mouiller, pénétrer d'eau, arroser. La terre est abreuvée. Ces prairies ont besoin d'être abreuvées. Le sol est abreuvé d'eau. Les cèdres qu'abreuve la rosée du ciel. Une grande abondance d'humeurs abreuve cette plaie ; il faut la dessécher. encore relevé aujourd’hui
4Fig. Remplir, saturer. Abreuver quelqu'un d'outrages. On abreuve les alliés de dégoûts. On dit aussi, dans un sens opposé, l'abreuver de joie.
- Tout le fiel.... Dont un amant fut jamais abreuvé — MALH., v, 27
- Tout le fiel dont on vous abreuva — BOURD., Pens. t. III, p. 362
5En termes d'art, mettre sur un fond poreux une couche d'huile, d'encollage, de couleur ou de vernis pour en boucher les pores et en rendre la surface unie. repris par le Wiktionnaire
Terme de tonnelier. Abreuver des tonneaux, les emplir d'eau pour s'assurer s'ils ne fuient point.
En termes de marine, abreuver un vaisseau, y faire entrer de l'eau, avant de le lancer, pour voir s'il n'y a pas une voie d'eau.
6 S'abreuver, v. réfl. Les chevaux s'abreuvent ici. Après s'être abreuvé de vin S'abreuver largement. encore relevé aujourd’hui
- Les puits où vont le soir s'abreuver nos troupeaux — DUCIS, Abuf. I, 5
7 Être humecté. La terre s'abreuve des pluies fécondantes. Le sol de la Grèce devait s'abreuver de sang. La javeline s'abreuve de leur sang. encore relevé aujourd’hui
8Fig. S'abreuver de larmes. Il s'abreuva du sang de la république. Néron s'abreuva de sang. Il s'abreuve aux sources les plus pures de la science.
- De son mortel poison tout courut s'abreuver — BOILEAU, Sat. XI
Historique
XIIIe s.
- Chascuns des vins se fit plus digne Par sa bonté, par sa puissance, D'abevrer bien le roi de France — Bat. des vins, Fabl. de Barb. 2e éd. t. II, p. 154
- Li prudomme cui estoit cele fontaine, la fit aler por tout son champ pour lou abeuvrer — L. de just. 27
6 autres citations
- Qu'il ne l'abeivre [la bête achetée] ne face abevrer la matinée, et après rendre la, se elle ne lui siet — Ass. de Jér. I, 213
- En un lit tout seul [elle] les coucoit [couchait les deux enfants], Andeux [tous deux] paissoit et abevroit — Fl. et Bl. 195
- Et pour bien faire en ceste poine, Au souverain bien [la sagesse] la [l'âme] ramoine, Dont jonesse la dessevroit, Qui de vanités l'abevroit — la Rose, 4558
- Et qu'il devra estre abevrés, Dès ains neïs qu'il soit sevrés.... — ib. 10665
- Tous les en aboivre à ses mains, Mès les uns plus, les autres mains [moins] — ib. 6849
- Je euz fain, vous me saoulastes, Et si euz soif, vous m'abruvastes — J. DE MEUNG, Tr. 1418
XIVe s.
- Et si n'ara chascuns, tant qu'il porra durer, Qu'un soel pain de fourment tous les jours à disner, Et un lot d'iawe aussi pour son corpz abuvrer — Baud. de Seb. IX, 568
XVe s.
- Le duc de Bretagne suivit l'opinion du roi de France moult legerement, car il estoit, du temps passé, si abeuvré de l'information de son cousin le duc de Flandre, pour la rebellion de l'Eglise, que son cœur ne s'inclina onques à croire Clement pape — FROISS., III, IV, 36
XVIe s.
- Puis en passant au milieu de la plaine, De grans ruisseaux de sang s'abrevera — MAROT, IV, 322
- Quand les plis de leurs hoquetons furent abbreuvés d'eau, ils les chargerent encore plus — AMYOT, Timol. 38
9 autres citations
- Les Romains sortiz pour aller au fourrage ou pour abbreuver leurs chevaulx — ID., Ant. 50
- Chascun en ayant esté abbruvé cent fois [d'un récit] — MONT., I, 35
- Les premiers discours, de quoi on lui doibt abruver l'entendement.... — MONT., I, 172
- Toutes leurs idoles s'abruvent de sang humain — ID., I, 229
- Son esponge estoit abruvée de diverses peintures — ID., I, 254
- La sotte imagination dont leur maistre des sentences les a abbruvez leur a perverti l'entendement — CALV., Inst. 1128
- Quand on viendroit abreuver la mule sus laquelle montoit sa femme... — DES PÉRIERS, Cont. 92
- Encor que tout fust conduit secretement au possible, si est-ce que chacun en fut abreuvé [informé] — YVER, 562
- Fol est qui se met en enqueste ; car le plus souvent qui mieux abreuve [ses témoins], mieux preuve — LOYSEL, 770
Étymologie
Wall. abuvrer, abovrer ; picard, abruvrer ; provenç. abeurar ; espagn. abrevar ; ital. abbeverare ; bas-lat. abeverare, abebrare ; de ad, indiquant la direction de l'action, et bibere, boire (voy. BOIRE). L'ancien français est abeuvrer, sauf de rares exceptions, plus près de l'étymologie ; c'est au XVIe s. que l'r s'est déplacée définitivement et qu'on a dit abreuver.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « abreuver » du Wiktionnaire.