arlequin
- nature
- nom masculin
- diction
- [aʁləkɛ̃] · 3 syllabes
- attesté
- Au plus tard au XIIIᵉ siècle
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 11
- Personnage légendaire maléfique.
-
Personnage de la comédie italienne, qui a été introduit sur le théâtre français et dont le vêtement est formé de pièces de diverses couleurs.
- Il joue les arlequins avec une supériorité incontestable ; aucun acteur n’a dans cet emploi autant de souplesse, de grâces, de vivacité et d’intelligence. Fabien Pillet, 1801, La nouvelle lorgnette de spectacles
- Homme qui change d’opinion à tout moment.
-
Objet fait d’éléments de couleurs variées, surtout d’éléments triangulaires.
- Les frontières sont le portail des mondes. Elles sont des lignes réelles qui séparent les losanges d’arlequin. Sylvain Tesson, Blanc, Gallimard, 2022, page 231
-
Vairon.
- Qui ne connaît le Vairon ? le petit Poisson […] tout paré au printemps des plus magnifiques couleurs bleues et rouges ; couleurs qui lui ont valu dans certaines parties de la France, et notamment en Lorraine, le nom de Gendarme, ailleurs celui d’Arlequin. Émile Blanchard, Les poissons des eaux douces de la France, J.-B. Baillière, 1866, page 410
- Genre de canard plongeur au plumage bigarré et vivement coloré dont il n'existe qu'une seule espèce, l'arlequin plongeur (Histrionicus, histrionicus). → voir arlequin plongeur
- Argot Rogatons, assortiment de restes provenant de tables bourgeoises ou de grands restaurants, vendus à des consommateurs peu fortunés. (Par extension) Plat cuisiné avec ces restes.
- Nom que l'on donne dans le nord de la France à une pâtisserie belge nommée merveilleux outre-Quiévrain.
3 emplois spécialisés
-
Zootechnie
Désigne la robe d’un chien bigarrée ou le plumage d’un pigeon bigarré.
- La robe du Berger de Beauce est arlequin lorsqu’elle est d’un bleu bigarré marqué de fauve.
- Zootechnie Synonyme de japonais (race de lapins).
- Gemmologie Opale dont les brillantes couleurs affectent plus ou moins la forme des losanges bariolés de l'habit d'Arlequin.
Citation
Nos arlequins de toute espèce imitent le beau pour le dégrader
Origine du mot
De l’ancien français Hellequin (« Satan »). La maisnie Hellequin (« escorte d’Hellequin ») désigne une chevauchée de démons, halequin signifie « génie malfaisant ». Entre 1571 et 1580, un zanni, paysan bouffon de la commedia dell’arte, donne à Paris une nouvelle interprétation de son personnage en empruntant au Hellequin français son nom et son comportement de petit diable. Emprunté par l’italien sous la forme Arlecchino, il fait alors le tour de l’Europe. Harlequin désigne un personnage de théâtre. — (Histoire plaisante des Faicts et Gestes de Harlequin Commedien Italien Contenant ses songes et visions, sa descente aux enfers pour en tirer la mère Cardine, Paris, Didier Millot, 1585)
De l’italien allocco (chouette hulotte) avec le suffixe diminutif -ino, ayant donné allochino, puis arlochino, en référence aux mouvements comiques et mécaniques de l’Arlequin italien et à son masque. — (Edmond Stoullig, Revue d’art dramatique)
1873 — le Littré
ARLEQUIN s. m. (ar-le-kin)
1 Personnage de la comédie italienne, dont le costume est fait de pièces de toutes couleurs. encore relevé aujourd’hui
Par extension, un habit d'arlequin, un tout formé de parties disparates.
2Familièrement, c'est un arlequin, se dit d'un homme qui n'a pas de principes arrêtés, qui change d'opinion à tout moment. encore relevé aujourd’hui
- Nos arlequins de toute espèce imitent le beau pour le dégrader — J. J. ROUSS., Ém. II
3Populairement, débris de repas, et surtout débris de viandes, ainsi dit parce que ce plat, que l'on vend pour la nourriture des animaux domestiques et que les pauvres ne dédaignent pas, est composé de morceaux assemblés au hasard.
4En termes de zoologie , se dit de plusieurs animaux remarquables par la bigarrure de leurs couleurs. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIIIe s.
- À sa siele et à ses lorains Ot cinc cent cloketes au mains [moins], Ki demenoient tel tintin Con li maisnie hierlekin — Ren. t. IV, p. 146
- Je cuids que c'estoit Hellequin Et tuit li autre sa mesnie Qui le suivent toute enragie — Roman de Fauvel
2 autres citations
- Avec eux avoient hellequines, Qui avoient cointises fines — Roman de Fauvel
- Par eux [les avocats] ont perdu heritage Et desfait maint bon mariage Et mal fait por un pot de vin ; Il s'entrepoilent com mastin ; C'est la mesnie hellequin, Le mariage des filles au diable. Il vit que c'estoit ung roi qui avoit avec lui grant compaignie de toutes gens, et les apeloit en la mesgnie hennequin en commun langage — Chronique de Normandie, II, p. 337
Étymologie
Ital. arlecchino ; espagn. arlequin. Ménage dit : « Sous le règne de Henri III, il vint à Paris une troupe de comédiens italiens, parmi lesquels il y avoit un jeune homme fort dispos, qui hantoit chez M. de Harlay de Chanvalon, d'où il fut appelé par ses compagnons Harlequino, à la mode des Italiens qui donnent souvent le nom des maîtres aux valets, et celui des patrons aux clients. J'ai ouï dire cette particularité à M. Guyet, qui m'a dit l'avoir apprise de Harlequin même au second voyage qu'il fit en France au commencement du règne de Louis XIII. » Génin, au contraire, pense que hellequin, herlequin et même arlequin (car un auteur du XVIe siècle qui a écrit en latin et que cite Ménage, dit Harlequini familiam, ce qui est la maisnie Hellequin) est le même que l'arlequin italien ; que le diable Alichino dans l'Enfer de Dante, chant XXX, tire son nom de là ; et que ce personnage infernal, hantant les campagnes à grand bruit avec sa bande ou maisnie, entra assez avant dans le langage familier pour devenir aussi un personnage de théâtre. L'opinion de Génin est la plus probable ; mais, pour qu'elle fût sûre, il faudrait des textes italiens qui servissent d'intermédiaires. Le dictionnaire de la Crusca ne cite pour arlecchino qu'un texte de la fin du XVIIe siècle. On trouve arlequin (écrit harlequin) dans Duverdier, auteur français de la fin du XVIe siècle.
Supplément au dictionnaire
ARLEQUIN. Ajoutez :
5 Sorte de bateau à une seule place, avec un affût à la proue, pour une lourde canardière.
- Ils s'adressèrent au sieur Charles Thiéry, possesseur d'un petit batelet, le priant de le mettre à leur disposition pour traverser la rivière [la Saône, en face de Châtenoy-en-Bresse].... il les fit bien installer dans l'arlequin, leur recommandant par-dessus tout de ne faire aucun mouvement — Gaz. des Trib. 23 juill. 1874, p. 701, 3e col.
Remarque
On trouve harlequin avec h aspirée. Mme de Sévigné mettait aussi une h qu'elle aspirait :
- Tandis que l'autre s'évertue à faire ici le harlequin — SAINT-AMANT, Passage de Gibraltar
- On contait hier au soir... que harlequin... — SÉVIGN., éd. Regnier, t. II, p. 323
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Wiktionnaire (dump du 6 juillet 2026) Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « arlequin » du Wiktionnaire.